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 Perdue... encore!

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Faraëll
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MessageSujet: Perdue... encore!   Ven 28 Mar 2008 - 18:52



(suite à L’elfe parmi les Zafaras)(topic pour Eki)

Faraëll s’était facilement retrouvé coincée dans diverses intersections infranchissables, et même lorsqu’elle croyait revenir sur ses pas, elle faisait face à une nouvelle impasse. Warui l’avait bien mise en garde… Elle continua quand même de se perdre de plus en plus dans les dédales, et bientôt l’endroit entier lui sembla n’être qu’un labyrinthe impossible à franchir. Elle marchait, les pieds nus glissant sur la terre rocailleuse, parfois trébuchait et puis tombait, se salissant de la tête aux pieds dans les flaques. Avancer la faisait sentir comme si tout était un point de non-retour. Il n’y avait personne, rien, tout était vide et froid. L’endroit devenait de plus en plus sobre, même que le manque de lumière et de chaleur donnait des frissons dans le dos. Faraëll tremblait, essayant de se réchauffer en frictionnant ses mains sur ses avant-bras. Rien n’y faisait. Au début elle avait pensé que ce ne devait être qu’une impression, mais elle devait bel et bien l’admettre maintenant : tout était devenu bien plus effrayant. Faraëll, découragée et frigorifiée, décida de s’asseoir. Il n’y avait rien d’autre à faire, si elle continuait d’avancer, elle n’irait pas plus loin. Elle s’assit, dans un endroit qui avait un peu plus de lumière que le reste du couloir. Un petit trou dans la roche laissait passer un rayon du soleil qui dehors devait être bien lumineux à en croire la parcelle qui maintenant laissait les pieds de Faraëll visible dans la noirceur irréel de l’endroit.

Faraëll, les bras en croix sur sa poitrine et les genoux rapprochés, regarda de chaque côté d’elle. D’un côté il y avait un mur qui pourrissait de champignons gluants, et de l’autre le vide qui s’étalait d’un noir effroyable et uniforme. On ne voyait même pas à 2 mètres de soi. Faraëll soupira. Il faisait un froid horrible, anormal parcourait son corps qu’elle tenait de réchauffer en vain. Avoir appris la magie du feu, elle aurait pu facilement s’allumer quelques flammèches, mais en y réfléchissant, l’endroit était si humide que même son feu n’aurait pas duré. Faraëll s’essuyait frénétiquement les yeux, de peur qu’elle commence à pleurer. Elle ne voulait pas pleurer, elle se devait d’être forte… mais elle avait si peur. Et elle n’arrivait qu’à penser à des souvenirs horribles de jours et de nuits enfermée dans sa chambre… seule et encore, dans la forêt… dormir des rocailles aussi froides que le mur sur lequel elle s’était adossée…

Mais il n’y avait pas que cela qui venait l’hanter. Elle repensait à Cloud et à sa promesse qu’elle avait fait d’aller voir au ruisseau chaque jour. Elle se sentait en devoir d’y aller, mais elle ne pouvait pas, elle était prise… Et qui pourrait bien la retrouver dans un tel endroit? Elle ne voulait pas que son amant parte parce qu’elle avait été finalement portée disparue après tout le temps qu’elle était partie… Elle avait si peur. Si peur…. C’était noir et rien ne la faisait sentir à l’aise dans cet endroit. Son seul espoir restait le petit rayon de soleil qui touchait ses orteils d’une douche chaleur.

Bientôt l’elfe ne put retenir quelques larmes bien plus longtemps. Elle sanglotait, tremblait et ne cessait de penser qu’elle était perdue, pour de bon. Elle n’avait même pas osé retrouver son chemin, de peur de se perdre encore plus… Pourquoi fallait-il qu’elle se perdre comme ça? C’était si bête… elle fixa ses orteils illuminés. Une idée folle la traversa de briser la pierre la ou il y avait déjà cette fissure qui laissait passer la lumière mais même en tapant dans le marbre de la parois, elle savait qu’elle n’y arriverait pas. Elle essayait de réfléchir intelligemment, mais le noir opaque qui s’étalait autour d’elle l’angoissait trop. Elle avait besoin de se rassurer. Elle devait trouver quelque chose pour qu’elle cesse de s’angoisser…La voix tremblante, inégale, mais quand même mélodieuse, elle se mise à chanter faussement une comptine de son enfance…

« À la… claire fontaine…
M’en allant… promener,
J’ai… trouvé l’eau si belle…
Que je m’y suis… baignée »

Les mots lui semblaient si agréables à l’oreille qu’elle ne fit que continuer à chanter, manquant les pauses et l’équilibre des notes… Elle pleurait, mais la comptine lui faisait oubliée sa peur.

« Il y … a longtemps…
Que je t’ai…me…
Jamais… je ne t’ou…blierai… »

Les derniers mots lui rappelèrent Cloud, et elle se mise à sangloter de plus belle. Qu’allait-elle faire…

(J'ai essayé de rendre ce post plus digne des romans que tu écris XD enfin, j'espère qu'il te plait XD)
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Hideki
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Ven 28 Mar 2008 - 23:25

[ oh, comme dirait une amie ce n'est pas la longueur qui compte mais la "joliesse" XD ]

Quant a lui, il retrouvait relativement bien son chemin a present, malgre son handicap. Cela faisait deja un ou deux mois qu'il etait la... Il ne comptait plus le temps qui s'ecoulait, le laissant passer sans se preoccuper d'autre chose que de son entrainement... Tout etait arrive si rapidement, si on lui disait que cela faisait deja quelques mois qu'il etait ici, il serait bien etonne, persuade que tous ces evenements ne tenaient qu'en quelques semaines. En effet, du magicien derouté qu'il etait a Elaskia, pleurant sur les defunts de la bataille, jusqu'a l'apprenti plus sur de lui et surtout debarasse de sa folie qu'il etait a present, il y avait beaucoup de chemin. Apprenti de Lethao, l'Ombre de la guilde d'assassins de Nelta, rien que ca. Installe dans les grottes aux innombrables galleries, il croyait en connaitre la plus grande partie, mais alors qu'il se promenait visiblement sans occupation pour le moment, ayant accompli son entrainement de la journee, il remarqua un couloir qu'il n'avait pas remarque, L'empruntant il decouvrit vite que cette partie de la grotte n'avait pas ete amenagee. Si les endroits occupes avaient un sol plat et un plafond relativement haut, ces couloirs la etaient etroits, escarpes, tortueux. Hideki etant quelqu'un de relativement mince, il parvenait a se faufiler dans la gallerie. Mais son handicap faillit lui couter des blessures, n'ayant pas pu voir une crevasse il avait manque de tomber, se retenant a temps a une prise a meme la grotte. C'etait assez dangereux...

Faisant desormais attention a tout, il se dit qu'il n'aurait peut-etre pas du quitter les couloirs rassurants de la guilde pour se retrouver dans cet espace peu securise... Un aveugle avait ses limites, meme avec des sens magiques. Lorsqu'il atteingit une gallerie peu bosselee, il s'y assit, histoire de recuperer un peu. C'etait etrange... Il y avait des flaques d'eau, des cailloux dans cette portion de la grotte. Frissonnant, il se demanda si il y avait aussi des etres non desires comme il n'avait pas d'arme sur lui, mais les assassins devaient quand meme avoir fait attention a cela. Se maudissant de ne pas avoir ete assez prudent, il allait se relever et rebrousser chemin lorsqu'il entendit un bruit, comme une plainte. Un bruit plaintif qui resonnait entre les rochers. Hideki se redressa soudainement, un peu inquiet. Qu'est ce que c'etait que ca? Cela devait venir de l'interieur de la grotte qui etait securise. Mais tendant l'oreille, il remarqua que ces plaintes sourdes ne venait pas de la d'ou il venait.. mais plutot des profondeurs de la grotte. Ce n'etait certainement pas prudent de sa part mais il se leva, se disant que si il faisait attention il n'aurait pas de souis et si une bete rodait, il pourrait en venir a bout avec ses pouvoirs. Il voulat simplement.. savoir.

Heureusement apres le passage qu'il avait traverse il n'y avait plus de grand danger, a part les flaques et les chemins assez etroits. L'aveugle, se fiant a ses sens magiques, parvint a se rapprocher le plus possible de la source des bruits. Ses pas resonnaient a travers la grotte. Il n'osait pas essayer de voir, il etait sur que l'endroit n'avait aucune lumiere, que l'obscurite etait totale, cela le rendrait mal a l'aise. Il preferait rester dans son obscurite a lui, qui lui etait familiere, celle que ses yeux clairs creeait. Deglutissant, il se maudit d'etre aussi paranoiaque. Cependant depuis la disprition de cette "voix", il n'arrivait absolument plus a faire confiance en quoi que ce soit. Le moindre craquement, le moindre chuchotis etait sujet a mefiance, voire a peur. Il mettrait quelques temps a s'en remettre c'etait sur, la Voix etait son amie dans un certain sens, elle le guidait a travers sa vie, meme si elle ne lui faisait pas prendre les bons choix, elle lui permettait de vivre. Enfin.. C'etait fini. Heureusement, il aurait fini par sombrer dans le mal, apres plus de trente ans a y resister. On avait ses limites. Pourquoi repensait-il a cela ici? Peut-etre parce que les sanglots qui le guidait a travers la grotte lui rapellait ses propres sanglots de gamin perdu, dans l'obscurite de son coeur.

Un pas devant l'autre, fermant les yeux, se laissant guider. Les sanglots etaient devenus melodie, les pleurs devenus chant. Il ne reconnaissait pas les paroles, mais l'air lui etait familier. De toutes facons il n'arrivait pas a distinguer les paroles, pas encore. Il pavint finalement a reconnaitre. Posant sa main sur le mur humide, il s'arreta un instant. Le chant etait vacillant, mais la voix etait si belle... Ce n'etait sans doute pas un monstre. Peut-etre etait-ce quelqu'un de Koori.. Il ne le saurait qu'en voyant la personne qui chantait cela. Apres un virage, il arriva en face de celle-ci. Il ressentait son aura toute proche, elle etait a portee de main.. L'aveugle voulut la touche, sa main ne rencontra que du vide. Fixant droit devant lui il se rendit compte qu'elle etait assise apres avoir mieux examine l'aura. S'accroupissant aupres d'elle, il ne ressentait que du bien et du desespoir venant de la jeune fille -car c'etait certainement une jeune fille-. Elle semblait... perdue. Son aura etait toute chamboulee... Hideki posa doucement une main sur l'epaule de la demoiselle, chuchotant le sort pour qu'il puisse entrevoir son environnement, juste une seconde, le temps de connaitre ses traits...

Une belle femme aux traits reguliers.. Ses cheveux blonds encadraient son visage au teint pale, elle avait de beaux yeux... Mais ce qui le marqua etait egalement ses oreilles d'elfe. C'etait desormais sur, elle n'etait pas originaire du royaume de glace, qui detestait ces etres pourtant si purs. Prenant sa main, esperant ne pas lui faire peur, il lui demanda, son regard vide fixant un point inexistant au loin


"Mademoiselle?... Vous etes vous... perdue?"

Visiblement, oui. Le jeune homme dirigea son regard vers elle, meme si ces yeux sans vie devaient l'effrayer davantage. Essayant de la mettre a l'aise, il lui presenta sa main pour qu'il l'aide a se relever, et se presenta apres un toussotement sense eclaircir sa gorge

"Je me nomme Hideki. Hideki Miyena. Et ... vous? Comment etes-vous arrivee ici?"

Tres poli, il esperait seulement que la belle dame ne prendrait pas peur...

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Faraëll
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Sam 29 Mar 2008 - 1:10

Faraëll avait continué sa comptine, l’avait répétée, l’avait chanté d’un air plus lent et plus fort… Bref, elle l’usait jusqu’à ce qu’il ne la rassure plus du tout. L’effroi l’engouffrait encore et par moment d’hésitation ou sa voix coupait et qu’elle entendait au loin des bruits sans noms… Elle frissonnait, sanglotait, se balançait doucement au rythme de son propre air. Cet air, c’était celui que la voix dans sa tête lui chantonnait parfois. C’était celui qu’elle entendait lorsque son âme se dispersait en elle. Un air rassurant, venant de nulle part, mais qui restait les seules douceurs de son enfance… Elle ne savait toujours pas pourquoi en elle il y avait aussi cette impression, cette personne. Il y avait un moment qu’elle ne lui avait pas parlé, qu’elle ne l’avait pas rassurée, ou encore avertie de quelque chose. Sans qu’elle n’ait gardé de souvenirs de ce moment-là, l’âme en elle s’était manifestée violement en face d’Arielle et de Dresla, et puis encore, lorsque l’elfe avait tenté de sauver le royaume d’Arielle utilisant les déclins du temps interdits, cette âme l’avait arrêtée… On ne savait si elle était bien ou mal, on ne savait non plus pourquoi elle se manifestait si rarement. Dans son enfance, Faraëll parlait souvent avec elle, c’était sa confidente, et avec la même voix, elle avait enfin pu planifiée son évasion… La voix disait qu’elle recherchait quelque chose aussi, quelque chose qui se trouvait bien plus loin que sur terre, et au moment ou elle allait trouver cette chose, elle pourrait partir. Faraëll s’était fait à croire qu’elle aidait l’âme en elle, jusqu’à ce qu’elle puisse enfin partir, mais en réalité… elle n’avait aucune idée de la noirceur des intentions de la Voix.

Et elle chantait, se balançant toujours, et laissant de ses larmes chaudes couler le long de ses bras. Elle devint si concentrée sur les paroles qu’elle en oublia carrément l’endroit, elle avait fermé les yeux, et continuait de penser à diverse chose. Elle se revoyait petite, chanter d’une voix enfantine la même mélodie accoudée à son balcon, seule sortie de sa chambre. Elle revoyait la lune, et le soleil, ses amis dans la solitude et se revoyait chanter en chœur avec la voix en elle. Et ils chantaient, et parfois elle souriait. Dans l’obscurité de la grotte, elle réussissait enfin à oublier la peur. Son corps tremblait toujours, ressentant toujours l’humidité anormale et le froid épais de la cavité. Et puis d’un coup comme ça, quelqu’un s’était approché… Bien que cela puisse paraître complètement invraisemblable, quelqu’un s’était aventuré aussi loin qu’elle. Faraëll ne le sentit pas venir, elle ne regardait pas non plus, de toute façon rien ne pourrait être vu, dans ces ténèbres.

Il posa sa main sur son épaule. Les mots de la comptine se coupèrent à brusque sur un « ah » de surprise. Faraëll ouvrit les yeux d’un coup, sidérée d’une peur indescriptible. Elle n’osa pas regarder ce qui l’avait touchée, mais en se mordant la lèvre inférieure, elle tentait de réfléchir à ce qui allait arrivé. Elle ne s’attendait pas à ce qu’on l’est retrouvée, ça faisait un moment qu’elle était là, elle l’avait vu lorsque la lumière avait faiblie à ses pieds. Le soleil luminescent de l’après-midi était passé à celui un peu moins brillant qui annonçait l’heure de soirée. Faraëll, laissa quand même échapper quelques larmes qui glissèrent silencieuses près de sa poitrine. Elle ne savait pas quoi faire, et ce qui rendait l’évènement encore plus horrifiant c’est que la personne qui était à ses côtés s’était mise à chuchoter une incantation dans une langue qu’elle aurait put reconnaître si elle n’avait pas été aussi incapable de penser. Allait-il l’ensorcelée? Sa respiration singulière dévoila sa peur et puis après avoir enfoncée ses doigts dans sa peau jusqu’à ce qu’elle en ressente la douleur, l’elfe tourna courageusement la tête pour voir ce qui pouvait être son assaillant.

Malgré la noirceur épaisse de la grotte, elle put quand même entrevoir les traits délicats et livides du jeune homme qui tenait déjà une main sur son épaule frêle. Ses yeux étaient… certes inhabituels et de ce fait même effrayants, mais il y avait quelque chose à travers ses yeux qui, sans même pouvoir dire pourquoi, rassura l’elfe. Le seul rayon de lumière atteignait un peu son visage et laissait le bleu vidé de vie des yeux du jeune homme refléter. Faraëll était toujours effrayée, mais quelque chose d’étrange se produisait depuis qu’elle l’avait regardé, quelque chose qui sans description gardait son regard fixé sur lui. Quelques de ses cheveux tombaient sur son front de façon naturelle, et quelques autres tombaient devant un œil, gardant une pointe de mystère dans le regard de l’étranger. Il n’avait pas l’air méchant, et son aura un peu étrange la rassurait. Il y avait plusieurs sentiments qui traversaient l’elfe en ce moment même, et elle pouvait facilement déceler que certains de ces sentiments appartenaient à la personne qui la fixait sans vraiment voir.

Il lui parla, une voix pure, d’un ton sans contestation, demandant si l’elfe s’était perdue. Sans voix, Faraëll ne répondit pas à la première question. Elle resta surprise, et la peur en elle se dissipait peu à peu. Automatiquement sa crainte envers l’homme était disparue. Elle eut peine à prononcer son nom :

- …Fa…Faraëll.

Elle fixa un moment l’étranger, enivrée de son mystère. Elle remarquait des détails sans réelles importances, du moins ceux qu’elle pouvait apercevoir dans ce noir…

- Je… Je ne sais… pas.

Elle prit la main qu’il lui tendait. Ses jambes engourdies se levèrent avec difficulté, mais elle arriva tout de même à se lever. Elle regarda autour d’elle, toujours effrayée par l’endroit empli de cette même humidité épaisse. L’elfe restait près de ce dénommé Hideki. Ce nom lui rappelait quelque chose… mais elle n’arrivait pas à se souvenir quoi. Remise sur ses pieds, elle arrivait enfin à trembler un peu moins. L’elfe ne sut pas comment répondre à la question qu’il lui avait posée… Elle tenta de s’expliquer :

- Je… je revenais de quelque part. Et je me suis perdue en cherchant une sortie…

Elle se souvint de sa promesse à Cloud. Elle devait aller au ruisseau.

- Je devais… je dois sortir… aller dehors.

Elle bougea la tête vers le rayon de lumière faiblissant de plus en plus. Le jour se faisait tard… Elle fixa cette personne qui lui était toujours inconnu, mais duquel elle n’avait plus peur. Et elle dit finalement, accompagnée de son habitude irremplaçable de s’excuser…

- Mais… je ne pourrai sortir d’ici… je ne connais pas l’endroit, même les mieux aménagés…désolée… désolée…

Faraëll sanglota un peu, toujours sensible aux sentiments qui l’avait éprise lors de ces heures solitaires dans son coin moisie des dédales humides et sobres.

( Mouahahhaah T_T je me sens fière maintenant!)
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Hideki
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Sam 29 Mar 2008 - 16:47

[ =D ]

Hideki etait juste assis pres de cette jeune fille, se demandant ce qu'il pouvait faire pour l'aider. C'etait une elfe, un de ces etres magiques, comme Lethao, il commencait a les connaitre, a force que Lethao le lui en parle, il en connaissait certains secrets, et s'emerveillait toujours autant des qu'on lui disait quelque chose dessus. C'etait une espece merveilleuse qui etait nee a la nuit des temps, avant les humains, ces stupides humains qui l'avait detruite peu a peu, et achevait son travail avec la domination de Yuu sur Nelta. Pourtant, lorsqu'on voyait une personne comme celle-ci, avait-on reelement envie de la tuer? Ses longues oreilles delicates donnait un air fragile a la jeune fille en larmes. Ces larmes qui etincelaient a la faible lumiere de la grotte, coulant sur ses joues, qui tombaient sur ses bras pales et mouillait le sol deja humide de la grotte donnait un air poetique a la scene, meme si la femme qu'il voyait ne devait peut-etre pas avoir le meme point de vue que lui.

Il ne savait que faire pour la reconforter, les paroles qu'il avait prononcees avaient-elles ete entendues, ou etait-entelles tombees dans l'oreille d'une sourde? Avait-elle prete attention a ce qu'il disait, ou peut-etre que ces paroles qu'il aurait souhaite rassurantes n'etaient que de pales boniments qui ne la consolaient pas, accentuant la profondeur de sa tristesse. Elle avait cesse de chanter, au moins son geste n'etait pas passe inapercu, mais il ne souhaitait pas qu'elle prenne peur, qu'elle croie qu'il n'etait qu'un monstre venu ici dans le seul but de lui retirer la vie ou de l'enfoncer davantage dans le malaise et les larmes. Il aurait du se montrer plus doux dans ses paroles. Alors qu'il se concentrait a ressentir le moindre mouvement de la jeune elfe a travers les auras, elle leva la tete vers lui, se tournant legerement pour mieux l'apercevoir. Presque aussitot il ferma les yeux, il ne souhaitait en aucun cas faire peur a la delicate demoiselle avec son regard monstrueux. De toutes manieres, il n'avait pas besoin de ses yeux pour distinguer les auras, et meme si il prononcait la formule pour voir son environnement ils n'etaient la que pour une fonction purement decorative, pouvait-on dire.

Elle garda le silence. Durant ce leger laps de temps, il se permit de reutiliser la formule pour apercevoir plus clairement les traits de la jeune femme. Une longue robe lui descendait jusqu'a ses chevilles noueuses. Elle etait pale. Peut-etre etait-ce un attribut des elfes. Quoique lui egalement etait d'une couleur livide a cause de son manque de sommeil et de son inadaptation a la lumiere, mais c'etait en partie lie a la Voix qui vivait en lui jusqu'a peu. Mais surtout aux divers problemes qu'il rencontrait... Il s'etait enfin debarasse de cette partie de lui qui le rongeait de l'interieur, jusqu'a le faire devenir malsain et cruel, et etait encore un peu perdu. La Voix lui aurait susurre que cette fille etait bien jolie. Lui, regardait d'un oeil tout a fait innocent l'elfe, esperant simplement qu'elle ne soit pas trop chagrinee ou apeuree par sa venue. Cessant de la scruter magiquement, se disant que les elfes devaient sentir cela et que cela pouvait l'indisposer, il attendit sa reponse qui ne tarda pas a venir d'ailleurs.

Faraell. Un nom qui lui disait quelque chose. Prononce ainsi, entre les larmes a peine ravalees et l'hesitation envers l'inconnu qu'il representait pour elle, il ne savait pas torp si il l'avait deja entendu quelque part mais cela lui etait familier. Peut-etre parce que c'etait un nom typiquement elfique et qu'il vivait entoure de quelques assassins elfes. Elle ne semblait pas remise, mais sa voix essayait d'etre plus douce. Peut-etre voulait-elle donner une meilleure impression a l'aveugle que celle d'une femme recroqueveillee dans la grotte, incapable de bouger et les larmes rougissant ses yeux couleur d'emeraude. Finalement elle accepta la main qu'il lui presentait, sa main etait legerement plus chaude que la sienne, un peu humide aussi, comme si elle avait servi a essayer d'epancher les larmes qui se deversaient sur son visage. Tirant legerement , histoire de ne pas la brusquer, il esperait ne pas tomber avec elle en trebuchant malencontreusement sur un caillou. Mais tout se passa bien, elle etait si legere en plus.. C'etait aussi une caracteristique de cette espece. Rapides et legers, aeriens... Les hommes devaient leur paraitre bien lourd et empotes, a cote d'eux. Les jambes de Faraell tremblotaient, etait-ce l'emotion ou des fourmis dans les jambes causee par la position assise qu'elle avait sans doute du garder longtemps? En tous cas elle reussit a se maitriser avant de repondre a sa question.

Les paroles de Faraell ne l'avancerent pas autant qu'il l'aurait souhaite. Elle s'etait perdue c'etait sur, mais comment? Elle avait du quitter le chemin amenage pour aller se perdre dans cet endroit.. Et finalement decider de rester la a attendre qu'on vienne lui porter secours. Heureusement qu'il avait decide d'explorer l'endroit egalement, peut-etre que personne n'aurait eu l'idee de s'aventurer aussi profondement dans un endroit si dangereux avant longtemps et on l'aurait retrouvee morte de faim... Si on l'aurait retrouvee. Il s'estima heureux d'avoir ete imprudent, pour une fois. La jeune femme semblait si soulagee, mais egalement un peu preoccupee. Elle voulait sortir. Sortir de la grotte, ou simplement de l'endroit dangereux ou elle avait ete assise? Il n'en savait trop rien, elle semblait quand meme plutot chamboulee par son isolement. Hideki araqua legerement un sourcil, se demandant ce qu'elle voulait exactement.. Bon, elle serait plus en mesure de lui expliquer tout cela une fois dehors. Mais elle ne connaissait pas du tout la grotte, meme pas les endroits amenages. C'est la qu'il jugea bon de lui poser la question relativement clichee


"D'ou.. D'ou venez vous alors, si vous ne connaissez pas le repaire? Etes-vous une nouvelle arrivante?"

Peut-etre une refugiee d'un village, il en arrivait de temps en temps, ils transitaient par ici pour repartir plus tard vers des campements de Swilyara ou pour se cacher dans les bois. C'etait sommaire mais cela permettait de faire survivre pas mal de monde... Il prit doucement la main de Faraell. Elle ne semblait pourtant pas appartenir a la paysannerie, sa robe etait bien trop jolie pour cela, et puis elle portait un ou deux bijoux lui avait-il semble, a travers la penombre et le brouillage de ses sens magiques. Pour se erdre ici, il fallait avoir un sens de l'orientation bien mediocre en tous cas. Lui proposant silencieusement de le suivre, il lui dit, en faisant un signe de tete vers l'endroit ou il pensait etre arrive.

"Vous m'expliquerez en chemin, venez, je pense pouvoir retrouve le chemin."

Il pouvait ressentir les endroit ou il avait pose les pieds, comme une trace magique qui lui suffirait de suivre, comme des miettes de pain du petit poucet mais qui ne risquaient pas d'etre mangees par les oiseaux. L'homme passa en premier histoire de sonder le passage et de la guider, meme si cela pouvait sembler peu galant. Il avait failli trebucher des le debut, pensant trop a cette jeune fille et a ses origines. Elle etait encore un peu sous le choc. Leurs pas se melaient le long des couloirs. L'humain aveugle essayait d'aller le moins vite possible pour ne pas brusquer la jeune fille et pour qu'elle aie le temps de repondre a ses questions. C'est alors qu'il se rapella. L'information s'imposa, claire et nette a son esprit. Se retournant peut-etre un peu trop brusquement vers la jeune fille, il faillit tomber mais se rattrapa et put dire

"Ah, je sais ! Vous etes une amie d'Arielle, c'est cela?"

Il se souvint qu'Arielle lui avait parle d'elle durant son sejour a Nascarian, il lui avait vante sa douceur et son altruisme, mais aussi sa maladresse. Il esperait simplement que c'etait bien elle, mais la description que lui avait fait Arielle ne trompait pas. Cheveux blonds, yeux verts... C'etait bien elle. Du moins il epserait, il aurait l'air parfaitement ridicule sinon. elle, elle n'avait sans doute pas entendu parler de lui et devait passer pour un parfait energumene qui tenait ses informations d'on ne savait ou. Souriant maladroitement, il se demanda que dire pour justifier le fait qu'il connaissait Arielle, mais finit par dire, tout simplement

"Je suis le mari de... feu Warui."

Son sourire avait vacille lorsqu'il en etait venu a reparler de son epouse, morte quelques jours auparavant pour lui, et pour preserver son amour, lui laissant deux enfants nes un peu prematurement, dont un hybride. Il etait veuf, a present... Veuf. Ce mot sonnait mal dans son esprit, il avait du mal a s'y faire. La voix aurait ete ravie, si elle etait encore en lui. Mais par egard pour le sacrifice de la Zafara et a celui moins recent de son cher ami Cizayox, il avait rassemble ses forces et son courage pour vaincre le mal qui etait en lui... Il esperait que Faraell soit bien celle dont on lui avait parle, et qu'elle connaisse Warui, pourtant apparue apres la premiere rencontre de Arielle avec l'elfe. Il ne savait pas si elles s'etaient revues depuis. Si non, Arielle serait heureuse de la revoir, il fallait lui dire la nouvelle !

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Faraëll
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Sam 29 Mar 2008 - 23:44

(T_T Ah mais la, il écrit encore plus que la première fois XD moi qui essayait d’en rajouter juste un peu plus XD enfin bref! *bonne chance à moi ;_;!)

Faraëll, enfin sur ses pieds, tenta de garder courage pour avancer. Certes elle n’avait plus très peur, mais son corps réagissait encore sous l’effroi continuel des minutes et des heures avant que le jeune homme arrive. Elle se laissa aider, et puis commença son chemin avec l’homme qui se prénommait Hideki… Il y avait dans son nom quelque chose qu’elle trouvait étrange, mais elle n’y pensait pas trop. Cela devait être le résultat de son impression qu’elle l’avait déjà entendue quelque part. Mais autre chose s’imposait, quoiqu’elle ne puisse le déceler. Faraëll ne fit que tenter un sourire, qu’elle savait qu’il n’allait pas voir, mais elle le faisait par habitude, celle qu’elle avait prit pour s’encourager à avancer. Pour ne pas tomber, elle souriait. De pouvoir sourire en ce moment tel, engouffrée avec un inconnu dans les ténèbres d’un endroit morbide et poétique en un sens… poétique de pouvoir entendre au loin une mélodie chanter par une perdue, et de ne pas y croire, comme si l’on en rêvait. Faraëll le ressentait aussi, mais n’aurait pas pu dire qu’elle trouvait cela poétique. La beauté de la chose pouvait être vue seulement par une âme qui fût ou était toujours attachée à une besogne sinistre.

À chacune de ses inspirations qui devenaient de plus en plus normale, mais qui gardait une certaine difficulté causée par l’humidité pesante de l’endroit, Faraëll pouvait ressentir une multitude de sentiments âcres et doux, perdus, confus, rassurés, mélancoliques, sinistres… et aussi heureux, mais bien plus tristes… ce bonheur, cette assurance physique seulement, n’avait rien à voir avec les sentiments qu’elle percevait de l’homme… Il en avait tellement, tant de choses qui se bousculaient à la fois dans sa tête et maintenant prenaient place dans un tohu-bohu d’émotions pour l’elfe. Elle avait pressentie sa peur. Mais il n’avait à avoir peur pourtant… elle n’avait plus peur… et ses yeux, ne l’effrayait pas, elle avait comprit. Elle savait qu’il ne voyait pas, même si ce fut la première fois qu’elle rencontrait un aveugle. Elle aurait voulut lui dire « ne fermez pas les yeux... ils ne sont pas… horribles… », elle voulait lui dire qu’elle n’avait pas peur de lui, mais son corps n’obéissait pas et sa gêne la bloquait toujours. Faraëll pensa qu’il était si triste… Et en lui elle se reconnut facilement. Trop facilement. Elle reconnaissait la peur de vivre, la peur d’agir, la peur d’être sous emprise d’autrui… plus spécifiquement de cette voix, mais elle ne savait pas que lui aussi, en avait écouté une… Elle avait aussi comme lui un sentiment de fragilité et un manque de confiance en soi.

Faraëll se secoua la tête… elle ne voulait pas s’immiscer dans les sentiments d’Hideki comme cela… mais c’était plus fort qu’elle parce que sans même le connaître, elle savait qu’il pourrait la comprendre mieux que n’importe qui. Mais ce n’était pas bien de regarder ses émotions comme cela. Elles étaient seulement si flagrantes….

Ça ne faisait pas longtemps qu’ils avaient commencés à marcher, il proposa de l’aider à sortir de l’endroit, et Faraëll tenta un nouveau sourire, un peu plus perceptible cette fois. Elle se sentait parfois observée par l’homme, et ça la gênait un peu, malgré qu’à la fois elle avait seulement l’impression qu’il essayait de comprendre l’environnement dans lequel tous deux se trouvaient. Faraëll resserra sa main dans laquelle la sienne se tenait. C’était un peu bête comme situation, puisque celle qui possédait les yeux, n’y retrouvait pas son chemin, et celui qui n’y voyait rien, était éligible pour la conduire au bon endroit. Faraëll rougit, honteuse… Il était vrai qu’elle n’était pas douée. Elle s’était toujours perdue, et sa fugue avait bien durée toutes ces années pour cette même raison… Elle aurait voulut dépendre d’elle-même, mais seule elle n’y arrivait pas… c’était pour cela que toujours elle avait besoin de quelqu’un qui la guidait… Des gens l’aidaient et comme Arielle, Cloud et maintenant Hideki, chaque fois qu’elle s’était perdue, on l’a ramenait ou elle se devait d’être.

Hideki connaissait bien les elfes, cela paraissait dans sa façon de s’adresser à elle. Et quelque chose qui avait mise Faraëll facilement en confiance, c’est qu’il ne l’avait mal jugée. Elle se rappelait les traitements de faveur qu’elle avait eut droit à Nelta… Déjà, qu’Arielle demande à ce que l’on garde son amie l’elfe gentiment, ne leur avait pas vraiment plut. Et malgré l’ordre strict d’Arielle, Faraëll avait souvent été sujette à ces regards de dégoûts ou de peur, ou même de supercherie qu’on lui lançait. Les hommes, d’aussi longtemps qu’elle l’avait su, et comme il était dit chez les elfes, enviaient la longévité de la vie des elfes… et ainsi les traitaient ingratement. À force, les caractères haineux de chacun des peuples grandit et devint ce que l’on connaît aujourd’hui. Il n’était pas difficile de comprendre pourquoi elle avait désirée s’enfuir autant de là-bas que de chez elle. Mais Hideki, lui, n’avait pas eut ce dédain. Même sans ses yeux, il pouvait très bien ressentir la différence d’aura, et savoir que la personne qu’il avait découverte aux fin fonds de cette cavité sombre n’était pas humaine. Faraëll pouvait très bien voir qu’il avait déjà rencontré des elfes, et peut-être même qu’il en connaissait…

Sachant cela, elle redouta la question suivante… cette question qui demandait d’où elle venait, elle l’avait si souvent évitée. Elle ne pouvait dire « je suis d’Amsya, je suis l’héritière du trône »… Elle ne pouvait simplement pas. Tous ses efforts pour garder son identité secrète tout le long de son chemin durant plusieurs années avaient été difficiles. Arielle savait et par son biais, les Zafaras savaient et Cloud l’avait apprit. Faraëll ne savait toujours pas l’identité de Cloud, le message de celui-ci n’avait jamais put lui être délivré… Faraëll se sentit incapable de répondre à la question. Elle avait justement omit de dire son nom, ce « Ishtar » tant connut par les autres peuples. Pour elle ce nom était une malédiction, elle aurait désirée naître aux bras de n’importe qui d’autre… Bêtement, elle tourna la tête près de son épaule et fixa le sol sans dire un mot. Elle se sentait encore plus honteuse. Allait-elle vivre avec ce secret toujours? Elle expira maladroitement, relâcha la main qu’elle tenait toujours et regarda l’homme prendre un peu d’avance. Elle espérait qu’il n’est pas mal prit le fait qu’elle n’avait pas su répondre à une question qui semblait si simple pourtant…

Ils avancèrent un moment comme cela, Faraëll pouvait suivre avec ses yeux Hideki qui gardait la trace de ces pas d’avant. À un moment le nom d’Arielle fut prononcé. À ce moment Faraëll sentit que « Hideki » bougeait encore plus dans sa mémoire… Mais d’où venait-il? Faraëll, rassurée qu’il connaisse Arielle, s’avança plus près de lui et demanda simplement :

- Vous connaissez… Arielle?

Sa voix tremblait toujours un peu. S’il connaissait Arielle, sa peur d’être à découverte grandissait, il devait déjà savoir alors qui elle était vraiment, à moins qu’Arielle n’est pas tout dit à son sujet… Faraëll, ayant dit cela, prouvait qu’elle la connaissait aussi. La conversation s’enrichie un peu plus et Faraëll arriva enfin à dire :

- Je suis… enfin…je suis parmi les réfugiés Zafaras. Avec Arielle… et les autres enfants.

Sa réponse à la première question avait été un peu longue a arrivé dans le temps, mais elle l’avait dit. Sur le moment elle avait eut peur qu’il ne veule savoir d’où elle venait sur le continent…Lorsqu’elle ne connaissait pas la personne, cette méfiance devenait automatique, elle ne voudrait pas dire ni parler de ou elle venait… Hideki prononça l’autre prénom que Faraëll redoutait d’entendre… Maintenant elle savait d’où lui venait cette impression de le connaître… C’était ce Hideki. Celui que Warui aimait au point de tout abandonnée pour lui. Ses paroles sonnèrent funèbres, sombres, emplies de souvenirs que l’on préféraient détester. Faraëll s’arrêta de marcher. La grotte devenait un peu plus éclaircie, moins étroite. Mais l’humidité restait insupportable et la noirceur amena encore plus de regrets au visage de Faraëll. Elle s’était arrêté sec, n’avait pas prononcé un mot de plus. C’était pour lui, qu’elle l’avait fait… qu’elle s’était sacrifiée… Pendant quelques secondes, Faraëll ressentit en elle une étrange fureur contre Hideki, mais à la fois, la tristesse qu’il émanait la fit comprendre qu’il se sentait tout aussi coupable… Elle savait qu’il aurait peut-être préférée mourir si c’était pour ne pas vivre sans elle. Elle sut que ces sentiments restaient sincères… Mais pourquoi tout cela… Même si elle avait parlé avec Warui toute l’avant-midi, qu’elle s’occupait de ses enfants et qu’elle faisait encore un peu partie de leurs vies… Faraëll n’arrivait pas à l’imaginer dans ses souvenirs. Warui n’était qu’une place vide dans ses mémoires. Quelque chose qu’on se souvient, mais qui n’a pas d’images lorsqu’on se l’imagine… Et cela la blessait effroyablement. Faraëll, muette, fixa l’homme devant elle qui s’était retourné et avait adopté un sourire triste pour lui dire cette phrase pesante. Ses yeux s’emplirent doucement de larmes qu’elle s’efforçait de retenir le plus possible. Elle ne savait quoi faire, souffrant intérieurement du même mal que lui. Elle ne sut que dire:

- Je… je vous comprends… pardonnez-moi… mais je vous comprends parfaitement.

Elle s’expliqua un peu mieux :

- Je sais que c’est… égoïste… de prétendre de telles choses. Mais je vous comprends parfaitement… et je n’ai… je n’ai pas peur de vous. Je ne vous en veux pas….je ne vous déteste pas… pardonnez-moi… je ne vous hais pas…

C’était certes un peu complexe comme révélations, mais Faraëll savait qu’il pourrait la comprendre même si tout cela n’était pas bien clair… Elle serra ses mains ensemble près de sa poitrine froide, et cessa de regarder l’homme au regard malheureux. Elle ferma ses yeux et s’efforça de ne pas sangloter…ne pas pleurer.
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Dim 30 Mar 2008 - 19:53

Warui. Ce nom avait souleve chez le blondinet des meotions qu'il avait essaye d'enfouir ces derniers jours, il avait essaye d'oublier, se disant qu'elle serait toujours la, aupres d'eux, qu'elle veillerait sur eux, sur lui et les enfants... Mais les mots qu'il avait prononce, sa voix se faisant un peu plus basse et plus grave, lui rapellaient quelle etait la situation. Ils ne se verrait plus, tres certainement, comme avant. Plus de baisers, ce n'etait qu'une presence diffuse, un peu partout... Elle n'etait plus vivante, et cela etait de sa seule et unique faute. Il avait cru ne plus l'aimer, dans son desespoir elle avait vendu sa vie pour son ame. Si la magicien etait a present un etre humain plus normal, il avait perdu celle qu'ail imait, malgre tout. Le coeur serre, il se dit qu'il ne devait pas se laisser aller en presence de l'elfe, peut-etre ne savait-elle pas, peut-etre ignorait-elle la mort de son aimee auparavant.. Ou peut-etre ignorait-elle son existance. Il ne fallait pas pleurer... Il n'en serait pas capable, de toutes maniere. L'elfe qui l'avait suivi n'avait pas besoin de ca.

Il sentait en l'aura de l'elfe une certaine melancolie, pas la tristesse qui avait accompagne cette solitude dans cette grotte effrayante, pas le desespoir en pensant qu'elle ne serait peut-etre plus retrouvee. Juste.. la melancolie, qui glissait et s'incrustait dans l'ame de l'elfe. Il se demandait quelle pouvait etre la cause de cette amertume. Lui-meme etait quelqu'un de relativement amer, qui n'avait plus beaucup gout a la vie mais qui vivait pour expier ses fautes dans sa vie passee. Il n'etait qu'un fantome a qui on avait donne forme humaine. Il n'appartenait plus a ce monde, et n'arrivait pas a se lier tres longtemps. Son amitie avec Lethao, Cizayox, sa pretendue haine envers Yuu... Ce n'etait que de pales sentiments par rapport a ce que pouvait ressentir un vivant. Ne pas s'attacher pour partir plus facilement lorsqu'il aurait accompli son souhait, c'etait ce qu'il se repetait. Peut-etre etait-ce cela qui le rendait triste plus que son passe pourtant peu reluisant, que faire d'un passe qui n'appartenait meme pas a ce corps? Il avait accompli de mauvaises actions et rendu triste.. Autant l'oublier. Autant se concentrer sur le present et sur cette femme elfique qui se tenait devant lui.

Son inquietude quant a l'identite de l'elfe retomba lorsqu'elle lui demanda si il connaissait Arielle. Ah, cela voulait dirre que c'etait bien elle. Bon, peut-etre connaissait-elle une autre Arielle, mais les coincidences seraient vraiment trop proches, quoique c'etait possible. Enfin, Faraell s'etait approchee, comme un petit peu rassuree, comme si elle n'avait plus peur de l'approcher comme c'etait une "connaissance" interposee. C'etait sur qu'un homme aussi etrange que lui, un humain de surcroit, qui lui parlait tout naturellement et lui demandait de le suivre, cela n'inspirait peut-etre pas que de la confiance. Elle ajouta qu'elle etait une refugiee avec Arielle. Ah, donc elle connaissait bien les jumelles, ou du moins avait-=elle entendu parler de la seconde. Elle devait etre une amie tres proche, pour qu'Arielle la laisse s'approcher ainsi de son peuple jusqu'a l'integrer parmi les refugies Zafaras. Hm, lui n'en avait qu'entendu parler, de cette amie pourtant si proche. Enfin ils se rencontraient, c'etait agreable et cela pouvait etre une rencontre enrichissante. Ils se ressemblaient un peu tous les deux, meme si Faraell avait encore plus de mal a formuler ses pensees que Hideki. Elle etait timide, lui aussi avait du mal a engager une quelconque conversation mais il y arrivait, tant bien que mal.

Le silence. Il avait simplement prononce le nom de son aimee, cela ne rencontra qu'un mur de silence. Soudainement cette proximite qu'avait acquis Hideki aupres de l'elfe semblait avoir disparu. Le blanc, le froid, le vide. L'aveugle cligna des yeux, surpris. Pouquoi l'air lui semblait-il si lourd autour de lui a present? Pourquoi les yeux emeraude de Faraell semblaient vouloir le transpercer, juste quelques secondes? Hideki sentit une rage sourde poindre dans le coeur de l'elfe et recula d'un demi-pas, ret a s'excuser si elle le souhaitait. Peut-etre detestait-elle Warui.. u plutot.. Peut-etre le detestait-elle, lui qui avait indirectement cause sa mort. Elle ne voulait certainement pas le voir, elle ne voulait que du mal de lui, et a present elle savait que c'etait cet homme qui l'avait secouru... Voudrait-elle le tuer? Hideki se mordit legerement la levre, le regard tourmente. Il n'avait jamais voulu cette mort, il aurait simplement souhaite qu'elle prenne ses enfants avec elle et qu'elle cesse enfin d'aimer un homme qui n'aait plus de coeur. Elle le lui avait rendu, contre son corps, sa vie materielle. Elle ne pourrait plus revenir en arriere. Il n'avait jamais demande ce coeur, lui qui allait le laisser tomber des qu'il aurait fait assez de bien pour expier ses fautes. C'est parfaitement egoiste, diriez vous. Mais comment ne pas l'etre lorsque l'on a connu, ne serait-ce qu'un instant les tourments de l'enfer? Au moins.. reviendrait-il dans cet endroit le coeur leger, soulage de tous ces maux. Mais voila que Warui, son amour aveugle la guidant, lui avait rendu cette ame dont il ne voulait pas. Et voila qu'a cause de cela, plusieurs personnes le detestaient. Arielle ne pouvait pas le nier, malgre ses sourires.. Il etait sur qu'elle le haissait du plus profond de son etre, lui qui n'etait qu'un fauteur de troubles, depuis le debut de leur amitie. Et meme les gens qu'il ne connaissait pas etaient contre lui. Faraell, par exemple, celle qui se tenait devant elle, et qui le prenait pour un homme de bien jusqu'a ce qu'il lui dise qu'il etait le veuf de Warui... Mais tres vite, contrairement a toutes ses attentes, la haine dans le coeur de Faraell se ternit pour disparaitre sans laisser de traces. Avait-il reve en percevant pareil sentiment dans le coeur de l'elfe? Certainement pas.. et pourtant, qu'expliquait ce si soudain revirement?

Hideki fixait Faraell, il en avait oublie de fermer ses paupieres. Les iris bleus rencontrerent les yeux verts de l'elfe, sans qu'il ne s'en rende trop compte, comme pour lui de toutes facons tout etait noir. Warui etait dans leurs souvenirs a ce moment. Il se rapellait de ses traits, et ressentait une profonde melancolie. Il aurait tant aime la serrer contre elle, encore une fois... Il ne rencontrait que du vide. Vivrait-il ainsi jusqu'au bout? Son coeur eut un rate lorsqu'il ressentit la tristesse de l'elfe.. Elle devait comprendre, et se rapeller de Warui, et de tous les souvenirs qui y etait lies. Elle hesita. Ses paroles n'etaient que de bougies palissantes, qui au fil des mots se transformaient en souffles indecis. Elle comprenait, parfaitement ajouta-t-elle. Avec Warui, parfois ils ne se comprenaient pas. Souvent meme. Les coups de tete de Warui, les indecisions de Hideki.. N'etait-ce pas cela l'amour, la recherche de cette comprehension totale qui ne viendrait jamais? L'elfe et le magicien se comprenaient parfaitement, c'est pourquoi parfois leurs paroles voulaient arriver ensemble. Il aurait egalement voulu lui dire qu'il comprenait sa peine, mais elle l'avait devance. Elle s'expliqua, disant qu'elle n'avait pas peur de lui, qu'elle ne lui en voulait pas. Se mentait-elle ou a elle meme, ou avait-elle deja oublie la rancoeur quelle avait nourri, quelques instants? Un pale sourire aux levres, il lui tendit une nouvelle fois sa main pour qu'elle la reprenne et qu'il continue a la guider. Elle semblait prete a pleurer, son aura etait vacillante. Peut-etre que le mouvement de ses jambes lui ferait un peu oublier ses soucis. Plus que reste plante la, a ruminer des larmes ameres qui voulaient couler mais que l'on retenait a tout prix. Hideki n'etait plus l'ame a secourir, il avait depasse ce stade depuis un moment. Ce qu'il voulait, c'etait secourir les autres.

Entrainant Faraell, avec ou contre son gre, ils avancaient dans la grotte eclairee faiblement. Il ressentait encore sa trace magique mais il fallait faire vite, tout s'estompait dans le monde, au fil du temps. Il n'avait pas encore prononce un seul mot... Meme aux paroles de l'elfe, paraitrait-il malpoli si il n'y repondait pas? Certainement, oui. Tout en enjambant les rochers, il lui sourit, essayant de la mettre un peu plus a l'aise, et lui dit


"Je me pensais egoiste de penser cela aussi... mais a vrai dire, tant mieux si nous nous comprenons, non?"


Ces paroles etaient si inutiles, il songea qu'il n'avait strictement rien apporte a la discussion sinon le malaise qu'il ressentait face aux emotions quelque peu contradictoires qu'il avait ressenti en Faraell et aux siennes. D'une part il etait assez heureux qu'elle ne lui en veuille pas, mais c'etait tellement reconfortant d'etre hai parfois, parfois on ne comprend pas pourquoi on est apprecie alors qu'on a fait quelque chose de mal. Etait-ce la nature humaine qui le taraudait, certainement. Et ces questions sans reponse etaient rangees dans un coin de sa tete, ce n'etait que des questions inutiles... Et il se les posait pour passer le temps,pour depasser le malaise qu'il ressentait envers l'elfe et qui l'empechait de dire quoi que ce soit de constructif.

Ils avancerent en silence dans la grotte, le bruit de leurs respirations amplifie par l'echo incroyable qu'il y avait dans cette grotte. Mettant la main sur une des parois humides, il se dit que la sortie ne devait pas etre bien loin. En tous cas la sortie de la grotte inhabitee, apres pour aller reellement dehors, comme Faraell semblait le vouloir, il faudrait encore marcher un peu mais deja, ils n'auraient pas a enjamber des gros rochers et faire attention aux flaques. Il se demanda si les chaussures et la robe de Faraell etaient tachees par toutes ces salete au sol, lui portait ses bottes alors il n'avait pas vraiment a en prendre compte. Et le revoila a faire volontairement devier le plus possible ses pensees pour ne pas qu'il se concentre sur le silence qui s'etait installe entre les deux etres. Hideki se sentait quelque peu mal a l'aise... Il ne connaissait l'elfe que de nom et de reputation, a travers les recits que lui avait fait Arielle.... Il finit par dire, souriant legerement a l'elfe, se demandant si les larmes lui gonflait le coeur comme tout a l'heure.


"En tous cas, Arielle m'a beaucoup parle de vous, elle vous apprecie enormement, et ce depuis votre rencontre. Vous lui avez apporte beaucoup, notemment une grande joie de vivre..."

Il etait vrai que lorsque la Zafara parlait de Faraell, elle etait toujours souriante, ces recits la mettait de bonne humeur en generl. Ou alors elle y repensait, nostalgique. Les deux n'avaient pas pu se voir durant une tres longue periode, cela avait du etre dur pour les amies. Il se demandait si il avait pareille reputation, en tous cas. Oh, des bruits se repercutaient sur les murs, remarqua Hideki, des bruis de conversation, il reconnut certaines voix. Ils se rapprochaient, plus que quelques virages dans les chemins tortueux de la grotte.

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Dim 30 Mar 2008 - 23:22

(mouahahahahaahaha 8D 2041 mots selon Microsoft word XD… désolée, je m’y suis trop mise, moi aussi j’étais inspirée ^^ j’adore faire du rp avec toi *calin*)

Faraëll s’étouffait dans ses propres pleurs qu’elle tentait de garder pour elle. Ce qu’elle avait dit, avoué à Hideki, semblait être peu, mais beaucoup à la fois. Elle avait ressentie cette haine, hideuse et démesurée contre lui pendant un moment. Elle était forte et insensible à l’empathie, seulement égoïstement pure. Une haine qu’on garde et que l’on encaisse…Et cette haine, Faraëll ne savait seulement pas comment la gérer. Elle ne savait pas sur qui la déferler. C’était quelque chose qu’on l’on possède mais qu’on ne sait d’où elle vient. Et l’elfe l’avait ressentie, en l’espace d’un moment, le besoin de hurler que la faute était sur quelqu’un, nier que Warui n’était pas encore morte, pour enfin haïr quelqu’un pour se soulager de cette réalité. Mais ce n’était pas bien, et puis l’elfe n’avait pas gardé ce sentiment horrible longtemps… Preuve qu’elle acquérait déjà plus de sagesse… Non, elle n’avait pas hurlé sur Hideki comme elle l’avait fait sans contrôle de soi avec Warui. À ce moment, elle avait comprit toute la tristesse dans ce corps si frêle qui se tenait devant elle et lui servait de guide. Faraëll savait maintenant… qu’il ne valait pas la peine de désirer sa mort, puisque lui-même la désirait déjà… Et pour l’elfe, ce désir de mourir l’emplissait tellement il émanait de Hideki… mais mourir, ça n’avait pas trop de sens pour elle, parce que même si elle l’avait tout autant désiré qu’il le désirait en ce moment même… Faraëll savait qu’elle ne pourrait mourir si facilement. Et même si elle était pour mourir, elle avait le sentiment que quelque chose l’en empêcherait…

Elle prétendait le comprendre parfaitement. Pour elle, ça semblait si égoïste de dire cela… Elle se sentait honteuse d’avoir fouiller un peu les sentiments de Hideki, ne sachant pas vraiment qu’il pouvait lui aussi voir à travers elle. Leurs âmes étaient-elle si semblable? Elle avait l’impression parfois, en regardant Hideki enveloppé de cette couverture d’ombres qui semblaient attirées par lui, qu’elle pouvait voir en lui comme dans un miroir…. Ça en devenait même difficile de déceler quels sentiments appartenaient à qui… Cet homme, peu importe d’où il venait, avait vécus des choses semblables à l’elfe, et toutes ces choses, malgré qu’elles soient d’un niveau différent, amplifiait incroyablement l’empathie qui régnait déjà entre les deux personnes. C’était ce genre de personne que l’on rencontre, et que même sans en connaître les aventures, les émotions, les habitudes, les tics… même sans n’avoir eut quelque soit le contact avec elle… Le sentiment que les deux âmes se rejoignent quelque part dans l’espace, que l’ont pourrait se fondre et se confondre à l’intérieur de l’un… ce sentiment étrange de déjà connaître autrui… Elle se savait comprise. Elle pouvait voir à travers lui comme à travers de l’eau… c’était certes inhabituel… mais à la fois si rassurant. C’était simplement pour cela qu’elle avait cessé d’avoir peur. Dans ses yeux… il y avait cette errance de vie, une lueur de vie quelques fois…

Faraëll s’était perdue dans ses pensées un moment. Elle avait ouvert les yeux pour fixer le sol boueux et ses orteils nues, graffignées, bleuies et sales. La lumière s’incrustait légèrement par certains pores de la grotte, mais n’atteignait pas encore assez de puissance pour bien éclairer l’endroit. Faraëll pensait, là en fixant ses pieds debout devant cet homme qui lui ressemblait tant. Elle tentait en vain de revoir une image claire de Warui. Elle repensa à beaucoup de chose à la fois… Ressentant toujours l’inquiétude d’Hideki, elle ne voulait pas qu’il s’inquiète… car elle appréciait sa présence, elle adorait qu’il soit arrivée, lui plus que n’importe qui d’autre… Il y avait longtemps qu’elle n’avait ressentie cette compréhension de l’un et l’autre, c’était si rare. Elle repensait à Cloud, celui qu’elle aimait, et en elle son souvenir évoquait une certaine chaleur, mais elle savait que cette chaleur semblait avoir disparue pour Hideki… Elle ne savait pas quoi faire, elle aurait voulut l’aider… tellement, elle aimerait que son sourire soit beaucoup plus vrai. Faraëll se sentit un peu bête de penser cela, car elle était bien la première à sourire pour cacher ses émotions, elle était bien celle-là qui parfois trahissait une certaine peur, tristesse à travers ses sourires bêtes. Quand elle souriait, et que ses yeux s’emplissaient d’eau, que ses paupières cachaient le plus possible ses yeux et que ses sourcils montaient légèrement, trahissant encore plus ce sourire qu’elle voulait heureux. Garder le sourire, peu importe… c’était comme une devise. Encore là, elle comprenait Hideki, et ne désirait pas le changer, sachant à quel point ce tic était profond.

Toujours perdue dans ses pensées, peut-être c’était pour se protéger des sentiments que la mort de Warui avait évoqué en elle, Faraëll, les yeux ouverts entrevit au travers de ses cheveux la main d’Hideki. Il lui la tendait, et levant les yeux, avançant une main tremblante vers celle qui était tendue, Faraëll eut une expression de surprise lorsqu’il lui la prit. Hideki agrippait sa main à la sienne, et puis sans même vraiment demander à l’elfe, il commença à avancer avec elle. Faraëll rougit, un peu gênée. Hideki ne la laissait pas tout à fait indifférente, il était d’une beauté rare, et sous quelques traits, il ressemblait à Cloud. Mais Faraëll ne ressentait pas de l’amour à son égard, ça elle le savait, il y avait une grande différence entre l’amour qu’elle éprouvait pour Cloud et le sentiment ici présent… On aurait seulement dit, un lien qui s’était déjà créé… bien avant qu’ils se rencontrent… Les premiers pas furent un peu silencieux et Faraëll avançait du mieux qu’elle pouvait, sans aller trop vite. Hideki menait le pas, mais n’allait lui non plus pas très vite. Finalement, il répondit à ce que l’elfe avait dit quelques minutes avant qu’ils ne repartent dans les dédales, mettant ainsi fin aux inquiétudes de Faraëll. Elle s’était inquiétée, se demandant si il l’avait mal considéré, tout ce qu’elle lui avait dit. C’était bien vague, mais il y avait à l’intérieur de ses mots une sincérité que seul lui avait vraiment put voir. Faraëll appréciait cette connexion entre elle et l’humain, souvent avec les autres elle se devait de parler bien plus pour être comprise, et parler n’était pas quelque chose avec lequel elle était vraiment à l’aise. L’elfe était de nature silencieuse, mais quand elle avait quelque chose d’important à dire, elle y mettait tous ses efforts.

Elle voulut lui dire « Je suis désolée de m’être immiscée… », mais il savait déjà. Et elle lui avait elle aussi pardonné son intrusion dans ses sentiments. Pour répondre à sa réponse elle dit faiblement:

- Oui...

Elle sourit. Un sourire, un vrai. Elle suivit. L’obscurité et l’humidité ne semblaient plus vraiment la déranger. Elle faisait attention à ne pas tomber, ne pas s’accrocher les pieds dans les roches inégales du terrain non aménagé. Il marchèrent un moment, chacun de leur côté divaguant dans leur pensées. Faraëll ressentit elle aussi, ce sentiment d’incompréhension… Pourquoi les gens nous aimaient-ils malgré toute l’horreur ou la stupidité de notre personne? Comment pouvaient-ils nous aimer? Faraëll connaissait très bien ce sentiment, l’ayant elle aussi vécu souvent. Comment pouvait-on l’apprécier elle? Elle qui était si bête, si maladroite, si enfantine… Elle qui avait fugué de chez elle, et qui fuyait encore tout les problèmes du mieux qu’elle le pouvait. Elle qui n’était qu’une lâche… Elle était lâche de vivre, et pour cela elle était partie. Partie de son royaume, partie de sa patrie, de son devoir, de sa famille, de son trône… Quelle lâcheté… Mais pourquoi Arielle l’avait-elle aimé quand même? Et même Cloud, il lui avait promit son retour et son amour, sachant qu’elle n’était qu’une princesse défaillante. Faraëll savait très bien qu’elle ne s’aimait pas… et justement pour cela elle ne pouvait comprendre pourquoi on l’aimait. Et encore plus au fond d’elle… elle avait cette impression qu’elle avait fait des choses tellement horribles… il y a longtemps.

Un rêve, qui la hantait depuis petite déjà… ce rêve il y avait cet homme, l’air si cruel, dans ses bras un corps ensanglanté… Dans ses yeux il n’y avait pas la peur qui aurait été normale à la situation; il avait l’habitude de ce genre de chose. L’homme n’avait pas de visage tant il y avait de sang sur lui-même et le corps qu’il tenait en avançant. Il boitait, lui aussi était blessé. Il avançait de plus en plus, seulement la couleur vive de ses yeux ressortait du portrait ensanglanté. Et un cri, une réprimande horrible, un hurlement suivit de pleurs sans arrêt, les pleurs d’un enfant, et d’une vive lumière…Puis il n’y avait plus rien. De la vision d’un rêve, cette scène était horriblement effroyable… Faraëll s’en souvenait parfaitement… Elle s’en souvenait comme si elle l’avait vu de ses yeux.

Hideki la sortit de ses pensées un peu sinistres en reparlant d’Arielle. Oui, Arielle… Il y avait tellement à dire sur elle. C’était une rencontre si belle, si inattendue, et pourtant qui avait porté ses fruits malgré la distance. Faraëll souriait… Ces souvenirs étaient beaucoup plus agréables que celui du rêve… Ce rêve qu’au réveil elle ne pouvait empêcher les maux de cœur qui l’enchaînait au lit et souvent, elle ne pouvait s’empêcher de vomir tellement l’image imprégnée de tout ce sang était horrible. Mais Arielle, elle lui avait amené la lumière… Elle lui avait montré l’amitié, la beauté, les sourires… son premier amour était Arielle… la première fois qu’elle avait ressentit un besoin d’être dans les bras de quelqu’un. Faraëll souriait évidement plus, se rappelant les quelques jours à peine qu’elle avait été avec la Zafara bleue. Oui… Arielle…

- Elle aussi… m’apporte beaucoup de bonheur…

Elle s’était soudain sentit dans l’envie de se confier :

- Arielle… c’est ma lumière… Je n’en avais vu si peu avant de… de la voir elle… Si vous aviez vu comme elle brillait!

Faraëll sourit. Son aura devient d’un coup très chaleureux. Elle savait que la lumière devait être quelque chose d’aussi important pour Hideki… C’était la même lumière qui était si belle même pour ceux qui n’y voyaient que du noir. Et Arielle elle brillait si joliment, comme la lune qu’elle reflétait.

- Elle brillait… c’était si beau… si rassurant… Elle était comme un saphir…

En disant cela elle serra sa main libre conte sa poitrine… Sous ses vêtements se trouvait une pierre de saphir. C’était son trésor cette pierre… et c’était aussi ce qu’on lui avait légué de son père…elle ne l’enlevait jamais. Lorsqu’elle s’était sentit seule, elle l’avait serré contre elle. Et elle avait aussi regardé la lueur de la lune la traverser, couchée au sol la nuit avant de s’endormir… Alors il était sûr que lorsqu’elle avait vu la lueur qu’Arielle reflétait, elle n’avait pu s’empêcher de la rejoindre…

- Arielle est si belle… Mais elle a vieillit beaucoup plus vite que moi…

Faraëll se sentait plus en confiance, et elle avait toujours beaucoup à dire quand c’était au sujet de quelqu’un d’autre qu’elle-même. Arielle, elle ne manquait jamais de mots à son sujet.

- Je ne m’y habitue pas encore…

Remarquant qu’elle parlait beaucoup, elle rougit un peu, gênée. Elle s’excusa, peut-être que ça ne l’intéressait pas vraiment tout cela…

- Désolée… je ne voulais pas…

Faraëll avait toujours cette manie de ne pas terminer ses phrases, ni ses sujets de conversation. Ça embêtait les autres, et aussi elle-même. Parfois elle se disait qu’il ne valait mieux de pas parler, mais quand l’on parlait d’Arielle, elle s’emportait dans de grandes élancées, et même dans sa tête tout était si poétique… Arielle, c’était sa Lune de Saphir, c’était son espoir, sa joie de vivre à elle aussi… Elle lui avait donnée une raison d’avancer, et de désirer quelque chose… Depuis Arielle, Faraëll n’était plus une errant sans but…Elle savait que l’amour existait vraiment, qu’il n’était pas seulement dans les comptes… Et tout cela la faisait sourire. Elle se reprit, ne voulant pas paraître comme si elle était malheureuse :

- Pardonnez-moi… c’est qu’Arielle… est ma raison…

Elle ne put dire le reste clairement. Une lumière beaucoup plus vive commença à éclairer leur chemin. Le sol devenait beaucoup moins abrupt. L’air devenait moins épais. Ils arrivaient bientôt aux l’aménagements, mais pour le moment ils avaient encore du chemin.
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Lun 31 Mar 2008 - 13:55

[=) moi aussi, beaucoup ~ ]

Ah, il avait un peu honte des paroles qu'il avait pu prononcer, il ne savait que dire pour detendre un peu l'atmosphere, il etait parfois si flou, parfois si efface... Il ne savait pas comment se comporter avec les gens. Associal? Sans doute, il ne se liait d'amitie que tres difficilement, et cette amitie malgre le fait qu'il la ressente comme vraie, ses "amis" le pensait froid et superficiel, alors que fallait ressentir pour qu'un sentiment soit reel? Les autres n'arrivaient pas a se taire, ils devaient absolument nourrir une conversation pour se sentir aimes. Hideki preferait le silence, ou l'on savoure tout simplement la presence de l'autre. Pas besoin du superflu. Peut-etre etait-ce pour cela qu'il avait si peu d'amis. Et au fur et a mesure il avait essaye de s'adapter, voila pourquoi il cherchait avec un certain desespoir un sujet de conversation plausible, qui ne serait pas trop ridicule... Peut-etre pour se cacher un peu du regard de la jeune fille. Dans un silence, on ne voit que l'autre, on ne se concentre que sur l'autre, alors que les paroles masquent un peu la personne et l'individualite, paradoxalement. Il aimait bien ce genre d'echanges, alors pourquoi se debattait il contre celui-ci? Peut-etre parce qu'elle lisait en lui, comme un livre ouvert.

Non pas qu'elle reussisse a franchir la barriere mentale qui menait a ses pensees, mais elle sentait ses emotions, ou les ressentait, comme si elles lui avaient appartenues. Il ne savait pas comment se conduire, avec cette personne qui s'impregnait de ses sentiments sans qu'il ne puisse l'en empecher. Elle sentait les auras, c'etait tout... Mais si lui essayait le plus possible d'en rester detache, elle, baignait dedans et les rejoignait aux siennes. Quelle etrange maniere d'agir... Mais il ne se debattait pas non plus, non pas que cela soit desagreable, leur lien n'en etait que renforce. Quel lien? Celui qui se creeait, peu a peu, entre eux. De l'amitie? Non.. c'etait un peu different. Il ne saurait tout simplement pas le definir. Ce n'etait pas.. desagreable. Et pour une fois au lieu de s'esquiver et de fermer hermetiquement ses pensees, il se laissait faire. Pourquoi pas essayer? Il pretendait la comprendre, mes sentiments ne lui etaient en effet pas etrangers. Si lui avait reussi a sortir de ses sentiments negatifs ou il s'etait enlises, il voyait qu'elle etait un peu dans le meme cas que lui il y avait quelques temps... Il ne la "connaissait " pas pour le moment, mais pourrait-il l'aider?

Non, il ne savait d'elle que la surface, elle se nommait Faraell et etait une elfe, elle s'etait liee d'amitie avec Arielle il y avait quelques annees de cela. Une amie d'amie, c'etait tout. Dans ce genre de situation on ne fait que remarquer que la coincidence et drole, on sourit nerveusement, on part, chacun de son cote, se disant que son amie a de droles d'amis. On ne se revoit pas. Eux ne partageaient pas vraiment beaucoup de mots, se partageaient, eux. Il n'etait pas clair dans ses pensees, mais finalement se laissa porter par l'aura chaleureuse de Faraell, ils s'etaient une fois de plus arretes, un peu, sans trop s'en rendre compte... ils resterent immobiles un instant, ou il s'immergea dans les emotions de Faraell.

Elle semblait heureuse, la tristesse avait quitte son coeur un instant, elle aimait ce contact privilegie qu'elle pouvait avoir avec lui, meme si pendant un instant il n'avait ete que dans un sens. C'etait une personne.. plutot heureuse de vivre, mais il discernait tres nettement pour l'avoir vue roder en lui tant d'annees le spectre de la lassitude et de la folie qui guettait. Pourquoi cette elfe qui semblait si naive avait-elle une telle part sombre en elle-meme. Cela l'intriguait mais plus, l'inquietait.... Il mit cette inquietude de cote, ce fantome n'etait qu'une trace quasiment invisible. Il ressentit la volonte que son sourire soit plus vrai. Hideki arrondit legerement les yeux, se demandant que signifiait ce souhait...Il avait tellement peu sourit, ces derniers temps, peut-etre que ce sourire sonnait creux, comme a l'epoque ou il n'avait aucune raison de sourire. Peut-etre revenait-il au meme stade, avec la perte de Cizayox, de Warui, et du seul guide qu'il avait acquis au fil du temps, cette Voix qui meme malfaisante pour les autres arrivait a lui faire tracer son chemin. Une mauvaise route, mais sans elle, il s'arretait, regardait en arriere, ne sachant plus comment continuer a tracer ce chemin avec le peu d'outils qu'il avait. Sans elle, pourrait-il sourire bien longtemps? Il verrait bien... Il s'etait soulage du fardeau de la Voix qui ne faisait que rallonger ses mefaits. Il fallait aller de l'avant, meme sans Warui. Deja, il commencait a aider un peu plus les autres. En entendant les pleurs de l'elfe, la Voix lui aurait dit de rebrousser chemin... Et en voyant cette si frele creature, il lui aurait fait utiliser la magie, histoire de l'achever et que cela l'amuse un peu, qu'il ne soit pas venu pour rien. En repensant au certain sadisme dont il pouvait etre capable quelques jours auparavant, il ne put reprimer un frisson. Heureusement... C'etait termine, a present, il etait sorti de ce mauvais pas. Il fallait juste ne plus y retomber, mais il ne ferait pas deux fois la meme erreur.

Essayant d'obeir au desir de la jeune fille, il accentua legerement son sourire, meme si il etait un peu tremblotant. Non, cela ne servait a rien, ce n'etait rien de plus qu'un artificel sourire, un rictus coince que l'on reservait pour les repas de famille enuyeux mais ou il faut se tenir bien et sembler heureux. Il n'avait pas connu cela, mais cela ne lui manquait pas tellement, a vrai dire. Elle avait pris sa main. Un frisson. Ca le genait de prendre ainsi la main d'une femme, peut-etre avait-il un peu mauvaise conscience. Il etait trop formel, de temps en temps. Oubliant cela, il recommenca a guider l'elfe a travers la grotte, faisant attention aux obstacles. Plus longtemps avant d'arriver, il entendait des bruits qui se rapprochaient, peu a peu. Une syllabe, prononcee dans un souffle, le rapella a la realite et a ce qui lui etait proche, a savoir l'elfe. Il ressentit surtout son aura se rechauffer un peu, elle qui etait un peu amere il y a si peu de temps. Peut-etre se sentait elle en securite maintenant qu'ils attegnaient l'endroit habite de la grotte. Le sol inegal les faisait marcher dans les flaques d'eau qui leur arrivait parfois a la cheville. Des bruits mouilles, les pieds qui s'extrayaient de l'eau trouble pour retrouver la terre ferme. L'aura de Faraell se ternit legerement, le fil de ses pensees semblait si inegal, on aurait dit une girouette comme lui, qui changeait, passant du sourire aux larmes en quelques secondes, en quelques pensees qui pointaient, rapellant leur existance. Puis de nouveau un sourire, de nouveau la chute, l'impact. Les elfes etaient parfois aussi lunatiques que les humains...

En parlant d'Arielle, il avait reussi a attirer un peu l'attention de Faraell. Elle semblait aimer beaucoup son amie Zafara. Leurs retrouvailles ne devaient pas etre il y a si longtemps que ca comme lors de l'exil, les Zafaras n'etaient pas avec elle, cela devait lui avoir fait tres plaisir en tous cas. La Reine etait parfois un peu amere, elle avait besoin de beaucoup de soutien, bien sur elle avait ses enfants, inombrables, mais elle avait aussi besoin d'amis. Sara, la garde Zafara, etait peut-etre peu bavarde mais l'aidait deja. Une deuxieme qui pointait son nez de nouveau devait etre une chose agreable pour la Reine ecrasee sous la responsabilite de sauver et guider son peuple jusqu'a des terres plus clementes que celles ravagees de Nascarian.

La voix flutee de Faraell sembla plus forte, resonnait un peu plus que ses reponses soufflees tres bas auparavant. Elle lui apportait beaucoup de bonheur, elle etait sa lumiere, disait elle. Peut-etre etait-ce l'aura eclatante des dieux. A cette epoque elle etait encore amnesique, et elle ne connaissait rien des tourments que la vie pouvait avoir mis sur son chemin, elle devait etre heureuse pour le moindre petit detail, telle une enfant calme. Faraell aussi brillait, comme si l'evocation de son amie lui avait enfin ramene sa lumiere et eclairait son etre, le rendant enfin vivant. Etait-ce cela, l'amitie? Meme si ils etaient tres forts, les liens qui le liaient a Arielle n'etaient sans doute pas aussi puissants que ceux qui liaient Faraell et la Reine de Nascarian. Il n'avait jamais ressenti pareil sentiment, ce besoin de l'autre qui eclairait son etre, a part peut-etre son amour pour Warui. Hideki etait emerveille par ces liens, sans les connaitre. Est-ce que les sentiments de l'elfe ressemblaient a de l'amour pour Arielle? Peut-etre, mais elle ne restait qu'une amie. Il ne comprenait pas, sans doute ne comprendrait-il jamais, mais il aimait "voir" les gens ainsi, ils rayonnaient toujours d'une douce lumiere, l'eclipsant, lui et ses soucis.

Faraell parlait d'elle comme on parlerait de celui qu'on aime, elle etait enjouee, elle disait qu'elle brillait, peut-etre comme une deesse. Des gens prendraient sans doute Faraell pour une illumine qui croit avoir vu une apparition divine. Si Arielle etait en effet une deesse, elle pouvait au moins compter sur une adepte. Vantant sa beaute, elle deplorait cependant son vieillissement. Ah, c'etait vrai, tant de temps etait passe. Lui-meme avait beaucoup vieilli, durant ce temps. Nascarian etait un temps a part, dans les aiguilles semblaient s'etre dereglees. La deesse Dresla avait peut-etre voulu isoler son continent, tant par l'eloignement que par le temps. Faraell qui l'avait vue a Fabulya avait du avoir un choc en la voyant si vieille tout d'un coup. Entre trente et quarante ans, ce n'etait pas si vieux, et pourtant... Faraell devait avoir a peu pres le meme age qu'elle auparavant.. Elle devait se reconnaitre en elle comme une egale. Arielle ne vieillirait plus a present, elle etait une deesse et avait atteint son age de maturite. Mais.. alors que Faraell n'avait du vivre qu'une ou deux annees, Arielle en avait vecu dix. Cela changeait, les mentalite n'etaient plus exactement les memes... La deesse avait pris de la maturite et la sagesse au fil du temps... Faraell s'exusa, soudainement. Le charme etait rompu, le recit enchanteur de l'elfe avait cesse, elle s'etait rendue compte qu'elle parlait seule. Mais lui l'ecoutait, plus que d'etre un emetteur tel Lethao ou Faraell, il etait l'oreille attentive qui les ecoutait. Elle ne finit pas sa phrase, peut-etre sous le coup de l'emotion. Arielle etait sa raison... Tant que cela? Sans Arielle, elle serait deroutee et abandonnee? Il n'arrivait pas a saisir les emotions qui etreingaient Faraell. Jugeant que c'etait a lui de parler, il dit, d'une voix relativement grave car assez faible


"Je vous comprend, cela doit etre un choc, mais elle ne vieillira pas plus que ca, ne vous inquietez pas, elle a avance dans la vie, mais elle n'a cesse de penser a vous, vous devez etre importante pour elle comme elle est importante pour vous."

Hideki sourit legerement, essayant de la rassurer. Il n'etait pas un grand soutien, mais il faisait de son mieux pour soigner le coeur blesse des gens.

"Pendant ce temps, j'ai ete la, et ai egalement subi les sevices du temps, si je n'avais pas ete a Nascarian, j'aurais peut-etre.. vingt cinq ans.. Oh, ca ne me rajeunit pas, tout ca ! "

Hideki s'esclaffa, il devait paraitre vieux, pour Faraell. Elle avait quoi, vingt ans, a peine? Elle etait tres jeune, meme si relativement mature pour son age, au vu de tout ce qu'elle avait vecu. Oui, il avait presque l'age d'etre son pere, cela le deroutait un peu, mais bon autant faire avec, hein. Il ne vieillirait pas non plus, mais lui n'etait pas un dieu bien heureusement. Il avait acquis cette relative immortalite au terme d'un long voyage... Tres long, tres loin, d'ou il etait revenu grace a Warui, justement, ce voysage dans la mort. Y repensant, il serra les levres, perdant un peu le sourire rayonnant qu'il avait arbore. Preferant ne pas avouer a Faraell qu'il n'etait qu'un revenant, il continua, ses yeux bleus parcourant son visage sans l'apercevoir

"Mais Arielle m'a beaucoup apporte aussi.. Oui, on peut le dire. Avant, j'etais un soldat d'Omlid, je suis devenu conseiller a Nascarian, il faut voir la difference..."

Faraell s'etait confiee, a lui de le faire, lui qui ne devoilait habituellement pas grand chose aux autres.. Mais il savait que l'elfe etait une personne de confiance. Enfin, c'etait sur que son parcours avait marque un grand virage avec sa rencontre avec Arielle. Deja il avait change de camp pour etre aux cotes de son amie,ayant enfin trouve quelqu'un qui croyait un peu en lui. Pendant ces dix ans.. Peut-etre avait-il rayonne comme Faraell rayonnait quelques instants auparvant, en y repensant, il etait si heureux qu'on reconnaisse enfin son existance, qu'on l'aime un peu, enfin, lui qui n'etait considere que comme une machine a tuer ou se faire tuer a Omlid, comme tous les autres soldats...

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Dernière édition par Hideki le Lun 31 Mar 2008 - 13:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Lun 31 Mar 2008 - 13:55

"Mais je n'etais pas digne de sa confiance, je l'ai trahie, et ai failli retirer la vie de ses enfants et de son amie magicienne. Enfin... C'est passe a present, je ne risque plus de faire cela.. Elle m'a pardonne, mais sans doute ma trahison a casse quelque chose en notre amitie..."

Oui, meme si elle ne le montrait pas, elle ne pourrait sans doute pas voir Hideki comme elle l'avait vu, en protecteur a l'ame pure et aux bonnes intentions. Oui, il s'etait debarasse de tout cela, mais il ne pouvait pas nier qu'elle se remettrait a d'autres que lui, si elle le pouvait... Les levres de Hideki s'etirerent en un sourire triste tandis qu'il concluait son recit

"Sans doute ne rayonnerai-je plus jamais dans sa vie comme elle rayonne dans la tienne."

Se detournant, il choisit de continuer leur chemin. Il n'avait pas dit au terme de quelles epreuves il avait reussi a regagner la confiance d'Arielle. Revenu en tant qu'ectoplasme, il avait quand meme reussi a la trahir avec Warui, mauvaise a ce moment. Se repentant et ayant eu le droit de revenir materiellement sur cette terre, il n'avait eu qu'un seul voeu, regagner la confiance de ses anciens amis, meme si ces amities ne seraient plus jamais comme avant. Les bruits se rapprochaient. Hideki arriva a un lieu qu'il connaissait bien enfin. Lorsqu'il posa sa botte trempe sur le sol plat et sec du couloir amenage, il suscita l'etonnement des quelques personnes qui etaient presentes. Leurs jambes etaient mouillees, un peu salies par l'humidite de la grotte et les mains du magicien s'etaient eraflees en se retenant aux rochers pour se guider, il arrivait a marcher mais etait bien un aveugle, apres tout. Les habitants connaissaient de vue l'aveugle, mais pas du tout l'elfe et devaient se demander ce que ces deux individus pouvaient bien faire dans un endroit pareil. Certains, souriant legerement, songerent qu'ils avaient voulu "etre tranquilles" en tete a tete, sans la femme du magicien. Hideki capta leurs pensees et rougit legerement, tandis que les habitants passaient leur chemin. Se retournant vers Faraell, mettant de cote les reflexions silencieuses des habitants de la grotte, il lui dit


"Ca y est, nous sommes arrives !"

Reconnaissait-elle? C'etait un des couloirs amenages, mais il fallait encore marcher un moment pour arriver jusqu'a l'exterieur qu'elle voulait atteindre, croyait-il. La grotte etait securisee mais il savait comment sortir, cela faisait deja un moment qu'il etait la, il connaissait la grotte.. presque par coeur, songea-t-il en repensant a la portion qu'il venait de decouvrir.

[ o___o deux messages? Wah ~ ]

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Mar 1 Avr 2008 - 22:30

Faraëll l’observa un moment. La lumière de plus en plus éclaircissait leurs pas lui permettant aussi de vois quelques traits de plus appartenant à Hideki. Elle voyait beaucoup plus de reflets dans ses cheveux translucides, un peu comme les siens, accompagnés des ombres linéaires qu’ils projetaient près de ses yeux inutilisés pour le moment. Elle détailla une à une les lignes visibles sur son visage pâle, celles des yeux, de la mâchoire, elle qui désignait la bouche… cette bouche qui, pendant l’instant d’un minime moment, avait tenté d’esquisser ce sourire inédit. Un sourire si léger, mais si lourd à la fois. Tant de souvenirs dans ce sourire. Pourtant, malgré qu’elle se sente égoïste de l’avoir demandé silencieusement, car elle avait bien comprit qu’il l’avait ressentit aussi… Et il avait tenté de lui faire plaisir, mais en s’essayant à quelque chose qu’il se sait déjà incapable de faire, il avait évidement rebroussé chemin… Faraëll se sentait égoïste de lui avoir imposé ces désirs-là, mais à la fois elle ne le regrettait pas. Elle savait, au plus profond d’elle-même qu’un jour, oui, un jour il pourrait vraiment lui sourire et émaner de lui cette chaleur si profondément cachée en lui. Même s’il était froid et se croyait l’être à jamais… Faraëll avait espoir qu’un jour son sourire lui permettrait à lui de respirer une immense joie de vivre et qu’il s’en souviendrait tant qu’il désirerait sourire encore et encore pour ne pas que ce moment finisse, pour ne pas perdre l’euphorie tant recherchée, ce bonheur intensifié… Tout cela, dans un simple sourire… un sourire vrai. Elle avait espoir qu’il pourrait… peut-être cet espoir semblait-il vain pour Hideki, mais l’elfe prierait pour ce moment. Peut-être voulait-elle trop de lui, mais elle aurait seulement voulut qu’il le ressente lui aussi, ce bonheur, cette rayonnance. Malgré son air sombre et délaisser du reste de monde, cet Hideki aussi lui apportait lumière… et Faraëll, même en fermant les yeux la voyait, elle pouvait l’entendre tout au fond de son être… oubliée par son détenteur, une petite lumière…C’était peut-être sa façon de montrer la reconnaissance qu’elle voulait tant lui donner, non seulement parce qu’il l’avait sauvé, mais parce qu’en étant simplement lié à elle comme cela, il lui faisait un des plus grands bien. Être seulement comprise… c’était si cher à ses yeux. Elle se promit, d’accomplir cet exploit… à tout prix. Elle ne savait pourquoi elle voulait le faire, mais l’envie d’égayer un peu le visage d’Hideki la motivait.

C’était quand même étrange, cette façon qu’ils avaient tout les deux de se baigner l’un dans l’autre comme ça. Et pourtant, ça ne semblait pas si désagréable ni pour l’un ni pour l’autre. Faraëll savait que Hideki, tout comme elle, n’était pas un grand parleur. Par contre, malgré qu’elle sache qu’il ne soit pas malintentionné de ne pas répondre, Faraëll s’inquiétait toujours de ne pas être assez bien. Elle avait peur de parler pour ne pas décevoir, elle avait peur du silence, de peur de décevoir aussi. Ce devait être pour cela qu’elle était si pensive… à force de se demander si elle devait parler ou non, son esprit s’embrouillait de souvenirs ou un méthode fonctionnait ou ne fonctionnait pas… Et puis tout créait des liens bien différents du sujet principale, jusqu’à ce que cela farfouille sa mémoire, et qu’elle en vienne à réfléchir à des souvenirs sur lesquels elle avait déjà établie plusieurs fois des conclusions bien vagues…Et ces souvenirs ramenaient en elle facilement toute une multitude d’émotions, faisant passer rapidement ses expressions faciales de la joie à la tristesse ou encore d’un air rêveur à celui d’une mélancolique.

En y repensant bien, qui avait-il de mieux comme endroit pour réfléchir à tant de chose. Pendant plusieurs minutes c’était le noir, la pénombre, les ténèbres, l’oubli du reste, le recul… Il était facile d’être porté à penser et repenser à de telles choses dans un endroit comme celui-ci, regorgeant d’un vide et modelé étroitement… Comme les confins de l’esprit, l’endroit était petit mais qui semblait vaste, noir et vide. Cet endroit quand l’on ferme les yeux, ce petit coin privé, l’ou on cache nos peurs, nos haines, nos amours, nos envies… tout cela à l’insu des autres. Et l’on en garde la clef bien encrée au profond de nous même. Depuis ce premier regard avec Hideki, celui qui l’avait rassurée et calmée, Faraëll sentait que la personne devant elle avait reçu un clef semblable à la sienne, et peut-être était-ce pour cela qu’ils s’imprégnaient aussi facilement l’un de l’autre.

Faraëll avait avoué à Hideki tout ce qu’Arielle représentait pour elle. Peut-être était-ce exagéré, mais Arielle avait été la première à vraiment l’acceptée et la prendre dans ses bras. Elle l’avait aidé à voir de nouveaux horizons, de nouvelles ethnies… Elle avait put lui montrer l’amitié et elle lui avait permit de rencontrer l’amour… Tout ce qui lui arrivait, elle le devait à Arielle, car sans elle, vraiment, elle n’aurait pas cette envie de vivre à travers tout. Après quelques années de fugue, sans rien ni personne, elle se serait probablement lassée et serait retournée à contrecœur auprès de sa mère. Probablement elle aurait droit en bien plus de réprimandes qu’à l’habitude, sa mère l’aurait encore enfermée, des jours des nuits, l’empêchant ainsi de nourrir sa passion pour le monde extérieur. Faraëll, à la différence de plusieurs elfes, voulait voyager, rencontrer les autres races, connaître le monde. Beaucoup d’elfes étaient plus du genre à reste bien au chaud dans leur ville pacifiste, ne souhaitant pas se mêler aux autres pour garder leur individualité. On les voyait comme prétentieux d’être de nature recluse, mais ce n’était pas qu’ils prétendaient être mieux que les autres, mais qu’ils préféraient vivre parmi les gens de leur espèce. D’autres elfes étaient nés voyageurs, énergiques, débordant du désir de voir outre la forêt d’Amsya. Pourtant, sans qu’elle ne sache pourquoi, sa mère la tenait enfermée à clef, depuis son enfance, se rappelait-elle. Comme si la grande reine Malrah craignait quelque chose de bien plus dangereux que sa petite fille aux envies fugitives. Et Faraëll l’avait su depuis le début. Elle ne pourrait rester en place. Elle se devait de sortir, d’admirer, de tomber et puis de se relever. Puisque son désir de vivre, l’avait-elle sentit il y a longtemps, ne se trouvait point dans le château de sa mère. Non, elle l’avait su depuis toujours, elle devait s’éloigner à tout prix pour trouver ce qu’elle cherchait, et elle n’avait pas eut tort, voilà que maintenant elle n’avait pas seulement une amie, et une famille adoptive, mais elle avait un homme pour partager sa passion, et jusqu’à ce moment précis, elle avait même pu voir en Hideki quelque chose qu’elle n’oublierait jamais.

Hideki, malgré qu’il pense que ses mots n’étaient pas bien exprimés, rassurait l’elfe en lui parlant. Oui, il avait raison, malgré l’âge qu’Arielle avait, l’importance qu’elle avait dans son cœur était la même. Peu importe. Il était sûr que pour Faraëll la situation était un peu intimidante. Elle était arrivée à Nascarian, ne se doutant de rien… Elle ne connaissait même pas l’existence des Zafaras avant sa rencontre avec la fameuse Arielle. L’elfe, avait passée des mois à perdre le contrôle d’elle-même, enfermée de nouveau à Nelta, dans un autre palais, elle avait eut si peur qu’on la ramène à sa mère, et à la fois elle avait aussi le mal de vivre seule, restreinte de sortir. Faraëll ne supportait plus d’être enfermée, elle l’avait été si souvent que les moindres dimensions qui l’enfermaient la rendaient généralement nerveuse. Elle s’était habituée au repaire, par nécessité, mais souvent, la claustrophobie, traumatisme des endroits reclus, la hantait, poussant son besoin de sortir du repaire malgré les demandes strictes et répétitives de rester à l’intérieur. Faraëll avait ce besoin de sortir, d’être dans les plus vastes endroits, pour que l’infini horizon lui permettre de ne jamais se sentir restreinte à un endroit horriblement désagréable, comme par exemple, l’endroit exacte ou l’avait trouvée Hideki. Et tout cette action, ces évènements qu’elle avait manqué, enfermé, l’intimidait. Elle était enfin arrivée à retrouver sa Lune de Saphir avec l’aide de Cloud, et déjà là-bas elle devait comprendre tous ce qui y était arrivé. Arielle, avait eut ses enfants, elle avait maintenant le statut de reine, régnait sur Nascarian avec la sagesse d’une déesse et de plus, elle avait prit beaucoup plus d’âge que la pauvre Faraëll, encore blême de sa jeunesse, présentant à peine ses dix-huit ans en humain. Tout cela était arrivé si rapidement, et puis l’elfe s’était sentie si égoïste de s’être plainte de sa souffrance à de multiple moments, alors qu’Arielle, elle, avait vécus des années et des années à l’attendre.

Elle lui sourit aussi, en retour, malgré qu’il ne le voyait probablement pas, mais elle souriait pour lui, peu importe. Elle aussi avait cette envie de le rassurer. Malgré qu’il soit plus vieux qu’elle, l’elfe ne le considérait pas autrement. Ce lien étrange qui s’était créé semblait effacer les lignes qui normalement nous éloignent des autres. Leur apparence, leur âge, leur race, leur handicap, leur passé… leur présent. Ces lignes que l’on s’efforcerait de traverser une à une pour atteindre une autre personne semblaient ne pas exister pour Faraëll, le fait qu’ils baignaient encore l’un dans l’autre avec une permission silencieuse lui donnait l’impression qu’elle avait déjà accepté tout ces faits… quoi que le passé restait un mystère, mais leur sentiments étaient tout de même partager à ce propos… Tout deux avait une certaine culpabilité concernant des choses horribles qu’ils auraient fait ou vécu dans le passé. Mais bien que Faraëll tente le plus possible d’en avoir un moindre souvenir, elle n’y arrivait pas. Pourtant, ce sentiment si clair… Était-ce seulement celui d’Hideki qui débordait? Peut-être, mais elle en doutait. Il y avait quelque chose qui clochait…

Faraëll aurait voulut dire qu’il ne paraissait pas si vieux, mais à la fois elle avait un peu peur de parler. Cette peur et cette envie de parler à la fois étaient insupportables, car elle savait pourtant ce qu’elle voulait dire, mais elle ne pouvait s’en résigner. Elle devait débattre et repenser, se demander encore et encore qu’est-ce que serait mieux, et à force du temps, les gens étaient facilement sur un nouveau sujet, gardant décisivement l’impression qu’elle n’avait rien à dire ou seulement qu’elle était trop bête pour parler. Et tout cela l’énervait à la fois, les seuls avec qui elle parlait vraiment, et encore, leurs conversations n’étaient jamais bien enrichies si ce n’était pas des consolations si importantes autant pour Arielle et Warui que pour Faraëll, c’étaient ses seules amies. Elle ne se voyait pas vraiment discuter de la sorte avec qui que ce soit d’autre. Peut-être avec Cloud, elle parlerait, elle aurait envie de lui dire tout ce qu’elle pouvait, de peur qu’il ne reparte si vite, elle aurait voulut lui raconter tout. L’écouterait-il? Lui aussi il était d’une nature assez calme, mais écouterait-il longuement sans ennuie la voix cristalline de sa bien-aimé? Et puis, avec tout cela, elle n’avait toujours rien répondu. Elle garda quand même un sourire un peu vague, caché d’ombre et de lumière, les yeux mi-clos, visiblement intéressée. Mais malgré qu’elle n’ait pas répondu, elle savait qu’il savait qu’elle l’écoutait attentivement. Peut-être était-ce pour cela qu’il avait continué ses paroles et fait de l’elfe sa confidente.

Des confidences, certes quelques peu sinistres, mais réelles. Il n’avait pas mentit à l’elfe, il aurait put, qu’est-ce que cela aurait changé dans sa vie de mentir à un elfe qu’il avait seulement retrouvée par hasard? Mais non, il lui disait, en toute confidence, cette vérité horrible et sincère, qui au fond de lui devait peser sur son cœur, l’empêchant ainsi de vivre en être heureux comme les autres. Faraëll, pouvait, lors de son récit, voir à même les images d’horreur desquelles il parlait. Omlid… On lui avait parlé d’Omlid, mais vaguement, elle savait seulement que les elfes et presque tout autres races pacifistes ou du côté du bien s’étaient rapidement restreintes de même y provoquer un de ses habitants. C’était là-bas que d’au loin on ne voyait que les nuages noircis anormalement flotter sur toute une région. Sur les cartes, on la voyait, mais rapidement on passait par-dessus… Faraëll ne savait que peu des horreurs qui s’y passaient, et déjà, avec ce mince savoir, elle pouvait facilement se sentir malade. Des nausées, faciles, tellement les images étaient claires. Effrayée, elle lâcha la main de Hideki, gênée. Elle ne voulait pas s’en éloigner, mais ce fameux lien devenait un peu trop fort lorsqu’ils avaient à peine un contact. Elle eut un air un désolée, tellement désolée… Elle ne voulait pas l’abandonner, mais elle avait lâché sa main si brusquement… Déglutinant, elle se reprit rapidement, et Hideki ayant finit son récit, elle reprit sa main entre les siennes et puis comme si elle se plaçait pour prier, elle amena la main de Hideki jusqu’à son front. Elle voulait, que même s’il ne voyait pas, il puisse la sentir au toucher. Les mains étaient froides, mais son front était chaud. C’était un geste impulsif certes, mais elle tenait à ce qu’il sache à quel point… à quel point elle ne prenait pas leur rencontre et les choses qu’il lui disait pour des choses en l’air. Faraëll se mise à parler, un peu plus qu’à son habitude, brisant le silence quelques instants. Évidement il avait dû s’arrête, puisqu’elle le retenait par la main. Comme cela, il pouvait facilement touché le symbole de sa noblesse qu’elle gardait caché sous son toupet épais. Et elle dit :

- Vous savez… moi aussi je ne suis pas sage. J’ai… j’ai fuis de chez moi, abandonné mon peuple, et je sais… tout au fond de moi qu’il y a des choses… de ces choses…

L’elfe eut un haut de cœur. Les images de son rêve passaient rapidement dans sa tête. Elle tentait de les calmer… Elle ne voulait pas les imposer à Hideki… avec cette intensité entre les deux pour les sentiments, il n’aurait pas été surprenant qu’il le voit tout aussi clairement ses images. Elle se concentra… il fallait terminer sa phrase…

- … de ces choses horribles… Pardonnez-moi, je ne sais pas comment dire… je me sens comme si j’avais été salie de… de sang… depuis toujours.

C’était la première fois qu’elle en parlait à quelqu’un d’autre qu’à la voix en elle. Même à Arielle, elle n’osait pas dire de telles choses. C’était un partie d’elle si éloignée qu’elle n’osait même pas s’en approcher un peu trop. En réalité, Faraëll n’avait pas réellement le souvenir de sa naissance… mais elle avait bel et bien goûter l’infâme amereté du sang des ses premiers pleurs…

- Je ne suis qu’une lâche… et j’erre dans ce monde, suivant de près ceux que j’aime…

« Ou que je prétends aimer… » Pensa-t-elle, comme si c’était un possibilité. Cette pensée lui semblait un peu trop sombre, et en se replaçant les idées rapidement elle continua :

- Je suis… la future souveraine des elfes.

(post no 1 XD)
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Mar 1 Avr 2008 - 22:31

Penser à cette responsabilité pesait énormément sur les épaules frêles de la princesse. Elle ne la voulait pas, elle était d’une lâcheté si grande… L’elfe relâche sa main. Elle replaça ses cheveux, afin de bien cacher le rubis sur son front. C’était son secret. Et, sans même connaître Hideki, elle le lui avait dévoilé. Arielle l’avait deviné… l’elfe s’étonnait tout de même qu’elle n’est rien dit à Hideki, quoique avant, elle souffrait aussi de cette fameuse amnésie… Elle ressentit un pincement au cœur alors qu’il disait penser que la Zafara bleue, amie commune des deux égarés, ne le voyait plus aussi pure et vrai qu’auparavant. Il était certain, qu’avec la rancune que Arielle avait, il était probable qu’elle ait encore ce mal en elle. Elle avait un grand cœur et pardonnait, mais on ne pouvait effacer les souvenirs, les morts et les trahisons. Et Faraëll comprenait qu’elle ne veuille pardonner totalement à Hideki… Tout comme elle et sa mère, demain n’était pas la veille qu’elle pardonnerait tout ce qu’elle lui avait fait subir, même si elle en apprenait enfin les vrais raisons… Faraëll pourtant, ne voulait pas voir le visage de Hideki afficher cette tristesse… et surtout, elle voulait qu’il sache, que pour l’elfe…

- Si… Si ce n’est plus dans la vie d’Arielle que vous rayonnez… vous… vous brillez dans la mienne… C’est… je sais… je suis désolée… Mais je ….vous…

« Vous me rendez réellement heureuse. » ce qu’elle était bête, incapable de dire quoi que ce soit…

- Pardon… c’est seulement étrange… je suis désolée….

Le silence était revenu. Et ils avaient reprit la marche. Elle ne demandait pas de paroles en retour… tout cela n’était pas bien grave. De toute façon, elle savait bien qu’il avait comprit, juste avec les sentiments qu’elle émanait. Oui, il la rendait heureuse… heureuse car ce lien entre eux existait. Et que tout ce que cette rencontre symbolisait, c’était une renaissance. Une nouvelle rencontre, et puis Faraëll ne lui en voulait pas de son passé, elle l’acceptait en considérant son importance. Elle espérait qu’il ne lui en voudrait pas. D’être aussi bête. Faraëll se savait comprise, et ce sentiment était de plus en plus bienfaiteur.

Une sortie se fit voir, débouchant sur un couloir bien plus clair et aménagé, avec les passants au regard pervers, méprisant un peu ou se moquant de la pair. Ils n’étaient certes pas très jolis après ce long moment dans la boue et l’humidité. Faraëll était toute tâchée. Hideki annonça qu’il était enfin sortit de l’endroit ou Faraëll s’était perdue. Un peu gênée, elle rougissait au regard des autres, ce qui ne devait pas améliorer leur pensée inappropriée concernant l’elfe et l’humain. Enfin elle le remercia :

- Merci…

La lumière l’aveuglait un peu, et la qualité de l’air la surprenait encore. Enfin, elle était sortie de la… et malgré que la grotte soit toujours aussi reclus comme endroit, au moins ce l’était moins que d’où elle revenait.

(et post no 2 T.T c'Est près de 3000 mots, pardon si je t'ai ennuyé XDD ~ calin)
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Jeu 10 Avr 2008 - 13:19

Ce voyage dans la grotte semblait comme etre un loitain souvenir a present. Le brouhaha des personnes parlant, se rendant aux boutiques souterraines ou faisant le trajet entre deux salles d'entrainement, animaient l'endroit, et donnait un peu le tournis a Hideki. Du calme plat de la grotte ou tout ce qu'on entendait etait le bruit de leur pas ou les gouttes d'eau qui tombaient du plafond pour s'ecraser au sol a l'animation de cette fin de soiree dans la partie de la grotte amenagee, cela faisait une certaine difference. Et lui qui s'etait habitue au silence etait a present baigne dans les paroles des gens les contournant, leur jetant une oeillade indiscrete, souvent amusee, ou se cotoyaient la curiosite de savoir ce qui l'avait mis dans cet etat et des idees assez lointaines de la realite concernant les deux etres. Mais l'elfe lui avait revele quelque chose qui occupait bien plus ses pensees que ces suppositions fallacieuses et qui se tairaient bientot. Hideki tourna legerement la tete vers Faraell qui venait de le remercier. Il inclina legerement la tete, pour lui faire savoir que c'etait tout naturel de l'avoir aidee. Bien entendu, cela ne le serait pas si il y avait encore la Voix, il aurait peut-etre meme tente de la tuer. A present, cette mauvaise partie de lui etait enfermee dans une epee, impuissante, elle ne faisait que l'aider, contre son gre bien entendu. A preset, il etait pret a aider, a se racheter, un peu. Comment aurait reagi la Voix au fond de lui en apprenant ce que Faraell venait de lui apprendre, juste avant d'etre sortis de la grotte sauvage? Il l'aurait sans doute tuee, ou alors il aurait plus certainement pense a comment faire profit de la naivete maladive de l'elfe pour ses propres interets.

Au debut de la declaration de l'elfe, elle avait dit qu'elle avait fui son peuple. Il avait pense a cet instant qu'elle avait en quelque sorte trahi le clan des elfes en s'alliant a une Zafara, ou quelque chose comme ca. Il ne connaissait pas bien les moeurs des elfes qui ne faisaient pas partie de la communaute des assassins. Mais en aucun cas il n'aurait pu imaginer... L'elfe semblait inquiete, desequilibree par ces choses qui la tourmentaient, qu'elle n'avait pas reussi a avouerdans un premier temps. Un silence. Hideki l'avait laissee du temps, peut-etre n'etait ce pas si facile a dire, cela semblait en tous cas l'effrayer au plus haut point. Comme si elle avait peur d'elle-meme, il avait ressenti cette sorte particuliere de peur dans le coeur de la jeune fille. Lui-meme l'avait ressentie souvent, lorsqu'il ne savait pas ce qu'il serait capable de faire sous l'emprise de la voix.. Lorsqu'il avait conscience d'elle car parfois elle prenait le pas sur son propre comportement dit "habituel", le corrompait au pls haut point.. L'elfe avait ferme un peu son coeur, comme inquiete, comme si ce melange de leurs sentiments commencait a lui faire un peu peur. Il l'avait incite silencieusement a continuer, priant pour qu'elle ne coupe pas totalement leur lien, un magicien ou une magicienne etait bien capable de le faire. Cependant ce qu'elle pensa ne lui avait pas echappe. Des images claires, crues. Du sang.. un homme, une ombre? Il n'avait pas reussi a le distinguer, il etait loin, mais sa puissance etait forte. Qu'etait-ce? Un frisson l'avait parcouru, Faraell avait pu peut-etre noter ses yeux bleus un peu troubles par cette vision. Puis elle avait calme ces visions, comme pour ne pas qu'il les voit ou s'en inquiete. Alors qu'il avait voulu dire quelque chose, elle avait finalement continue, peinant a chaque mot, chaque syllabe... Mais elle avait finalement fait comprendre qu'elle se sentait souillee, depuis toujours. Souillee de sang. Hideki avait hausse legerement les sourcils, se demandant comment reagir face a une telle declaration de la part d'une elfe qui semblait si fragile, si gracile qu'on aurait pu la briser simplement en l'enserrant de ses bras... Il avait d'ailleurs eu peur tout le trajet qu'elle trebuche et se fasse mal. Se pourrait-il que derriere ce masque enfantin, il y aie l'ame d'une tueuse? Mais tout etait possible, derriere son visage d'ange, il y avait bien la voix, auparavant. Se l'etait-elle creee de toutes pieces, comme lui? Ou etait-ce une cause annexe?

Le regard vide de Hideki se posa sur la jeune femme aux blonds cheveux. Son chagrin semblait lui echapper. Lui qui n'avait vu que la jeune fille rayonnante, un peu naive, au travers des recits d'Arielle avait trouve une elfe devastee pour une raison qu'il n'arivait pas a saisir. Peut-etre en entrant encore un peu plus loin dans ses pensees? Il n'osait pas, ou plutot il ne pensait pas qu'elle l'accepte et le prenne bien. Il n'avait pas a s'occuper des affaires qui n'etaient pas les siennes, n'est ce pas? Cependant, il se sentait si proche de l'elfe qu'il ne voulait que l'aider, ne serait-ce qu'un peu, ou oter cette ombre qui rodait pres d'elle, et qu'il n'arrivait pas a identifier malgre ses sens magiques. Mais les soudaines paroles qu'elle avait prononce, telles une sentence, l'avait plus ou moins choque. Elle etait la princesse des elfes. Une expression de profonde surprise avait marque le visage du jeune homme. Il avait cherche le regard de Faraell, meme si il savait pertinemment que leurs regards ne se rencontreraient jamais. Une princesse, elle? Etait-ce dans le cadre d'une rencontre royale que les deux princesses s'etaient rencontrees? Non, il ne pensait pas, il songeait simplement que l'elfe etait une personne qui avait vu Arielle et lui avait porte aide. Une.. princesse... Il n'osait pas tellement le croire. Et portant la main a ses cheveux, il avait devine qu'il y avait quelque chose. Le magicien avait tendu la main, pour toucher delicatement, veillant a ne pas faire un geste de travers, le front de l'elfe. Il avait senti du bout de ses doigts froids, sous sa frange, un rubis, une petite bosse, un diademe? Elle semblait vouloir le cacher, comme si cela pouvait lui etre nuisible, c'etait un symbole royal, sans doute. Avec un aveugle, pas tant que ca, avait-il songe avec un sourire, mais il etait vrai que d'autres pouvaient certainement econnaitre cela si il etait lourd de sens. Hideki avait retire sa main, ne voulant pas importuner la demoiselle plus longtemps. Faraell avait semble triste, venait-elle de se rendre compte qu'elle avait devoile quelque chose d'important a un inconnu? Hideki pensa qu'elle devait cacher cette information, comme elle n'etait pas escortee de tout ce qui entoure une princesse en temps normal... Mais pourquoi? Il ne s'etait pas donne le droit de le demander, elle le dirait si elle le souhaitait, apres tout.

Elle avait fini par rompre le silence qui s'etait installe entre eux, balbutiant quelque chose a quoi Hideki ne s'etait pas attendu non plus. Elle avait le don de le surprendre malgre le lien qui s'etait plus ou moins installe entre eux, etrangement, comme naturellement, alors qu'ils etaient etrangers et qu'ils ne se connaissaient pas le moins du monde, hors des recits que pouvait rapporter Arielle a l'un ou a l'autre. Faraell lui avait dit simplement, hesitant comme si elle faisait une declaration d'amour, qu'il brillait dans sa vie. Mais, il lui etait presque totalement inconnu, comment pouvait-elle dire une telle chose a quelqu'un qu'elle connaissait a peine, comment pouvait-elle faire preuve d'autant de franchise, aussi vite? Hideki tentait toujours de scruter le visage de la princesse elfique, comme si il pouvait la voir, la transpercer du regard en quete d'explications. Pourquoi tenait-elle a lui? Il avait pense qu'elle faisait trop confiance, aveuglement... Et alors qu'elle avait semble vouloir donner une explication plus precise, elle s'interrompit, pour s'excuser. Hideki etait un peu perdu, elle aussi. mais cette declaration n'etait pas tombee dans l'oreille d'un sourd, il s'etait legerement, n'osant rien repondre a la jeune fille, craignant de faire une betise en repliquant. Le silence s'etait alors fait jusqu'a la sortie, ou Hideki avait repense a tout cela. Les passants les depassait, ils etaient immobiles juste a la sortie de la grotte. Etait-ce uneautre monde, il s'y sentait a present un peu etranger. La situation privilegiee dont il avait beneficie avait Faraell l'avait submerge, il s'y etait habitue. La, leurs pensees se perdaient au fil de la foule, ils ne pouvaient plus ressentir aussi profondement les emotions de l'autre. Etait-ce un soulagement ou une perte, peut-etre un peu des deux, ce genre de moment etait fatiguant, pour l'esprit, et il puisait un peu d'energie, se laissant porter par l'anonymat de la foule. La princesse le remercia d'une petite voix. Que faire a present...Ah, oui, elle voulait sortir. Il y avait d'innombrables sorties ici, mais il songea a quelque chose, ils verraient apres. Suivant ce court moment d'immobilite, Hideki prit la main diaphane de Faraell et lui emboita le pas, la conduisant a travers les gens, qui se faisaient neanmoins de plus en plus rares a cette heure-ci de la journee.

Le brouaha etait assez penible pour un aveugle qui avait generalement l'ouie plus fine que d'autres et etait rapidement fatigue. Hideki en faisait partie et il n'avai qu'une hae, trouver vite un endroit plus calme. Neanmoins il n'alla pas trop vite, il voulait que Faraell grave le chemin qu'il prenait dans son esprit. Le magicien prenait le plus simple possible avec le moins de virages a faire. Il avait une idee fixe sur ce qu'il fallait faire a ce moment et emmenait l'elfe sans plus d'explication que ca. Les mots de l'elfe lui parcouraient l'esprit. Elle tenait a lui...Elle etait la princesse. Si elle etait la princesse, alors il fallait a tout prix eviter que des elfes la reconnaissent. Son visage devait etre connu, et peut-etre que quelques voyageurs pourraient temoigner. Il ne savait pas si ce qu'il faisait etait bien, ni si il etait pas un peu en tort.. Ou un peu hors la loi. Bah, il l'etait deja, et puis la princesse de son royaume devaste par la guerre avait bien le droit de chercher l'anonymat pour sa securite. Il forca donc un peu le pas, fuyant la foule qui s'arretait aux salles les plus frequentees. Enfin, ils atteignaient le quartier des appartement. Les doigts du Traceur arpentaient nerveusement les mosaiques representant des arbres. Il savait que ces mosaiques pouvaient etre activees tels de terribles pieges mais la, elles etaient inoffensives, tout simplement douces au toucher, les petits carreaux formant sans doute un paysage grandiose, mais qu'il ne pourrait pas voir. Faraell etait peut-etre en train de le voir d'ailleurs. Peut-etre voyait-elle les colonnades sculptees, les mosaiques et peintures sur les murs, on aurait dit un lieu de rencontres ou un palais... Ces beaux travaux n'etaient visibles que dans certaines portions du batiment, celles qui etaient a securiser le plus possible comme aux alentours des salles d'entrainement ou des appartements des maitres assassins ou de l'Ombre Lethao. Ils finirent par arriver dans un couloir un peu plus modeste, Hideki s'arreta devant une porte, souriant a Faraell, pour lui dire


"Voila, est-ce que vous saurez vous guider a present? Ici, c'est la chambre de la Reine.. Mais je n'se pas la deranger, allons plutot dehors, vous sembliez pressee."

Hideki tourna les talons pour revenir un peu sur ses pas et prendre une autre bifurcation. La sortie n'etait pas tres loin, ils n'auraient pas a marcher beaucoup. Il esperait simplement que les gardes les liasseraient passer, il y avait une plage horaire tres precise pour pouvoir sortir de la grotte avec autorisation. Ils arriverent enfin a la sortie, nu peu en surplomb, le terrain redevenant accidente pour camoufler la partie habitee de la grotte. Ils croiserent des assassins a qui il demanda si ils pouvaient sortir. Celui qui etait en face de lui le jaugea du regard, histoire d'evaluer ses pouvoirs magiques, et reconnut plus ou moins l'apprenti de Lethao, de vue et de sa reputation d'aveugle. Il paraissait qu'il avait de grands pouvoirs, cela aiderait pour le laisser sortir. Apres un instant de silence gene ou Hideki se demandait un peu si ils les laisseraient passer, le garde finit par annoncer qu'il pouvait les laisser passer dans deux petites minutes, histoire de s'assurer que les sentinelles etant passees par la il y avait peu de temps se soient bien eloignees. Hideki opina de la tete et s'assit sur un rebord rocheux. Silence... Il posa sa main sur ce qu'il crut etre de la pierre, il ne retrouva que le contact de la main de l'elfe sur la sienne. Il voulut la retirer, gene, mais finit par laisser sa main sur celle de la princesse. Apres s'etre un peu eclairci la gorge, il tourna la tete vers elle et lui sourit doucement. Ne reflechissant plus, il lui dit

"Je... Merci beaucoup pour ce que vous m'avez dit, tout a l'heure."

Etait-ce vraiment utile? N'etait-ce que des paroles en l'air, qui ne servaient plus a rien, n'etait-ce alors qu'un pretexte pour briser le silence?... Il ne maniait pas bien les mots, il le savait, et s'en mordit legerement la levre inferieure, nerveux. Elle s'etait attache a lui, mais il ne fallait pas, il ne fallait pas que sa lumiere brille autant... Il devait se faire oublier, pourquoi avait-il le reflexe de s'attacher aux gens qu'il rencontrait? Amerement, il retira sa main, comme a regrets, avant de continuer

"Il ne fallait pas vous excuser, cela m'a fait vraiment.. tres plaisir..."

Oui, malgre la surprise que cela lui avait occasionne, il avait apprecie cette proximite qui les avait lies dans la grotte. Pour une fois, le magicien avait un peu d'utilite, si il rechauffait un peu le coeur de la princesse en fuite. Il ne s'y faisait pas trop... Ce sang royal les distancerait-il? Elle etait une princesse, la plus haute distinction pour une jeune fille. Lui etait le descendant d'une des grandes familles de Koori et y etait un noble mais non seulement il etait dechu de son titre, mais il n'etait qu'un sujet, un "proletaire" en quelque sorte. Cela ne le genait pas plus que ca, mais elle, s'y ferait-elle? L'homme sembla vouloir eviter de fixer Faraell et prit une decision. Il fallait le lui dire...

"Mais... Il vaudrait mieux que vous ne vous liiez pas trop a moi, je..."

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Jeu 10 Avr 2008 - 13:30

A ce moment, l'assassin lui tapa sur l'epaule, lui faisant comprendre que c'etait le moment d'y aller. Il ne finit pas sa phrase, pas devant un autre, il ne voulait pas que ca se sache et puis.. il ne savait plus si il devait vraiment le lui dire, qu'il n'etait qu'un fantome ephemere... Qu'il ne fallait pas s'attacher car il risquerait de disparaitre, bientot. Hideki ferma les yeux, anxieux, tandis que l'assassin ui expliqua coment proceder. Il faudrait qu'il camoufle leurs auras. Cela lui serait facile, il n'aurait meme pas a user de sa magie pour cela. L'assassin regarda dehors, avancant de quelques metres pour apercevoir la nature, puis dit aux deux autres qu'ils pouvaient y aller. Hideki lanca un petit regard a Faraell pour s'excuser silencisuement, il n'avait pas eu le courage de finir sa phrase, il pourrait peut-etre lui dire plus tard. De toutes manieres, il ne faudrait pas qu'il traine trop, sinon elle s'attacherait trop a lui. Et si... Et si malgre cela elle continuait a lui parler, a vouloir etre son amie? Il la laisserait faie, il ne pouvait que la prevenir.. Et il cherchait aussi un peu de chaleur, de temps en temps. Warui etait morte, il n'avait plus que ses amis pour le reconforter, le prendre dans leurs bras, simplement lui dire des mots rassurants. Maintenant qu'il avait des amis.. pourquoi vouloir les perdre? Hideki proposa sa main a la future souveraine des elfes, avant de marcher a travers les couloirs tortueux de la fin de la grotte qui ressemblait etrangement un peu a la grotte inhabitee dans laquelle ils avaient passe du temps. Cela n'etait pas desagreable, il avait presque l'impression que cet endroit etait plus rassurant que les couloirs plein de monde. Lorsqu'ils furent a deux ou trois metres de la sortie, Hideki put sentir la fraicheur de l'exterieur et un petit bruit continu auquel il ne fit pas tres attention, il devait a present user de sa magie. Se concentrant, gardant les yeux fermes, il fit disparaitre leurs auras, les camouflant pour les rendre invisibles aux sens magiques. Il fallait faire vite pour s'eloigner de la cachette a present, ils ne devaient pas etre vus a cet endroit, cela serait tres risque. Ils finirent par sortir et Hideki comprit instantanement la source du petit bruit qu'il avait percu. Il pleuvait, et ce n'etait pas un petit crachin, c'etait une bonne pluie... Ils furent trempes tres vite, et Hideki songea qu'il valait mieux aller un peu plus loin relativement vite si ils ne voulaient pas attraper une quelconque maladie. Commencant a trottiner dans l'herbe mouillee, n'allant pas trop vite pour permettre a Faraell de le suivre aisement meme avec sa robe qui devait entraver quelque peu ses mouvement, il allait dans une direction tout aussi quelconque, le seul fait important a ce moment etant de s'eloigner. Ils continuerent ainsi pendant un peu plus de cent metres de course, avant qu'Hideki decide de s'arreter, a l'ombre d'un grand arbre.

Il ne savait pas bien quelle heure il etait, sans doute assez tard, mais meme si il voyait il ne pourrait certainement pas se rendre compte de l'heure qu'il etait non plus, avec les nuages qui parcouraient sans doute le ciel et qui rendaient le paysage obscur, comme voile de noir. Ca devait etre joli... Ils stopperent leur chemin. Hideki se sentait completement trempe et degoulinant de partout. Malgre leur trajet La ramure de l'arbre etait si epaisse que seules quelques goutelettes parvenaient a mouiler la terre en dessous. C'etait un endroit tranquille, au moins.. D'abord, se secher. Hideki prit ses cheveux pour les essorer longuement, jusqu'a ce qu'ils soient un peu moins charges d'eau, puis fit la meme chose pour ses vetements. De l'eau coulait dans ses bottes, c'etait desagreable, il les ota pour les vider. C'etait une sacree averse.. Ils resteraient la, ca devrait se calmer un peu bientot, meme si il continuerait de pleuvoir ca serait moins fort, on aurait dit la fin du monde! Le jeune homme finit par s'adosser a l'arbre, pieds nus, laissant ses bottes secher un peu.

C'est alors qu'il regarda Faraell, pour lui sourire legerement, puis une question s'imposa a son esprit. Et maintenant, qu'allaient-ils faire? Ils etaient dehors, et apres? Faraell ne voulait certainement pas juste profiter de la pluie. Il finit par la lui poser


"Au fait... pourquoi vouliez-vous sortir?"

Toujours ce ton tres poli, il n'osait pas tutoyer une princesse et puis lorsqu'il ne connaissait pas bien une personne il n'arrivait pas a se rapprocher facilement. Mais que fairea present, attendait-elle quelqu'un, pour venir jusqu'ici? Hideki sentait le long de ses doigts le doux toucher de l'ecorce, ayant une pensee pour les arbres magiques qu'il avait recherche, pendant un moment, etant encore un gamin irresposable. Avait-il reellement, grandi? Il ne savait pas trop.. Mais meme si la pluie semblait melancolique.. cela le reconfortait un peu. En esperant que rien ne vienne deranger leur quietude...

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Dernière édition par Hideki le Ven 11 Avr 2008 - 9:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Ven 11 Avr 2008 - 8:42

Étrangement Faraëll se disait à elle-même « déjà »… Il y avait cette part d’elle qui avait si peur qui répétait avec vigueur, loin en elle, un grand Merci, et Enfin, mais elle s’était tout de même bien exclamée un « déjà ». Déjà, alors qu’elle avait eut si peur, ça pouvait paraître étrange, mais elle sentait une certaine déception à ne plus jouir de la solitude privilégiée qu’elle avait eut avec Hideki quelque minutes avant, au fond de cette grotte si sombre, horriblement ténébreuse et moite, allégorie de ses peurs liées à ces journées d’enfermement dans son enfance… Mais malgré tout cela, Faraëll s’était habituée au lien, et malgré les dernières longueurs de la grotte, ramenant la lumière et la vie de l’extérieur, elle l’avait apprécié, ce lien. Par contre, ses souvenirs et sa révélation semblait trotté comme une affirmation à laquelle on ne peut cesser de chercher une réponse, dans l’esprit de l’homme… Elle se sentait honteuse, peut-être n’aurait-elle pas dut… mais pourtant… elle se sentait si près de lui qu’elle ne pouvait lui mentir. Et c’était peut-être un défaut de l’elfe, sa sincérité cinglante et sa confiance aveugle. Quoiqu’il y ait vraiment quelque chose qui la poussait à dire cette vérité crue, et c’était ce fameux lien entre eux. Ce lien qui lui dévoilait aussi que Hideki avait le même sentiment d’exil et aussi une certaine honte de son passé… Sa révélation l’avait probablement choqué, mais il gardait tout cela plus pour lui. D’un autre point de vue, en sachant cela, il comprendrait sûrement les habitudes un peu furtives de l’elfe. Et justement, puisqu’il allait être un moment dans la foule… Il ne fallait pas qu’on la reconnaisse. En repensant à cela Faraëll avait de plus bel tiré les cheveux pour qu’ils recouvrent encore plus son front. Elle se souvenait de ce moment, pourtant pas si loin, ou il avait tâté son front en recherche de la preuve que Faraëll lui donnait de sa noblesse. Et ses doigts, pourtant si froid, c’était à en frissonner, mais à la fois, à ce moment, la gêne l’avait emporté et s’était installée vite fait sur les joues de l’elfe. Il y avait si longtemps… Qu’elle avait eut un contact humain. Le dernier étant Cloud, et Faraëll se souvenait toujours aussi bien de la douceur de ses lèvres pressées contre les siennes… Elle se mordait souvent la lèvre, essayant d’imiter l’intensité de ce contact avec la douleur. Avec les Zafaras, elle serrait Arielle dans ses bras, et les enfants, mais une ou des dizaines de Zafaras ne valaient pas encore le sentiment étrange et énigmatique qu’un seul contact humain amenait. Et les doigts d’Hideki, glissant sur son front un peu humide et froid à cause de l’endroit et de la sueur qu’elle avait dégagée par peur, cette caresse sans qu’il y ait pourtant un lien affectif comme celui de la princesse et Cloud, avait pourtant eut cet effet si incompréhensible…

Faraëll ne savait lire autres choses que les sentiments d’Hideki, de ce fait, elle non plus ne s’incrusta pas dans ses pensées. Faraëll, elle aussi, s’était perdue dans les siennes de toutes façons. Elle ne cessait de repenser à ce sourire qu’il avait esquissé… c’était si chaleureux, à la fois si froid. Elle se demandait encore pourquoi cette envie de l’aider, de le rendre heureux l’obsédait tant… Il n’y avait pas seulement que cette compréhension entre eux, mais aussi ce désir de donner à l’autre une partie encrée au plus profond de soi, quelque chose ayant la ressemblance d’un morceau de son âme…

Toutes ces révélations avaient amené ces souvenirs d’une enfant née au milieu de ce sang et de cette l’angoisse que la guerre et la mortalité dressaient sur la ville. Car c’était dans ce temps de guerre et d’horreur que la petite elfe avait vu le jour. C’était l’un des rares attaques menés sur Amsya, rare jusqu’à aujourd’hui, et c’était là ou Malrah avait donné naissance à la princesse. Une journée froide, pas seulement parce que la mort rodait dans la ville, mais aussi parce que sa température automnale normalement tiède tirait plus rapidement qu’à l’habitude sur l’hiver. Et ce jour-là, la première neige avait tombée, bien avant son temps. Et le peuple le savait déjà, c’était un mauvais présage qu’à Amsya la température soit aussi instable… Ce jour maudit, ou la mort de son frère et la disparition de son mari, tout cela entourant l’enfant qu’elle venait de mettre au monde, ce jour-là… restait dans la mémoire de tous, gravé d’images horrifiantes, laissant à la grande reine Malrah et à son innocente petite fille des séquelles irréparables. Ce jour avait engendré la folie de la reine, sa paranoïa et pendant plusieurs années elle n’avait pu veiller sur son royaume tellement le traumatisme de l’évènement était grave. Elle n’avait pas oublié les images sanglantes de son frère, et le sourire serein, on pourrait même dire sadique, que son amant avait affiché juste avant de lui faire part de ses mensonges. Et la pauvre Malrah, folle, n’avait pas pu s’en sortir avant bien longtemps. Elle n’avait que son peuple pour se détendre, ses responsabilités pour penser à autre chose. Les conseillers avaient pensé à la remplacer par la princesse aussitôt qu’elle pourrait régner, même si c’était un jeune âge, car l’état de la reine ne s’améliorait pas, mais Malrah s’y était encore plus opposée et avait rapidement reprit le trône malgré son état quasi invalide. On l’entendait hurlé le prénom de son frère et de son amant disparu, et dans ses moments de vive fureur, elle ordonnait que l’on enferme sa fille. Personne n’était au courrant de ce qui pouvait bien troubler la reine Malrah… c’était un secret qui dans la folie elle emportait. Avec le temps elle s’était calmée, puisque ses doutes ne s’étaient révélés que de vagues idées paranoïaques. Elle finit par se convaincre qu’il n’arriverait rien et se mise à régner en bonne reine qu’elle fut toujours pour son peuple, tout en gardant un œil sur sa fille. Mais la petite Faraëll avait fuit, bien plus vite qu’elle ne le pensait…

Et c’était toute cette histoire, laquelle Faraëll avait vécu dans l’ignorance de la vérité. Elle n’avait que subit les fureurs de sa mère, ses discours sur les responsabilités, ses ordres, ses réprimandes et le pire était cette solitude forcée, cet emprisonnement qui n’avait pas de sens. Pourquoi l’enfermait-elle? Pourquoi l’haïssait-elle? Pourquoi voyait-elle ces moments d’horreur et de massacre… comme s’ils avaient été de réels souvenirs? Faraëll l’ignorait, elle avait toujours été dans l’insouciance de toute la réalité. C’était peut-être pour ça qu’elle rêvait sans cesse, elle rêvassait oui… Elle avait déjà, toute jeune, commencer à lire « ces sottises » selon sa mère, les romans et les atlas, les histoires d’aventures et de fantaisies… Elle avait eut, un moment, un intérêt particulier pour les histoires horribles, des sources mêmes des ténèbres… Une perversion qu’elle n’avait toujours pas comprise, mais malgré après avoir lu de telles horreurs, elle regagnait facilement son air enfantin, innocent de toutes ces choses… parfois elle ne s’en souvenait même pas… L’elfe lisait sur l’histoire, elle était tout de même instruite, malgré les apparences un peu bête qu’elle donnait, elle avait lu l’histoire et ses guerres continuelles, n’ayant jamais comprit pourquoi certaines pages avaient étés arrachées à même le livre… Sa mère, elle s’en souvenait, était souvent venue dans sa bibliothèque, des nuits que Faraëll y allait clandestinement, et elle devait se cacher alors qu’elle entendait les pas douteux de sa mère. Elle l’avait vu brûler des lettres… des tonnes de lettres. Avec son air hautain et sérieux, son air intouchable, remplit d’une certaine sagesse qu’on savait qu’elle avait acquit au fil d’expériences souffrantes.

C’était plusieurs pensées qui la tourmentaient jusqu’à la sortie, tous ces « pourquoi » qui depuis toujours étaient restés sans réponses. Elle brisait facilement son allure pure et innocente, déjà à travers son statut qu’elle fuyait, et entre autre avec toutes ces images toujours imprégnées comme une tâche d’encre noire… Enfin… Tout cela, c’était avec la grotte, tunnel non aménagée dans laquelle elle s’était perdue et que miraculeusement on l’avait trouvée… « Déjà » qu’elle se disait. Déjà ils étaient sortis… Et le lien entre eux se brouillait, plus les gens passaient, dans le brouillard de ces multiples nouvelles émotions. Souvent d’importance faible, mais ce qui régnait surtout à travers les réfugiés, c’était cette constante peur d’être découvert… Malgré qu’on fasse confiance, les temps n’étaient pas faciles et on ne savait jamais quand une attaque pouvait être menée. On n’était jamais totalement sécurisé et la peur régnait quand même. Des sentiments forts. Faraëll essayait de se fermer, mais elle était trop déconcentrée et puis elle s’était complètement défaite de ses défenses pour que les deux êtres soient l’un dans l’autre comme cela. Pour elle ce n’était pas toujours facile de vivre à travers les autres, malgré qu’il n’en est pas beaucoup, elle devinait autant les mauvais que les bons sentiments. Surprise, elle sentit la main de l’aveugle, qui demandait la sienne. Elle la lui donna, oubliant vite toutes ces pensées qui l’avaient agacée pendant le silence de la dernière ligne droite avant de sortir. Elle oublia aussi les gens autour, regagnant le contact avec Hideki, qui l’aidait à centraliser ses émotions et à se concentrer sur les siennes au lieu de celles un peu plus futiles des autres. Faraëll suivit de près Hideki, il n’allait pas trop vite, c’était galant. Elle sourit, un peu rassurée quand même d’être hors d’un endroit qui l’aurait probablement entraînée dans une mort lente et certaine, mais elle se demandait ce qui allait arriver maintenant qu’ils étaient sortis. Elle ne voulait pas le quitter maintenant, elle se sentait toujours bien, en ce moment, tenant sa main. Faraëll comprit qu’il l’aidait à se concentrer pour revenir sur ses pas les prochaines fois. Elle se sentit un peu égoïste de penser qu’elle aurait aimé qu’il soit en sa présence chaque fois qu’elle se perd… c’était une pensée bien bête, elle se devait de se débrouiller toute seule, elle se devait d’être mature maintenant. Mais Faraëll avait toujours ce petit côté d’enfant, celui qui ne veut pas renoncer, cette conviction immature que nos désirs ont toujours raison de nous. Elle n’avait pas voulut grandir. Émotionnellement, elle avait passé à travers les sentiments les plus obscurs depuis bien longtemps, mais le bonheur lui était encore quelque chose d’impressionnant… Hideki s’inquiétait? Peut-être que sachant qu’il trimbalait, sans grandes cérémonies, la princesse des elfes l’intimidait un peu… Elle ne savait pas, mais elle remarqua néanmoins que les deux n’avaient pas croisés d’elfes sur leur route. Faraëll savait qu’il en vivait quelque uns dans le repère, et justement pour cette raison elle ne sortait que rarement du coin réservé pour les Zafaras… elle ne devait pas s’exposer. Enfin, probablement que l’on ne la reconnaîtrait même pas, avec autant de boue sur elle et ses cheveux perdant leur blond avec la poussière qu’il y avait dedans, sans parler de sa coiffure totalement négligée… Tout en divaguant un peu dans ses pensées, elle garda conscience qu’Hideki l’aidait à se retrouver et de ce fait même elle commença à détailler les endroits avec des points repères jusqu’à ce qu’il arrive à la chambre d’Arielle. Hideki lui avait sourit à ce moment, et ses yeux vides la regardaient comme s’il la voyait. Faraëll sourit elle aussi. Elle était reconnaissante et le remercia encore pour s’attarder à la guider. Il aurait pu partir depuis le moment ou ils étaient sortis de la partie qui n’était pas aménagée, mais il l’avait guidé, et il proposait la guider jusque dehors aussi. L’elfe eut un air surpris… Il s’en était souvenu… Elle sourit, le remercia encore :

- Vous… vous n’êtes pas obligé… vous en faite déjà beaucoup…

La complicité de la grotte avait un peu disparu pendant ces moments où la quête prenait possession de toutes leurs conversations et entre autre de leur concentration. Surtout pour Hideki qui ne voyait pas, la concentration était de mise. Faraëll recherchait toujours les points repères, comptant aussi ses pas, calculant un peu la distance… Pourtant elle ne sentait pas encore tout à fait sécurisée avec tous ces calculs… Elle se savait désorientée et comme toujours elle ne se souviendrait pas de la différence entre le Nord et le Sud… c’était sans doute comme ça qu’elle avait aboutit à Nelta, la première fois, elle avait beau tenté de se souvenirs des cartes qu’elle avait regardées, mais elle n’arrivait toujours pas à replacer les bonnes régions… Le monde était si grand… Malgré qu’elle ait dit à Hideki, contrairement à son désir de continuer avec lui, qu’il n’était pas dans l’obligation de la conduire, elle se laissa mener sans aucunes résistances. Leurs pas devenaient un peu pesants, puisque cela faisait longtemps qu’ils marchaient, mais bien vite ils arrivèrent près d’une sortie. Faraëll ressentit en elle un pincement, arrivait-elle trop tard? Elle commença à se demander si Cloud l’avait bien entendue, et se demandait encore si elle avait vraiment envoyé ce message. Les yeux fermés, elle se souvint de la lune qui brillait bien haut, et du vent frisquet qui avait frôlé ses chevilles alors qu’accroupie elle chuchotait les mots pour son amour… Elle ouvrit les yeux, se convaincant qu’elle l’avait vraiment fait. La raison pourquoi elle voulait tant aller dehors était futile, mais elle y tenait quand même… car elle l’avait promis dans ce message, si elle n’y allait pas… et qu’il ne la voyait pas? Allait-il repartir… ou pire, allait-il… l’abandonner? Elle savait, Cloud n’avait aucunes obligations envers elle… la princesse se sentit soudainement d’une humeur un peu sombre, se rappelant encore de cette conversation avec la voix intérieure, elle lui disait de ne pas lui faire confiance… de s’en méfier… Leur arrivée à la sortie la fit changer d’idée, alors qu’elle entrevit les gardes, elle baissa la tête, laissant ses cheveux tomber jusqu’à mêmes ses yeux… Ils passèrent après quelques mots que Hideki échangea avec les gardes, et ils purent enfin aller s’asseoir un moment. Un sentiment de soulagement se fit sentir, surtout dans son dos et son cou. Ça faisait du bien de se reposer un peu. Mais avec les gardes, même s’ils étaient dehors… Elle ne pourrait pas s’éloigner comme voulut…
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Ven 11 Avr 2008 - 9:06

Et, la surprenant encore, Hideki avait glissé sa main sur la sienne. Faraëll avait rougit instantanément, ne s’attendant pas à cela, mais ne trouvant tout de même pas le contact inconfortable. Elle s’était demandée s’il avait seulement déposé sa main au hasard comme cela, ou s’il avait cherché la main de l’elfe… Bref ce n’était pas très important, elle se laissa faire, et détendit les muscles de sa main qui s’étaient un peu crispé sous la surprise. D’un coup, elle avait complètement oublié ses inquiétudes à propos de son histoire de message et la vraie raison pour laquelle elle avait besoin d’être dehors. Alors qu’elle regardait le bout de ses orteils, fixant la terre rocailleuse sous ceux-ci, Hideki demanda un peu l’attention en éclaircissant un peu sa voix et puis il tourna la tête et lui sourit… Faraëll le regarda dans les yeux, ses yeux à moitié clos, fixes dans leur orbite, et se sourire énigmatique. Elle se dit à elle-même à quel point elle aimait ce sourire… un sourire fragile, entre la vérité et le mensonge… comme le sien. À l’étonnement de l’elfe, il répondit enfin à ces mots qu’elle lui avait dit. Ce qu’elle avait dit pour lui, cette affection qu’elle lui portait, cette étrange affection incomprise… Elle lui avait dit, un peu sous l’impulsion, qu’il était lumière dans ses yeux, que lui aussi brillait comme Arielle… Et il… il la remerciait, il disait que ces compliments lui avait plus… Faraëll ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire chaleureux. Ces remerciements la rendaient heureuse. Mais il reprit sa main pour lui bien vite, et puis insista qu’elle n’avait pas à s’excuser. Faraëll recommença à fixer ses pieds nus. Bien qu’elle fut proche de l’humain, elle n’arrivait pas trop à comprendre tout les sentiments qu’il ressentait. L’endroit était beaucoup plus ample, les sentiments s’échappaient au travers du vaste monde… Dans la grotte il était facile de ne se concentrer que sur les deux, puisque l’endroit était restreint, et donc l’étaient leurs sentiments. Mais le lien, il était toujours présent, seulement plus complexe. Hideki hésitait. C’était tout ce qu’elle pouvait voir et ressentir de lui. Sur quoi hésitait-il? Il ressentait de la distance… mais pourquoi… Il avait baissé le regard aussi, par habitude de cacher les yeux lorsqu’il avait quelque d’important à dire. Faraëll resta sous l’étonnement, le visage questionnant celui d’Hideki. Elle avait ramené sa main sur ses cuisses, se serrant les doigts. Ses mains devenaient moites. Pourquoi avait-elle peur? Elle aurait voulut parler, pour briser les quelques minutes de silence qui paraissaient comme des heures, mais elle n’y arriva pas. De toute façon que pouvait-elle dire? Et puis Il se contraint à lui dire de ne pas trop se lier à lui… parce que… mais pourquoi? Il n’avait pas pu finir sa phrase. Décidément, cela inquiétait l’elfe un peu plus… Pourquoi… Elle ne voulait pas cesser de se lier à lui, pour une fois qu’elle se sentait si à l’aise avec quelqu’un qui la comprenait…et qui l’écoutait… Il était pour elle… Déjà si important. Elle ne put dire quoique ce soi, on les amenait déjà vers l’entrée pour revenir. Faraëll accepta sa main et son excuse silencieuse. L’air un peu triste, elle répondit quand même :

- Ce n’est pas bien… de m’inquiéter comme cela…

Elle serra son étreinte sur la main d’Hideki un peu plus… Faraëll ne possédait pas de grande force, mais quand même.

- Vous m’apportez tant, s’il vous plait, ne me noyez pas dans l’inquiétude… Moi je resterai à vos côtés peu importe… Je… je ne vous lâcherai pas!

Elle avait pourtant un peu de sa tristesse qui semblait vouloir se transformer en larme. Non elle devait se retenir… Elle ne devait pas pleurer. Mais pourtant il y avait déjà de l’eau sur sa joue… Elle l’essuya de sa main, ne comprenant pas sur le moment pourquoi cette larme était anormalement froide, et puis elle en reçu quelques autres, et puis enfin plusieurs autres et levant les yeux au ciel elle remarqua la pluie qui devenait de plus en plus forte. Les couleurs grisâtres du ciel n’annonçaient pas une petite pluie… Non pas du tout. Le bruit d’un clapotement simple s’amplifia pour devenir celui d’une douche froide sur la pierre autour et le sol. Bien vite, elle ne se rendit compte de rien, et puis elle était déjà entraînée par Hideki hors de l’entrée de la porte. Ils fuyaient? Mais pourquoi? Peu importe, la course était agréable, même qu’elle défoula la princesse. Elle n’avait courut comme cela depuis des lunes, et puis sous la pluie en plus… Que feraient-ils des gardes? Vite fait, elle ne les voyait déjà plus lorsqu’elle se retournait. Étrangement, cette fuite était quelque peu amusante pour l’elfe. Oh ce qu’elle aimait ce sentiment de liberté que l’on avait en courrant comme cela, sans trop savoir ou se réfugier de la pluie. C’était étrangement agréable. Et cela lui fit oublier encore pendant un instant la conversation qu’elle avait commencé à entretenir avec Hideki. Faraëll souriait. Ce que c’était enfantin de s’amuser d’un moment pareil. Ils étaient maintenant tout les deux trempés de pluie froide, et pourtant l’elfe s’en réjouissait d’une certaine manière. Elle avait toujours aimé la pluie. La pluie si triste et si belle. Faraëll pensa qu’elle ne voulait pas arrêter de courir, courir, sous la pluie comme ça main dans la main, à jamais. Elle ne put s’empêcher de rire un peu, un rire franc, mais quand même léger… En ce moment même, ce lien, elle l’avait retrouvé. Peut-être c’était un peu méchant de rire alors qu’Hideki cherchait frénétiquement un endroit ou se cacher de la pluie, mais pourtant, elle trouvait la situation agréablement incommode… Elle aurait peut-être dut s’inquiéter aussi, mais pourtant cette pluie, cette course, cette situation, sa main dans la sienne, cette personne… Tout la rendait incroyablement heureuse pour un moment qui s’arrachait du temps normal. Elle fixait, la tête en l’air le bleu engrisâtré de ce ciel, et son visage se faisait presque gifler par les goûtes qui y tombaient violement. Et puis soudainement, le manège cessa, et puis la pluie ne lui tombait plus dessus.

Ils étaient sous un arbre, Hideki semblait un peu essoufflé, et surtout un peu irrité d’être trempé, et il s’affaira à enlever quelques morceaux qui n’étaient plus très agréables à porter, comme ses bottes. Faraëll le regarda, l’air un peu insoucieuse, comme une enfant. Bien qu’il ne la voie pas, elle avait un air tout à fait ravissant, même trop joyeux pour les derniers événements. Les cheveux détrempés lui tombaient en courbant sur le nez et en se collant sur son visage blême, ses yeux étaient grands ouverts du vert émeraude toujours aussi clair, et ses vêtements tirant vers le bas sous l’influence de la pluie, pourtant elle semblait s’amuser. Toute l’innocence de la jeune princesse lui était revenue comme cela, et elle en débordait… Pourtant, elle avait une certaine mélancolie, et surtout, elle n’avait pas finit de dire à Hideki ce qu’elle voulait lui dire. Elle s’exprima, avec un sourire tendre :

- … Il ne faut pas s’inquiéter, je ne changerai pas envers vous… Et puis que je sois… Princesse… ne changera rien, de toute façon je ne suis même pas digne de reprendre le trône…

Sa voix était calme, mais s’était un peu brisée vers la fin. C’était vrai, l’elfe ne croyait plus qu’elle pourrait reprendre le trône. Elle allait probablement erré longtemps, jusqu’à ce qu’on oublie qu’il y ait eut un jour une héritière au trône elfique…

- Je ne vous abandonnerai pas!

Elle s’approcha de lui doucement, s’accroupie un peu près de lui. Elle regardait toujours en haut, la tête accoté sur l’arbre, l’air étrangement satisfaite malgré qu’elle fut en train de parler de choses plus ou moins tristes. Elle sourit, oui, cette quiétude était si bonne… Et ils étaient seuls dans cette situation cocasse, trempés, complices de secrets et de fuite…

- Cette vie… n’est qu’un long rêve, non?

C’était dans des moments comme celui-là qu’on se sentait un peu philosophique, englobé dans la poésie du monde autour. Et puis Faraëll se sentait bien plus libre dans la forêt qu’elle l’avait été dans la grotte. Elle avait cette étrange envie de parler, malgré sa gêne habituelle, mais elle se sentait bien, libre et comprise, et dans ces situations les mots voulaient être dit, même s’ils n’étaient que de minces pièces du flot des ses pensées.

- Mais il faut vivre, jusqu’à la fin… et ensuite le conter à d’autres, pour qu’ils le content à la suite, et puis enfin, que l’on vive éternellement, dans ce rêve ou l’on se conte des histoires… vivre pour le conter…

Elle se sentait sereine, et pourtant elle avait cette impression de dire n’importe quoi. Elle s’excusa :

- Oh désolée… je m’excuse mais… Je ne veux pas… cesser de me lier à vous… car… parce que je veux encore vous voir sourire…

C’était étrange pour elle de parler comme ça. Elle avait eut l’impression qu’elle n’avait que discuter avec lui dans sa tête, réfléchie à ses réactions, imaginer leur dialogue, et puis qu’elle n’avait pas vraiment dit tout cela. Ce n’était tellement pas comme elle, de parler comme cela… Mais pourtant les mots avaient vraiment sortis de sa bouche aux lèvres froides, alors qu’elle fixait toujours le dos de millions de feuilles au dessus de leurs têtes. Elle écoutait aussi le bruit de la pluie, c’était si beau. Elle sourit. Faraëll ignora ce qu’il y avait de sérieux dans la question d’Hideki, elle ne fit que répondre bêtement et le plus joyeusement du monde :

- Mais pour voir la pluie avec vous!

Évidement, elle n’était pas vraiment venue que pour cela, mais la situation s’était tournée sur cet angle, et sans aucuns regrets, elle en profitait sans égal. Oh, ce moment était si étrange, si agréable…

(he oui « engrisâtré » est un mot inventé XDD finalement XD j'y suis arrivée!!! Wiii poétique et utopique XD)


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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Sam 12 Avr 2008 - 10:27

La pluie ruisselait le long du tronc, telle une cascade qui empruntait les chemins graves dans l'ecorce. Hideki sentait cette caresse des gouttes qui umectaient legerement ses mains blanches. On pourait vite etre degoute de l'humidite d'un tronc d'arbre, se dire qu'il etait certainement grouillant d'insectes par ce temps, Hideki aimait bien le contact de l'ecorce mouillee. Un petit moment de quietude. Les aveugles ont beson de toucher, d'entendre pour se sentir vivre et pour s'orienter. Il n'etait plus seul, il entendait la respiration reguliere de Faraell pres de lui et le crepitement de la pluie qui s'ecrasait sur les tiges de l'herbe folle au dehors, l'aplatissant sur le sol boueux et la faisant ruisseler de milliers de goutelettes. Cette douce melodie... Le ronronnement paisible de la nature qui s'eveille a l'eau qui tombe de la voute celeste calmait un peu ses angoisses. C'etait fou le pouvoir que la nature pouvait avoir. Le soleil ne lui etait pas benefique, meme les rayons qui rechauffaient un peu la peau et la rendait plus radieuse ne lui plaisaient pas, contrairement a d'autres qui s'en impregnaient. Etait-il un homme de l'ombre, condamne a toujours preferer le gris ou bleu du ciel? Cela ne lui deplaisait pas, le cliquetis de la pluie qu'il pouvait entendre, adolescent, aux carreaux de la chaumiere ou il habitait avec ses parents adoptifs l'avait toujours berce, lui avait fait oublier la Voix, jusqu'a ce qu'elle decide de revenir. L'onctueux murmure du temps etait toujours plus plaisant a entendre que les susurrements sournois de celle quii s'etait plue a le torturer. La pluie qui ruisselait le long de son visage, comme une caresse, caresses qu'il avait desormais perdues, Warui s'etant envolee a jamais. Il s'essuya un peu le visage comme pour effacer ces souvenirs qui le rendaient melancolique et coupable, mais il etait toujours aussi trempe. Ses pieds nus etaient caresses par les brins d'herbe humectes des quelques gouttes qui reussissaient a tomber. Sensation agreable, meme si ses pieds seraient certainement macules de terre au retour et qu'il ne pourrait toujours pas enfiler ses bottes de peur de les salir de l'interieur. C'etait stupide, c'etait sur, mais autant profiter de ce petit temps de repit, sous l'arbre a la belle ramure. Il paraissait qu'il ne fallait pas s'abriter sous un arbre, en temps d'orage. Ce n'etait pas tellement un orage, juste une grosse averse. Il ne savait pas si elle allait durer tres longtemps, mais il lui semblait que les citernes du ciel s'etaient percees et ne se conrolaient plus. Peut-etre tomberaient-ils malades... Qui savait, apres tout, mais il pourrait toujours bien se couvrir et eviter un rhume sans doute un peu desagreable pendant les entrainements, surtout que Lethao ne lui ferait aucun cadeau et reprendrait l'entrainement aussi cruellement que d'habitude. Bien entendu, Lethao n'etait pas mechant et ne voulait pas faire de mal a son apprenti, il voulait simplement bien lui apprendre ce qu'il fallait savoir mais cela n'empechait pas le pauvre homme de se faire mal a chaque fois qu'il s'entrainait avec son maitre. Peut-etre ne savait-il pas bien doser ses exercices, convaincu que Hideki pourrait atteindre un tres bon niveau en tres peu de temps. Il n'en etait pas si sur, mais n'en disait rien, il ne fallait pas trahir les esperances de son maitre, il donnerait de son mieux et advienne que pourra. En attendant, un moindre handicap durant son entrainement pouvait lui etre tres desagreable, en plus de sa cecite. Autant.. faire attention? Ces mots ne semblaient plus avoir de sens pour lui, juste savourer le moment present.

Et ce moment, il le passait avec Faraell. Il lui avait pris la main, pour l'entrainer sous la pluie. Elle semblait avoir apprecie ce court voyage a travers l'ondee, d'apres son aura plutot guillerette. Elle etait assez lunatique, comme femme, a pouvoir sourire, puis pleurer, ressentir un peu de colere avant de rire... C'etait quelqu'un d'energique, on pouvait le dire. Elle avait couru sous la pluie, meprisant le danger que pouvait representer l'exterieur, ne pensant qu'au moment present, ne pensant qu'a leur lien, sy plongeant toute entiere. Il n'avait jamais vu une telle confiance... Lui meme se fiait a elle, mais il n'etait pas sur de pouvoir lui ouvrir completement son esprit, ne l'ayant fait que quelques fois, avec Warui seulement. Meme pour Arielle, il etait reste un mystere, l'ombre qui la suivait sans dire un mot sur lui, mais pret a l'aider... pour mieux la poignarder dans le dos. Versatile, traitre, tels etaient les mots que l'on employait habituellement pour le qualifier, mais desormais, peut-etre qu'il pourrait devenir un autre, malgre la repuation qu'il s'etait forgee et dont il avait du mal a se debarasser. Faraell etait encore enlisee dans ce sentiment etrange, que seuls ceux qui l'avaient ressenti pouvaient comprendre. Il aimerait l'aider, mais elle etait si inaccessible, elle, la princesse. Elle n'en avait pas les manieres, ni le comportement. Peut-etre n'etait-ce que lui qui dressait des barrieres la ou il n'y en avait pas et regardait Faraell de loin, comme un serviteur jette un coup d'oeil a la Reine qui se coiffe dans sa chambre, un soupcon d'envie a l'esprit. Il ne savait plus quel comportement avoir avec elle, il devait peut-etre rendre hommage a son sang royal mais elle semblait vouloir le fuir, l'oublier. Alors autant oublier aussi et ne voir en l'elfe que Faraell, cette jeune fille tremblante qu'il avait rencontree dans ce couloir si sombre, frissonante et sanglotante. L'elfe qui avait fini par rayonner, essuyant ses larmes, qui l'avait entendu, qui l'avait compris, qui l'avait accepte. Ce n'etait qu'elle, plus une princesse. Elle avait fui, comme elle le disait. Et la, elle etait l'enfant innocente et joyeuse qui souriait, interieurement en tous cas, a la pluie, meme si elle avait egalement du tremper ses beaux vetements. Ah, la certitude qu'elle n'agissait pas selon l'etiquette se renforca, et il ne put que sourire. Autant oublier tout cela et agir normalement. De toutes manieres, la voix flutee de Faraell s'etait elevee, lui disant qu'il ne fallait pas s'inquieter, et qu'elle ne changerait pas son comportement envers lui. Oui, il se rapellait bien des paroles qu'elle avait prononcees anterieurement, serrant dans sa main celle du Traceur. Elle l'avait reprimande, tenant ses doigts dans un etau qu'il n'avait pas voulu forcer. Il l'avait inquiete, a parler comme il l'avait fait. Mais il n'avait pas reussi a continuer sa phrase. L'innocence enfantine de Faraell serait-elle prete a supporter sa nouvelle? Elle lui avait dit qu'elle ne le lacherait pas. Elle ne le laisserait pas s'echapper, c'etait sur, au vu de la determination qu'il avait entrapercu dans le coeur energique de l'elfe. Elle l'etonnerait toujours. Comme lisant dans les precedentes pensees du jeune homme, elle lui dit que son rang dans la societe ne changerait rien aux liens qui s'etaient tisses entre eux, et que de toutes manieres, comme elle avait fui... Elle n'etait pas digne. Oh, si elle etait digne, elle serait une grande reine, avec un peu plus d'experience, elle avait juste eu quelques problemes de jeunesse, pouvait-on dire. Peut-etre que la Reine actuelle la pardonnerait et lui laisserait sa place. Il ne connaissait rien a leur culture, il ne savait meme pas quelle etait la hierarchie dans la societe elfique d'Amsya. A present il savait qu'il y avait un couple royal, et une princesse, d'ailleurs il cotoyait cette derniere en ce moment meme. Mais apres, le peuple elfe restait en partie un mystere pour lui. Il connaissait certains de leurs moeurs, par le biais de Lethao.. C'etait tout. Et il ne pouvait pas dire qu'il connaissait beaucoup la vie de la princesse elfique. Il ne connaissait que son nom, son rang... Son lien avec Arielle. Et elle, elle ne devait connaitre que quelques aspects de sa vie, vecue par la Reine, si elle lui avait parle de lui en tous cas....

Je ne vous abandonnerai pas ! La voix de la princesse elfique avait claque, sonore, Faraell s'etait approchee. Elle etait determinee, Elle ne voulait pas le laisser. Remplie d'amour, cette princesse ne se rendait peut-etre pas compte qu'elle accordait sa confiance et son affection a des gens peut-etre peu recommendables d'apres le commun du peuple. Il n'etait pas approchable, a son arivee a la grotte, on l'avait vu d'un tres mauvais oeil, il avait suffi d'une parole de Lethao pour faire taire l'assemblee. Peu a peu il etait accepte, mais certaines choses demeurent, la mefiance en fait partie. Elle, des le premier regard, elle avait accepte la main qu'il lui avait tendue, et depuis la grotte elle l'avait suivi aveuglement, a tous les endroits ou il souhaitait l'amener. Et si il avait ete mauvais, au fond, l'aurait-elle suivi quand meme? Il aurait pu lui faire du mal, mais elle se fiait entierement a l'homme qui la guidait. C'etait assez touchant, agreable... Mais elle courrait des dangers, ainsi, il fallait qu'elle apprenne a ne pas se lier a un inconnu qui passait par la.. Pour le moment, il ne trouvait vraiment pas que cela fut une mauvaise chose, vu que c'est cela qui avait permis de faire un peu avancer leurs conversations, leurs liens. Le bruit de l'herbe froissee crissait pres de lui, les pas feutres de l'elfe s'approchaient de lui. Il ne savait pas quelle attitude etait la bonne a prendre, mais il n'eut pas le temps de se poser la question bien longtemps, Faraell etait deja la, tout pres de lui, et s'etait accroupie pres de lui. Il se laissa alors instinctivement glisser le long de l'arbre a l'ecorce humide pour s'asseoir pres d'elle, qu'elle ne se sente pas toute petite face au magicien qui somme toute etait quand meme assez grand, meme pour un homme de son age. Sa tete etait doucement posee sur l'arbre et il put meme sentir les cheveux de l'elfe lui effleurer la main. Quelle situation etrange, ne put-il s'empecher de songer. N'importe qui les voyants si calmes, si sereins l'un pres de l'autre, se frolant ainsi, aurait pu penser a des amoureux se murmurant des mots doux. Ils avaient chacun quelqu'un a aimer, et ils venaient a peine de se rencontrer. Etrange spectacle, en effet. Surtout que les elfes etaient connus pour ne pas cotoyer facilement d'autres especes, se mefiant un peu des humains qui leur avait fait tant de mal par le passe. Et ils n'etaient plus si nombreux, ces elfes qui a chaque guerre etaient les victimes designees pour mourir le plus facilement et en plus grand nombre que les autres. C'etait triste, mais Lethao avait fait le constat, ils etaient de moins nombreux, contrairement aux Humains qui pullullaient, qui grouillaient comme une masse d'insectes repugnants et se nourissant des autres especes. Peut-etre Hideki etait-il un poil misanthrope mais ila vait du mal a accepter le comportement humain face a toute nouveaute. Est-ce dangereux? Est-ce profitable? Il fallait toujours calquer son attitude sur ces criteres, et il se degoutait lui-meme d'avoir du penser cela un jour. Il etait utoique de penser que les humains se montrent aussi accueillants et bienfateurs que les elfes, ombres poetiques destinees a devenir de simples legendes. Si seulement on pouvait enrayer ce mouvement... Son visage aux traits fins se tourna vers Faraell et ses yeux la fixerent avec insistance et inquietude, comme si il s'attendait a ce qu'elle s'evapore a tout instant. Crainte stupide, en verite, il avait parfois un comportement assez irraisonne. Mais il fallait 'y faire, tout n'etait pas rationnel


"Cette vie… n’est qu’un long reve, non?"

Il avait simplement murmure, la voix melodieuse de son interlocutrice prenant le dessus. Elle avait compris, avait-elle suivi le cours de ses pensees inconsciemment, s'etait-elle laisse porter par ce meme elan quelque peu melancolique que suggerait le temps qu'il faisait en dehors de leur petite bulle que formait l'arbre et sa cime? Un petit sourire. Leurs regards se croiserent, restant inaccessibles l'un a l'autre. Hideki aurait aime pouvoir la voir, capter son regard, pouvoir lui lancer un clin d'oeil amuse, mais ses yeux ne rencontraient que le neant. Et meme lorsqu'il utilisait sa formule, cela ne debloquait pas ses yeux mais projetait en son esprit directement l'environnement dans lequel il se trouvait, les couleurs y etant attenuees, voire deformees. Il la laissa formuler le restant de ses pensees, ses phrases coulant de ses levres comme une riviere calme, ses intnations pleines d'espoir lui remontant le moral. Pour elle, la vie etait un conte. Une histoire. Oui, il avait lui-meme parfois compare sa vie a une longue piece de theatre mais il n'aurait aucunement envie de la raconter a ses enfants, c'etait une tragedie, l'hizstoire d'un pauvre homme qui n'avait jamais su quoi faire de sa vie et qui regrettait. Une amere prose moralisatrice. Faraell voulait que leur vie devienne une legende qui plaisaient tant aux gens et qui restaient gravees dans les esprits. Le meilleur moyen d'etre immortel dans la memoire n'etait pas de vivre eternellement comme le pensaient beaucoup de gens. Cela n'apportait que l'ennui et parfois la decheance, la decadence. Non, on survit tellement mieux dans les memoires... Mais les mauvaises actions restaient plus encore que le reste, et il resterait sans doute pour beaucoup un traitre. Faraell pourrait faire un retour trimophant dans son royaume et jouer a la princesse prodigue, cela pouvait toujours impressionner ses sujets. Surtout si ils sont en situation de crise. Oh, et maintenant il pensait la vie comme une histoire! Cela le fit sourire lui meme qu'il ai songe aux autres comme des petits personnages de papier ou de mots que l'on retrouve dans les legendes. Mais Faraell s'excusa tout de suite, comme genee d'avoir retranscrit autant ses pensees en mots ou genee qu'elle se soit laissee porter par ses sentiments les plus incomprehensibles... Elle voulait le voir sourire, disait-elle. Ce n'etait pas quelque chose qu'on disait regulierement a un homme que l'on rencontrait, un peu par hasard. Mais il lui sourit. Cette petite encartade philosophique l'avait fait sourire, un peu. Faraell avait une vision si optimiste du monde, on aurait dit qu'elle n'avait rien a faire de Yuu, d'Amos ou de tout le reste. Elle vivait, c'etait tout. Elle ferait comme elle le sentirait. Et a la question qu'il avait pose tout a l'heure, elle ne lui repondit que par une phrase joyeuse. Elle voulait voir la pluie avec lui. C'etait ironique, un peu, il ne pouvait la voir. Mais il pouvait en sentir le ronronnement regulier, sur l'herbe en dehors de l'arbre qui les abritait. Et c'etait un moment agreable. Il ne voulut pas preciser la question qu'il avait posee qui etait somme toute un peu serieuse... Hideki sourit, il fallait continuer cette atmosphere, il voulait qu'elle aussi se sente heureuse, avec lui, moins que des amants, plus que des amis, peut-etre juste un frere et une soeur, jumeaux, qui partageraient leurs pensees et leurs sentiments. L'homme se leva alors, toujours le sourire aux levres. Peut-etre qu'il serait enfantin de proposer cela, mais il voulait simplement savourer ce moment, qui ne se reproduirait peut-etre pas de sitot, une telle pluie etant relativement rare. Hideki repondit a Faraell d'un ton enjoue

"Alors, profitons de ce moment,ensemble !"

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Sam 12 Avr 2008 - 10:29

Que voulait-il dire par la? Il avait une idee en tete, qui etait sans doute un peu gamine, mais il l'asumait. La derniere sentinelle etait passee il y avait un quart d'heure. Ils avaient deux heures tranquilles, ou ils pourraient sortir en toute tranquilite. La foret avait ete videe de ses animaux, a present, pour s'exiler plus loin du cratere. Aucun danger, pour le moment, aucune raison de s'inquieter. Le silence, la solitude, la tranquillite, et le doux crepitement de la pluie qui s'etendait au dehors. Hideki proposa alors une nouvelle fois sa main a l'elfe. Il ressemblait un peu a l'un de ces gentilhommes galants qui guidaient ces dames, meme si il n'en avait pas l'impression. Pour lui cette attitude etait juste normale. Hideki lui demanda, en esquissant une petite reverence

"M'accorderiez vous cette danse?"

Lorsqu'on faisait une demande en bonne et due forme comme celle-ci on pourrait s'attendre a une danse tres aristocratique, mais sous la pluie, ainsi, il fallait juste se laisser aller. La pluie etait moins epaisse qu'avant, se rendit compte Hideki, en mettant un pas dehors avec la princesse elfique. Mais des qu'ils furent entierement sortis de leur abri provisoire, ils furent instantanement trempes a nouveau. C'etait encore fort, il fallait l'avouer... Leurs pas ensemble se posaient sur l'herbe humide, battue par la pluie qui etait violente pour ces petits brins d'herbe. Tenant avec douceur la main de la jeune femme, il songea que cela ne lui ressemblait pas de faire ca. Non, il etait quelqu'un de renferme, qui n'etait en aucun point exuberant comme il l'etat a present, proposant une danse sous la pluie a l'elfe. Normalement, elle aurait du le proposer et avec hesitations, il aurait peut-etre accepte, puis se serait mût avec une raideur digne d'une planche de bois, se demandant si il ne faisait pas une betise a ainsi relacher son attention. La, il etait celui qui invitait et fut le premier a sortir de l'abri improvise. Peut-etre etait-ce la proximite de l'elfe... Peut-etre lui communiquait-elle un peu de sa gaiete et de son enthousiasme. Warui l'avait bien rendu un peu plus combatif et determine qu'il ne l'etait avant, pauvre loque qui venait de mourir pour ce qu'il pensait etre bon, guide par la Voix, en proie aux oiseaux noirs du doute qui volaient, l'entouraient, l'etouffaient. Avant cela, oui il etait determine et combatif, il l'etait plus que personne, mais c'etait sans doute dans le mauvais sens, il pouvait tuer, trahir sans aucun sentiment. Plus maintenant. Peut-etre devenait-il quelqu'un de courageux enfin, dans le sens de ce qu'on apellait le "Bien". Et sa vie se reconstruirait... si l'on pouvait parler de vie. Son coeur se serra, il n'avait toujours pas dit a Faraell ce qu'il avait a lui dire et il sentait ce soupcon d'inquietude dans le coeur de l'elfe, qui le derangeait un peu. Il le lui dirait, il ne fallait pas lui cacher trop longtemps. Alors il le lui dirait durant la danse, dans un moment joyeux pour ne pas trop entamer le moral de la princesse. Ou alors cela casserait-il le moment qu'ils passaient ensemble? Il ne savait pas, mais il ne voyait pas d'autre moyen, se sentant lache et les remords lui tordant le ventre. Pour le moment, profiter. Il s'avanca dans la clairiere qu'il declara piste de danse, puis s'arreta pour regarder Faraell. L'aveugle serra legerement sa main dans celle de l'elfe, sans savoir si il devait mener la danse, lui qui n'etait qu'un aveugle et qui pourait involontairement se cogner. Oh, tant pis ! Ils feraient comme ils le sentiraient.

Apres une petite reverence, Hidekiesquissa quelques pas. Cela ressemblait a une danse fort connue a Koori, la valse. Deux pas, un pas. Un deux trois, un deux trois, ce rythme qui se balance, comme une petite balancoire laissee a l'abandon. Un deux trois, un deux trois, ce rythme qui le replongeait loin, dans les souvenirs. Il se rapellait aussi que la valse etait connue un peu partout dans le monde, mais est-ce que la princesse savait la danser? Sans doute, elle etait la princesse. Un deux trois, un deux trois, il lui aurait presque sembler que la pluie s'adaptait a leurs mouvements, les encerclant, pour qu'ils soient plus a l'aise, un deux trois, il lui semblait entendre de la musique qui venait de la, ou alors de la-bas, serait-ce les gouttes d'eau resonnant sur des instruments de musiques laisses a l'abandon qui donnait pareil rythme, ne serait-ce que son imagination. Porte par les pas, il entrainait Faraell avec lui. Ils tournaient sous la pluie, tournoyant dans la clairiere, comme ne se rendant pas compte de la pluie qui les tremapit jusqu'aux os. Ah, si ils n'etaient pas en train d'attraper une maladie... Ils ne semblaient pas en tenir compte non plus. Juste de mouvant sous la pluie avec facilite, ne glissant pas sur la boue qui leur maculait pourtant les pieds et les vetements. Ils ne rentreraient pas tres propres, tant pis. Les pieds nus du jeune homme foulaient le sol, comme connaissant par coeur la danse, qu'il n'avait pourtant pratiquee que quelques fois etant enfant. Yuu le tenait par la main, c'etait elle qui le guidait. Et il plongeait ses yeux dans les siens, il voyait encore et ses iris d'or etaient si beaux, lorsqu'ils riaient... Il tombait, Hideki ayant pose un maladroit pied sur la chaussure de la jeune Reine, qui le suivait dans sa chute et riait, avant de le remettre debout. Et elle recommencait, enoncant a haute voix ces mots, cette voix si douce dont il se rapellait, avant qu'elle ne soit deformee par les annees d'aigreur. Un deux trois, un deux trois. Fais attention, Hideki, ne me marche plus sur les pieds, fait juste des petits cercles comme ca, tourne toi un peu... Elle lui prenait la main, la lui mettait sur la taille et le guidait, riant de la certaine maladresse de l'enfant. Hideki etait plus jeune qu'elle a l'epoque, A present il avait presque dix ans de plus avec la boucle de temps de Nascarian. Ils avaient danse un bon moment, petits. Il avait fini par apprendre. Et au fil du temps, il avait oublie, il en avait meme oublie ce moment. Cela ressurgissait, et il ouvrit brusquement les yeux, comme s'attendant a voir la petite Reine. Elle serait en face de lui, dans ses charmants habits a dentelles compliquees, et aurait enleve sa couronne pour la poser sur un meuble, ce qui lui aurait valu des reprimendes si les conseillers l'avaient vue. Elle lui aurait souri et lui aurait demande ou il avait la tete. Mais ses yeux ne rencontrerent que le noir, et il revint a la realite. Faraell etait avec lui. C'en etait pas moins joyeux, mais il avait une sensation etrange, comme un gout des jours passes qui s'egrenait, et qui etait pourtant revenu clair et net dans sa tete. Faraell suivait ses mouvements, mais les deux semblaient etre un peu maladroits. Dans leur sorte de delire, ils pensaient bien faire alrs qu'ils etaient tous deux un peu oublieux des vrais pas. Tant pis, ils ne se debrouillaient pas trop mal en fait, et ce n'etat pas les regles de la danse qui les guidait, mais les pas dont ils se rapellaient, les sentiments et leurs souvenirs qui revenaient, retranscrivant leur ronde dans la clairiere. Les gouttes semblaient presque avoir forme un dome autour d'eux, les protegeant de trop d'eau, juste a l'endrit ou ils dansaient. Bien entendu ce n'etait qu'une impression. Leurs pas etaient harmonieux, ils s'etaient regles sur la meme pensee, ou peut-etre Faraell s'etait-elle laissee entrainer.. Il songea que sans do/ute avait-elle vu les images qu'il avait cru voir, cette petite reine blonde aux ballerines bleues qui avait a peine quatorze ans. Il l'aimait, sans doute, a cette epoque, mais elle ne l'avait jamais aime, lui, sans doute n'etait-il qu'un jouet aux mains de cette jeune fille.. Ou juste son meilleur ami, avec qui elle aimait voir les etoiles et les lumieres multicolores dans le ciel. Faraell lui faisait un peu penser a Yuu, en realite. Blonde, une personne royale, et cette meme facon de rire, de l'entrainer dans son enthousiasme, lui amer petit garcon qui n'avait jamais connu la vie des palais. Mais a present c'etait Yuu qui avait perdu son sourire innocent. Faraell lui rapellait seulement un peu celle qu'il aimait, petit. Un premier amour bien innocent et naif... Comme quand on dit aimer a la folie son frere ou sa soeur, alors qu'on ne fait que se rendre compte des liens qui s'etaient tisses.

Mais peut-etre qu'a present, il devait le lui dire. Alors qu'ils se mouvaient sous la pluie, comme fuyant toute realite, il avait oublie.. Mais maintenant qu'il avait pense a Yuu et a son ancienne vie, il devait peut-etre le lui dire. Le rythme de leur danse se fit un peu plus lent, plus calme. Hideki savait que Faraell s'etait un peu inquietee mais ne l'abandonnerait pas, comme elle le lui avait repete, mais il avait peur. Peur de quoi? De la rendre triste, ou alors de la faire fuir... Il ne voulait pas redevenir seul, sous la pluie qui sans elle serait agressive et qui s'infiltrerait en lui pour le rendre malade, aussi bien physiquement qu'interieurement. Il ne voulait pas qu'elle le laisse, que leur lien soit brise. Meme si cela ne faisait qu'un peu plus d'une demie-heure qu'ils se connaissaient, ce lien s'etait inscrit danssa vie et ses pensees, comme si il en avait toujours fait partie. L'arracher, est-ce qu'il n'en serait pas detuit en partie, comme si on retirait un tuteur d'une partie encore fragile d'une maison, cette partie tombe, les pierres se desagregent pour s'amasser en bas. Il devait le lui dire, sans doute. Il approcha sa tete d'elle, doucement, un peu gene par ce soudain rapprochement, mais il ne voulait pas le dire trop fort, il se pourrait qu'on l'entende et son secret etait bien garde. Seule Warui, Arielle, Lethao et Naa savaient ce qu'il s'etait vraiment passe. Les Zafaras croyaient qu'il n'etait pas mort lors de son execution par Arielle elle-meme et avait survecu a ses blessures. Hideki continua de danser, doucement, une main de l'elfe dans une des siennes, son autre main posee sur sa taille, timidement. Le magicien finit par murmurer a l'oreille de l'elfe, quand meme assez fort pour ne pas que son filet de voix soit depasse par le bruit de la pluie autour d'eux


" Meme si j'apprecie et ai besoin de ce lien qui nous unit, je vous ai dit que vous ne devriez pas vous lier a moi..."

Toujours ce ton poli, mais sa voix s'etait eteinte, etranglee, vers la fin de la phrase. Il sentait une boule dans la gorge. Comme une maman qui n'osait pas parler de la mort ou de l'amour a une enfant. Mais Faraell n'etait pas une enfant, il ne devait absolument pas se sentir coupable de dire de telles choses, mais il avait toujours la peur qui le saisissait. Pas une peur de mourir, ou qui pouvait survenir durant un combat. Non, la Peur. Une peur irraisonnee qui nous prenait a la gorge et qui nous paralysait alors que l'on ne peut la calmer, sinon par le temps, ou par un geste tout aussi irraisonne que la peur. Hideki finit par fermer doucement ses paupieres, comme serein alors que son pauvre coeur battait la chamade. Un coeur de papier, qui ne battait que par principe... Il lui dit, sa voix veloutee essayant de persister, comme la flamme d'une bougie qu'un souffle destabilise

"Je ne suis qu'une ombre... Je... Je suis deja mort, et ce que vous voyez, ce que vous pouvez sentir... n'est qu'un fantome ephemere...."

Hideki sentait les larmes lui venir aux yeux. Leurs pas se faisaient elgerement plus lent, tandis que melees a la pluie les gouttes salees coulaient sur sa joue pale. Il n'etait qu'un fantome, quelque chose voue a disparaitre, il ne devrait meme pas etre ici. Les fantomes etaient souvent inconsistants... Mais il etait tangible. Hideki reposa sa tete sur l'epaule de Faraell, oubliant toute etiquette, le grand homme n'arrivant plus a se soutenir seul. Les pas continuaient.. Un... Deux... Trois... Contenant ses sanglots, il continua

"Je ne devrais meme pas etre la, je ne suis autorise a revenir que pour... expier mes fautes, et mes crimes passes.... Lors de ma trahison... Arielle m'a execute, je suis mort il y a plus de deux ans, a present... Et meme si l'enveloppe que l'on m'a donnee a present est immortelle au temps..."

Il deglutit. Pourquoi disait-il cela, est-ce que Faraell avait deja essaye de s'eloigner de lui? Est-ce qu'elle avait deja esquisse un mouvement de recul face a ce revenant? Entendre de la bouche d'une personne que l'on croit vivante qu'elle est en fait morte, que son coeur et sa vie se sont arretes il y a longtemps devait etre... terrifiant, horrible. Mais il continua... Un... Deux.... Trois....

"Je disparaitrai... Je ne suis pas cense... Forger de nouveaux.. liens... Je suis cense.... vous repousser... Mais je ne peux pas..... Je.. je ne veux pas...."

Eclatant en sanglots sur la frele epaule de l'elfe, le fantome arreta la danse. La pluie redevint reguliere a leurs oreilles, et les trempa jusqu'aux os... La musique s'etait arretee... Un... Deux...

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Dim 13 Avr 2008 - 22:51

Faraëll, elle, pouvait voir toute la beauté de ce paysage triste, mais lorsqu’elle repensait à Hideki, elle se souvenait qu’il ne pouvait que le sentir et l’entendre. Elle se concentrait elle aussi sur les odeurs, et le sentiment imprégné d’humidité qui régnait sur l’endroit uniformément. Elle écoutait aussi… C’était mélodieux, triste, sensible et insensible à la fois. Un bruit fuyant, qui se dispersait avec un écho léger dans tout l’endroit. Elle aussi, se rappelait-elle, avait aimé s’hypnotiser de la pluie qui fragile tombait de si haut et se faufilait tranquillement sur les fenêtres et les parois du château… Elle aimait les admirer, les gouttelettes toute petites mais les courageuses voyageuses du monde… Faraëll pouvait les voir ces coulisses d’eaux, ces ruisseaux naissants entre les cailloux, la douche céleste que le ciel envoyait pour laver la terre, rincer le sang de ses guerres… Et puis, elle se laissait envoûter par l’émotion, l’endroit, tout à la fois. Hideki, c’était lui, si triste et si beau, qui tentait de garder ses distances avec la princesse sans trop savoir comment, mais qui n’y arrivait pas, lui aussi intrigué par la présence du lien. Faraëll, elle ne voyait rien d’effrayant entre eux, elle donnait aveuglément sa confiance à cet homme qu’elle avait rencontré comme ça, par total hasard. Parce qu’il était lui, et qu’elle était elle. Entre eux il n’y avait que cette étrange sensation d’être compatible comme des jumeaux. Faraëll regardait Hideki, lui aussi était mignon. La pluie avait un peu gâché sa coiffure déjà en bataille au sec, elle était encore plus drôle, se disait-elle, à la pluie. Il y avait ses grandes mèches de cheveux, coulant avec l’eau sur son visage sans trop déranger ses yeux qui de toute façon n’y voyait rien. Un blond, presque aussi translucide que celui de la princesse. Et il y avait aussi ses yeux, toujours à moitié clos, vide, mais d’un bleu incroyablement lunatique. Son nez était fin, sa bouche grande. C’était un peu ironique d’avoir une si jolie bouche et de sourire si peu avec sincérité… Hideki semblait apprécier le moment présent, seulement perdu dans ses pensées aussi divagantes que celles de l’elfe. Elle aussi pensait, mais en ce moment elle pensait à lui plus qu’à quoique ce soit d’autre. Elle avait toujours eu une attirance pour les choses et les gens esthétiquement remarquable, peut-être un petit côté venant de son titre de princesse, mais en général ça se savait que les elfes étaient très esthétiques. Déjà, leur beauté était remarquable et enviée, rares étaient les elfes que l’on avait qualifiés de « laids ». Et cette beauté encore plus rare se retrouvait dans la royauté, l’on gratifiait la reine Malrah pour sa jeunesse incroyable, elle n’avait pas prit une ride si ce n’était que quelques cernes. Le peuple ne se doutait pas de tous les petits secrets de la famille royale… tellement Malrah ne les reflétait pas sur son visage serein et sage. Et la princesse avait tout autant hérité de cette beauté, mais elle la voyait parfois comme un malheur… si l’on se mettait à énumérer les prétendants étranges qu’elle avait put croiser dans ces auberges étranges… Elle s’était retrouvée nombre de fois endormie, bourrée et perdue quelque par. Encore des chances que l’on n’est pas abusé d’elle, Faraëll avait un don pour s’enfuir des situations qui devenaient pesantes en toute sécurité, malgré son état un peu déstabilisant. Mais la princesse avait toujours admirer la beauté, autant celle que l’on pouvait voir, que la poésie d’un moment comme elle vivait avec Hideki et que celle qui résidait en chacun de nous. Dans cette situation qui pour tant d’êtres ne serait pas considérée comme agréable, ce moment à eux, bien à eux, ou personne n’allait même venir les chercher tellement la température, selon la norme, était horrible, mais dans ce moment il y avait autant la beauté qu’Hideki et Faraëll dégageaient, la beauté d’un sentiment sincère et d’un bonheur éphémère qui les réunissaient tout deux, l’un près de l’autre, et la grandeur de leur lien, de cette confiance… Et la poésie de la scène, deux blondinets, une jeune fille au grand sourire comblé, et un jeune homme l’air lunatique, tout deux adossés à un tronc moite d’un grand chêne en pleine soirée grisâtre ou la pluie tombait pratiquement violente. Et à ce joli tableau l’on ajoutait le bruit incessant d’une pluie mélodieuse, sa chute sur les feuilles, l’herbe, les roches, la terre, leurs deux visages lisses et blêmes… et dans la main de Faraëll, celle avec laquelle elle récoltait l’eau qui tombait sur elle, les yeux qu’elle fixa de nouveau sur la splendeur de l’arbre qui les abritait.

C’était si beau qu’elle n’aurait jamais eu envie de briser le silence si ce n’était pas pour faire sourire le visage ému lui aussi par la scène d’Hideki. Elle avait pensé à tout cela, ce songe interminable qu’était sa vie, ce moment était si agréable qu’il ne pouvait qu’être irréel, se disait-elle, et ils étaient arrivés tout deux à la même conclusion « Cette vie… n’est qu’un long rêve ». Oui, comment aurait-elle pu sinon, vivre ce moment si privilégié en sa compagnie? À ce moment Hideki l’avait regardé d’un air si complexe, il y avait là du bonheur, de l’inquiétude, de la peur, de l’envie, de la mélancolie, tout mêlé à cette euphorie qu’ils avaient l’impression de rêvasser tout les deux. Faraëll sentait sa sérénité faillir un peu lorsqu’elle faisait face à tant d’expressions de la part d’Hideki. Il avait beau être plus vieux qu’elle, mais pourtant depuis qu’ils ressentaient tout deux ce lien qui les unissait, c’était comme si ils partageaient un âge inconnu, les apparences physiques et temporelles ne les affectaient que très peu. Faraëll aurait voulut le serrer dans ses bras à ce moment-là, ou dans ses yeux déstabilisés il implorait la présence de l’elfe, comme s’il était effrayé qu’elle parte au point qu’il ne saurait plus comment se relever seul… Elle aurait voulut lui dire « Je ne partirai pas, je le promets… », et encore, elle aurait voulut y ajouter la plus extrême des promesses… « à jamais… », mais elle se savait un peu trop impulsive, et pensa à autre chose. Elle aimait cet endroit incroyablement, elle ne pouvait s’imaginer meilleur endroit pour être assis comme ça, une princesse en fuite et un exilé, philosophant tout bêtement sur la vie, se disant qu’elle n’était qu’un rêve… Mais Faraëll disait qu’il fallait vivre…et puis cette vie, on la raconterait ensuite… peu importe comment elle avait été… C’était seulement pour ne pas exister pour rien, il fallait qu’on se souvienne de nous, pour ne pas avoir exister en vain. Faraëll aurait des tonnes de personnes pour se souvenir d’elle, mais se souviendraient-ils seulement de la princesse qui avait fuit ses responsabilités et son peuple pour aller sympathiser avec des Zafaras et des humains? Non, eux ne se souviendraient que de son titre, et pas d’elle… C’était pour cela qu’elle devait trouver d’autres personnes pour entendre son histoire, et puis qu’elle avait tant de difficulté à la raconter, ce devrait être des personnes très spéciales… Et Arielle avait eut le droit à connaître la princesse elfique avant les autres, elle avait eu droit à ses déclarations, à ses sourires et ses larmes, à son retour, à ses confidences en amour, son déchirement… Cloud, en lui elle mettait tant d’espoir et d’amour, elle n’avait que hâte à son retour, pour qu’ils puissent enfin partager cette vie qui leur était destinée… Une pensée pour lui la faisait frissonner, elle serra sa main contre sa poitrine, son cœur qui doucement se réchauffait. Et puis Warui, elles ne s’étaient pas vraiment rencontrées comme avec les autres, mais elle avait vécu en Arielle tout ce temps, et donc, malgré sa mort, elle détenait elle aussi une partie de la vie de l’elfe… et en ce jour de malchance, elle s’était tout simplement perdue comme à son habitude, elle était si bête, mais pourtant pour une fois sa bêtise l’avait mené à meilleur chemin. Hideki l’avait entendu lorsqu’elle chantait dans son désespoir, et puis l’avait trouvée, rencontrée, ramenée en sécurité, puis enfin tout deux s’étaient sauvés sous la pluie tonnante et maintenant les voilà qu’ils philosophaient tout deux, comme si les révélations sur certains de leurs secrets n’avaient été que de vagues souvenirs communs.

Elle lui dit, tout ce qu’elle désirait, c’était qu’il puisse enfin lui sourire. Car elle avait besoin de ce sourire rassurant, de voir son visage changer graduellement de l’inquiétude habituelle qu’il affichait à un mince et grand sourire de ses lèvres fines. Et elle ne sut pas si ce fut ses paroles en général qui l’avait fait esquisser ce sourire si précieux, mais Hideki lui avait bel et bien sourit, enchaînant un sourire de la part de Faraëll quasi automatiquement. Oh, il lui avait sourit, comme ça la rendait heureuse, tout simplement. Elle en était tellement heureuse qu’elle ne put s’empêcher de lui dire tout bonnement une phrase totalement ironique, mais qu’elle trouva amusante quand même, puisqu’au fond, d’être venu vivre ce moment impulsif sous la pluie, n’était-ce pas merveilleux? Ça ferait un souvenir bien encré dans leurs mémoires… un souvenir qui ne pourrait être vu autrement que nostalgiquement, se rappelant de ce jour ou les deux s’étaient retrouvés détrempés sous un chêne par le fil des événements les plus incroyables, et tout deux, emplis d’un bonheur incompréhensible s’étaient confiés l’un à l’autre… Même si sa réponse l’amusait, Faraëll y repensait encore, à Cloud, à la vraie raison de sa venue… Elle se demandait, si il l’avait seulement reçu, son message… elle eut quand même un petit pincement, se trouvant un peu inappropriée de se payer du bon temps alors que Cloud était on-ne-sait-ou, désespérément à la recherche de sa bien-aimée qu’il n’avait pas pu rejoindre à Nascarian comme prévu… peut-être doutait-il encore qu’elle soit même en vie… La mort n’avait pas épargné quiconque, mais le corps d’une princesse elfique était facilement retraçable dans un amas de Zafaras malchanceux… Oh, Cloud… Faraëll se rappelait de lui amèrement, si inquiète… c’était pour cela qu’elle lui avait laissé ce message, elle voulait qu’il sache qu’elle le cherchait toujours. Faraëll aurait voulut s’enfuir une nouvelle fois, même que plusieurs fois elle s’était mise en tête qu’elle pourrait retrouver Cloud d’elle-même, mais on la dissuadait, lui disant que le monde était bien plus dangereux aujourd’hui que lors de sa fugue. Cloud… c’était parfois un souvenir si douloureux, il y avait si longtemps… si longtemps qu’elle l’avait vu. Pour retrouver Arielle, elle avait du laisser Cloud partir…Serait-il toujours ensemble si elle n’avait pas insister à retrouver Arielle? Elle ne savait pas, cette guerre au fait, elle était arrivée comment? Faraëll secoua sa tête, pour le moment, comme le proposait Hideki, il fallait profiter du moment présent. Faraëll lui sourit aussi, espérant qu’il aurait pu la voir sourire, lui aussi. Ce que la vie devait être difficile s’il ne pouvait apprécier les sourires qu’on lui faisait…Il devait croire qu’on ne lui en faisait tout simplement pas, et restait dans ses pensées, l’air associable…

Elle le regarda se lever, gracieux malgré sa silhouette très mince, et puis d’un air un peu plus ravis que quelques minutes auparavant, lorsqu’il lui avait dit de ne pas se lier à lui. Il était vrai, cette pluie était arrivée si inattendue, et pourtant elle avait rendu leurs actions un peu folles et enfantines. Elle aussi voulait profiter de cette pluie, de cette abondance de beauté, tout autant poétique que réelle. L’elfe redressa sa tête, puis fixa encore ce sourire tabou qu’elle avait, pensait-elle, enfin réussit à lui imprimer au visage. L’eau lui tombait toujours sur les joues, des gouttelettes tombant des feuilles du chêne qui dans toute sa majesté tremblait un peu sous le vent… Elle l’admira de nouveau, ce Hideki détrempé, qui avait probablement un peu froid, dans ses inconfortables habits pesants tellement ils étaient mouillés, et avec ses yeux d’un bleu à défier celui du ciel qui fixait droit devant lui, avec leur nostalgie de voir incrustée dans des cernes fines et des paupières presque inutilisées. Elle ne pouvait dire pourquoi, mais elle le trouvait beau comme ça, un homme parmi tant d’autres, mais pourtant il se démarquait, pas seulement par son handicap, mais parce qu’il était lui et que dans ses plongées au fond de son âme Faraëll le savait doux et mélancolique. Elle se releva doucement, avec sa maladresse habituelle la faisant penchée d’un côté plus que l’autre, éternel déséquilibre de la jeune princesse. Elle appuya sa main sur la terre mouillée et puis une autres sur le tronc ruisselant d’eau de pluie. Elle ferme les yeux pour écouter quelques secondes le son de la pluie tombante, et puis les ouvrit de nouveau, faisant face à ce sourire qu’elle aimait tant en ce moment même, c’était tout ce qui lui importait. Prise par l’émotion, elle ne put retenir sa pensée et dit :

- Vous êtes si beau quand vous souriez…

Elle rougit instantanément. Décidément, elle n’était pas comme à son habitude. Elle se demandait encore si tout cela était réel, rêvait-elle? Une goutte d’eau lui tombant sur le visage lui rappela bien vite de sa fraîcheur qu’elle était vraiment en train de vivre ce moment. Pourtant, elle se disait, avec un peu de peur, que tout cela allait bientôt se terminer, et après? Se reverraient-ils? Seraient-ils à jamais dans l’impossibilité de se revoir? Elle se sentait un peu triste de se dire de telles choses, mais la peur que tous ces moments bien heureux se terminent brusquement la tenait fort dans son étau effroyable. L’elfe secoua la tête une nouvelle fois, elle ne voulait pas divaguer comme cela, il fallait en profiter, non? C’est ce qu’avait dit Hideki, et elle le désirait tout autant que lui, que le moment s’étale et s’allonge sans s’arrêter… Elle se résigna à déposer sa main dans la sienne qu’il tendait depuis quelques secondes déjà. Le contact de sa peau froide la fit frissonner un peu, mais à la fois elle appréciait qu’il se lie de nouveau sans recul. Elle n’avait aucune idée de ce qu’il avait en tête, puisqu’il y avait en lui une pointe d’amusement, un sentiment intéressant, elle pensa, pour Hideki qui quelques minutes avant était si désolé. À sa plus grande surprise, il lui fit la révérence, et lui demanda si elle lui accorderait la danse qu’il lui proposait. Faraëll rougit de plus belle, ne sachant pas trop comment répondre, danser? Mais elle était… comment dire, si maladroite, et puis aussi, c’était très étrange de demander une danse comme ça… Pourtant, au fond d’elle le sentiment étant accentué avec leur contact, et sa main déjà dans la sienne, l’impulsion et l’envie de s’amuser, son envie de profiter de tout cela comme elle l’avait fait alors qu’elle riait pendant leur course, ce désir de faire les choses les plus étranges, seulement par envie d’essayer et de défouler toute cette énergie que l’on garde, cette envie-là… l’avait pris aussi. Oui, elle le voulait, elle irait danser avec lui, malgré qu’elle soit la plus maladroite des partenaires, elle le ferait pour nourrir l’impulsivité et le désir. Ça faisait longtemps qu’elle ne s’était vraiment amusée, comme la plupart des gens qui ne vivaient que de peur à cause de cette guerre… C’était probablement égoïste et enfantin des deux, une future souveraine et un homme responsable, de penser à s’amuser alors que les gens continuaient de mourir et que les forces ennemies grandissaient de jours en jours, d’heures en heures… Mais c’était pourtant ce qu’elle voulait vraiment, ce qu’il lui proposait, ce qu’il allait faire. Faraëll resserra l’étreinte de sa main pour bien prendre celle d’Hideki, et elle dit en tournant légèrement la tête vers le côté, gênée :

- Je… Je ne suis pas très douée… enfin je suis maladroite… et je…


Dernière édition par Faraëll le Lun 14 Avr 2008 - 4:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Dim 13 Avr 2008 - 22:53

Elle hésitait, mais pourtant ce qu’elle voulait dire était si simple. Enfin, elle spécifiait qu’elle n’était pas une très bonne partenaire pour danser, bien qu’elle sache danser. Elle avait apprit au château, les quelques danses traditionnelles, en tant que princesse, elle devait parfois ouvrir des festivals, entre autre celui du printemps qui avait faire bien rire les habitants, puisqu’elle était bien tombée, s’emmêlant dans ses voiles. Sa mère l’avait réprimandée, comme à son habitude. Parfois elle avait dansé en silence dans sa chambre, comme toute jeune fille rêveuse d’avoir un cavalier pour la tenir par la taille alors qu’en couple ils tournoyaient de pas en pas… Et elle n’avait jamais vraiment dansé… accompagnée… Elle sourit, un peu gênée, s’excusa encore pour sa bêtise :

- Pardonnez-moi, je suis… enfin…

Puis elle décida enfin à dire sa vraie pensée. L’air un peu plus sereine, et moins angoissée, ne s’essoufflant pas dans de diverses excuses… elle dit enfin avant qu’il ne l’emporte dans la valse :

- Ce sera ma première danse alors…

Hideki l’entraîna, avec grâce et légèreté, et vite fait ils furent mouillés par la pluie qui n’avait presque pas cessé de tomber avec force. Elle se laissa aller, et leurs pas s’avérèrent à être ni trop maladroits ni trop adroits. Elle put facilement reconnaître elle aussi le rythme, un deux trois… un deux trois… doucement, en avançant et en reculant, les mains croisées, les corps à quelques centimètres l’un de l’autre. L’herbe froide et mouillée frôlait doucement les pieds nus des deux valseurs, mais peu importe l’averse et la fraîcheur d’une nuit qui commençait à arriver, les deux ne cessaient pas leur manège. Faraëll se sentait rougir au fur et à mesure qu’ils bougeaient ensemble, de plus en plus près l’un de l’autre, et puis cette ambiance irréelle, et ils tournaient encore et encore… au rythme de leurs pas tranquillement… une danse sombre, impulsive et rêveuse, sous la pluie et le ciel grisâtre. Faraëll ferma les yeux, donnant sa totale confiance à Hideki pour mener la danse. Elle se laissait porter, et puis le flot de leurs pas qui s’enchaînaient un après l’autre, les portants un peu plus loin de l’arbre qui les abritait. Elle se concentra sur le bruit de la pluie, encore plus forte, sur l’eau qui la trempait complètement, sur les gouttes qui la frappaient presque… C’était des détails, mais ils lui semblaient si importants. Le froid l’engourdissait un peu, et la pluie parfois la pinçait. C’était la preuve qu’il lui fallait pour vraiment croire ce qui se passait. Ils valsaient, tout deux, sur un air inexistant si ce n’était que celui des pleurs des cieux s’écrasant sur la terre et eux. Faraëll continua les pas, gardant ses yeux fermés, rêvassant du moment en concentrant ses pas. Elle ne voulait pas gaffer, elle y arrivait très bien…Et puis après un temps, Hideki, submergé dans ses propres souvenirs ne faisait ressentir à Faraëll que les sentiments complexes qu’il avait lui-même vécu en rapport à une autre valse. Faraëll ne savait pas et ne voyait pas ce qu’il voyait, mais de ses yeux fermés, elle pouvait s’imaginer passer ce moment léger, triste, heureux et étrange à la fois, elle pouvait facilement le voir lui, Cloud… Et mélangée aux émotions qu’Hideki lui transmettait, elle pu revoir clairement cette personne tant aimée sous ses paupières fermées, elle le voyait, Cloud, souriant, serein, comme à son habitude vaillant et elle se voyait, étrangement dans la grande salle du château de sa mère, tout deux valsant, incroyablement vêtus. Il lui souriait et elle lui rendait son sourire avec bonheur incontesté… Cloud… il y avait tant de sentiments à son égard, qu’elle ne savait pas par lesquels commencer. Faraëll, la tête un peu penchée, ses yeux fermés, tout son corps ruisselant d’eau froide, ses mains dans celles d’Hideki, qui lui revoyait des souvenirs, alors qu’elle rêvassait à s’en créer… Faraëll resserra l’étreinte de sa main dans celle d’Hideki, et revoyait Cloud comme cela, mais ne pouvait cesser de penser à tout ce qui arrivait à la fois. Dans son illusion de l’avenir, elle voyait celui qu’elle aimait, ses yeux profonds, ses cheveux blonds, ses lèvres… et sa peau… Elle eut un pincement amer. Elle aurait aimé que cette vision s’avère vraie, et que lorsqu’elle ouvrirait les yeux, elle verrait son amant, Cloud, la regarder passionnément et qu’il lui dise « Je t’aime… » avec tant de tendresse et son incorrigible sérieux. Elle le lui aurait répondu en chuchotant, avec sa voix timide et réservée.

Mais elle ouvrit les yeux, et vivement retomba dans la réalité, cette averse lourde et cette valse qui soudainement avait passée de passionnée et impulsive à nostalgique et mélancolique. Autant elle que Hideki, tout deux ayant de nouveaux suivit des sentiments semblables, mais étrangement, Faraëll ressentait de lui une profonde peur, et une profonde inquiétude… Pourquoi? Elle le regarda, son visage était d’une tristesse... C’est vrai… Il y avait quelque chose qu’il avait voulut lui dire… cette fameuse raison pour laquelle il ne voulait pas qu’elle s’attache à lui. Mais il était trop tard pour cela, car l’elfe s’adonnait déjà à cette danse avec lui, l’un près de l’autre, submergés par l’eau et le rythme qui encore résonnait à chaque pas harmonieusement avec la pluie. Un deux trois… Et elle lui offrait son âme, ouverte, en toute confiance aveuglément comme une enfant innocente de toute trahison… Elle n’avait pas été aussi près de quelqu’un depuis une éternité, elle n’avait que sa voix intérieure pour la guider, mais cette voix, malgré la proximité avec l’elfe et sa compréhension, n’avait pas de forme fixe. Dans les confins de son esprit, parfois une lueur violette et bleuâtre l’avait enlacée, doucement, comme pour la protéger. Elle avait toujours eut confiance en cette voix, elle la rassurait, l’aidait, l’accompagnait… elle ne connaissait pas ses réelles intentions, mais elle la suivrait partout… Innocemment Faraëll pensait que sa voix n’avait rien de méchant, mais comme elle ne se doutait pas des horreurs qu’elle avait pu faire… cette âme errante, avide d’éternité qui régnait en elle… Faraëll regarda Hideki tristement. Qu’avait-il pour que la danse ne le porte plus avec autant de plaisir qu’un peu avant? Pourtant il ne relâchait pas la cadence, un deux trois… un deux trois… Cette cadence, ce rythme devenait de plus en plus douloureux à porter. La danse les avait amusés un moment, et puis chacun d’eux s’était laissé aller dans des sentiments flous d’amour, de nostalgie, de tristesse, d’envie, de désir… Mais maintenant...

La tête d’Hideki s’approcha de son oreille avec douceur. La pluie n’avait pas cessée, les cheveux longs de son partenaire dans la valse dégoulinaient inégalement sur son épaule, même que quelques uns s’y collaient. Faraëll ne sut pas comment réagir à cette approche, la gêne l’emporta, brisant le blanc glacial de sa peau pour la rendre encore plus rouge. Elle n’osa pas garder les yeux ouverts, elle aussi avait peur… Il commença ses paroles, légères, chuchotées à sa longue oreille… Non, elle ne voulait pas qu’il lui redise ces mots « vous ne devriez pas vous lier à moi… », elle le priait intérieurement pour qu’il cesse, par peur que le reste soit encore plus triste… Un deux trois, se concentrer sur la cadence, revenir dans le rêve, redevenir souriant… Et les mots d’Hideki, cinglants malgré qu’ils soient chuchotés « Je suis déjà mort… », un frisson pour Faraëll lui parcourant tout le dos, mais elle ne recula pas, gardant le rythme, espérant toujours au plus profond d’elle qu’il n’arrêterait pas la danse dans laquelle tout deux ils s’enfuyaient du reste du monde. Mais il continua, et le rythme devenait encore plus souffrant, il lui semblait que ses pieds avaient mal d’être dans cette danse qui ne cessait plus, mais elle voulait rester là, peu importe… Hideki laissa sa tête, pesante, tomber lentement et sans retenue sur l’épaule de l’elfe. Il n’y avait plus rien entre eux, ni leur genre, leur statut ou leur âge, l’un à travers l’autre dans ses révélations des plus souffrantes pour Hideki et Faraëll. Il continua, ses mots, elle en ressentait tout le tourment, toute la peur, toute l’horreur dans le tremblement de sa voix qui ne s’ajustait pas à la musique de la pluie ruisselante. Faraëll aurait voulut qu’il cesse de parler, mais pourtant elle voulait entendre aussi… Elle avait si froid soudain… le voile du rêve qu’il vivait était tombé, et la réalité crue s’abattait sur elle comme une lame froide apposée tout près du cou. Leurs mains auparavant plus hautes que leurs épaules avaient mollement retomber près de leur taille. Il parla de son exécution… Arielle l’avait déjà tué, il y avait deux ans disait-il. Faraëll n’arrivait pas à imaginer son amie, sa lune de saphir, faire un tel acte, elle n’y arrivait pas… mais les souvenirs d’Hideki se mêlèrent trop facilement aux images qu’elle se faisait d’Arielle, et elle assista elle aussi à la scène, comme une spectatrice en retard… Non… non… elle ne voulait pas voir cela, non…

- …non…non….non…

Elle chuchota, enterrée par la voix d’Hideki qui continuait son tragique récit… Faraëll commença à sangloter elle aussi, mais pourtant elle restait figée là, elle n’arrivait pas à bouger. La pluie frappait ses joues comme pour la gifler, ses cheveux imbibés d’eau tiraient vers le bas jusqu’à lui donner mal dans le cou, ses vêtements devenaient froids et inconfortables… Soudainement tout ces choses auxquelles elle n’avait pas fait attention lui semblaient horriblement pesantes. La scène passait dans son esprit, mais même si elle savait que seulement en lâchant l’homme qui reflétait ses souvenirs et en s’en éloignant elle pourrait être libre de son esprit, elle n’y arriverait tout simplement pas… Elle ne pouvait pas le laisser, elle en était incapable… Elle voulait pourtant qu’il se taise, qu’il cesse de parler, elle ne savait pas comment l’empêcher de parler, elle ne pouvait rien dire d’autres que de murmurer ces « non… » interminables… Ses pensées défilaient si rapidement qu’elle ne savait pas ce qui serait le mieux à faire… elle aurait voulut lui bâillonner la bouche de sa main, mais elle ne pouvait pas puisqu’elles étaient prises dans la danse, et bêtement elle pense qu’elle aurait pu l’embrasser pour qu’il se taise… seulement pour ne plus entendre tout cela… Mais cette idée était beaucoup trop floue, et elle ne pouvait pas… Faraëll resta donc la silencieuse interlocutrice d’Hideki, et elle pleura plus elle aussi, sentant la différence entre les gouttes tièdes et les coulisses frigorifiées de la pluie sur ses joues. La cadence, c’est ça, la cadence, il faut la suivre, et oublier… un… deux… trois…

Et puis la finale, Hideki broncha et ses larmes ne purent plus rester inaudible… Faraëll inspira très fort… il y avait tant de sentiments qui se bousculaient à la fois dans sa tête, elle avait besoin de quiétude, un moment pour fixer ses sentiments bouleversés. Elle releva sa tête, fixa le ciel et les pleurs du ciel qui leurs tombaient dessus. Gris, et noir le ciel, la pluie elle, froide et agressive… Un moment elle put sentir un peu de calme dans cette vision si monochrome, uniforme et silencieuse. Hideki sanglotait sur son épaule, ramenant un peu de chaleur à la candeur de sa peau, laissant ruisseler avec la pluie des fleuves salés… Faraëll ne savait pas comment réagir à tout cela, elle avait eu le même sentiment avec Warui lorsqu’elle lui avait annoncé sa mort, un sentiment de vide, mais déjà, elle s’était un peu renforcie… La mort était difficile à aborder, mais pour elle, Hideki… il n’était pas mort, il existait, il la touchait, il dansait et il pleurait avec elle… Hideki vivait, même si ce n’était pas une vie comme les autres… Et surtout, elle ressentait ce qu’il ressentait, ce n’était pas comme si il n’avait plus son âme du tout… Faraëll sourit difficilement, les yeux qui se fermaient tout seul à cause de la pluie qui tombait sur eux. Mais elle sourit… tout cela, elle devait lui dire… à Hideki. Il vivait pour elle, et il était lumière…

Faraëll se défit un peu de l’étreinte officielle de la valse, elle ramena ses mains derrière le cou de l’homme, et le serra contre elle, du plus fort qu’elle pouvait. Ses mains glissèrent sur le dos courbé d’Hideki, et elle le serra dans ses bras de nouveau. L’elfe avait toujours quelques larmes qui tombaient de ses yeux clos. Elle parla, d’une voix faible, qui se voulait rassurante et sereine :

- Hi…de… ki…

La première fois qu’elle prononçait son nom. Il semblait pourtant plein de mystères ce nom… Elle continua, resserrant l’étreinte autour de lui.

- Vous… vous sentez… vous pouvez me sentir vous serrer… c’est la preuve, la preuve que vous existez encore.


Elle le relâcha, puis d’une main elle ramena sa tête toujours un peu molle de façon à ce qu’elle puisse le regarder dans ses yeux. Malgré qu’il soit incapable de voir, il pouvait toujours pleurer. Elle prit son visage entre ses mains, le fixa avec difficulté, mais elle tentait tout de même un sourire fragile à son égard :

- Vous ne pouvez pas voir, mais vous pouvez pleurer… vous pouvez bouger, toucher, danser, apprécier… Vous pouvez toujours aimer.

Elle se mise à pleurer de plus belles. Elle était forte, mais elle ne pouvait pas retenir plus de larmes. Cette situation était si triste. Elle voyait sa peau blême prendre quelques couleurs de la nuit qui tombait, il avait le visage un peu plus sombre, et l’air translucide. Tout deux, ils allaient définitivement être malades… La pluie était moins forte, comme si elle avait cessé avec la danse.

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Dim 13 Avr 2008 - 22:54

- Vous pouvez aimer!

Elle l’avait répété avec plus d’intensité. Il ne pouvait pas voir ses lèvres bouger, mais il pouvait l’entendre, et puis le répéter le rassurerait qu’il avait bien entendu. Elle se permit de coucher sa tête sur son torse, laissant ses mains glisser du visage d’Hideki.

- Vous existez… pour moi… vous n’êtes pas mort… vous existez. Parce que…parce que vous êtes là, et vous me rendez très heureuse. J’aime votre compagnie, même si ce n’est que pour peu longtemps… Je ne vous oublierai pas, car vous existez…

Faraëll sourit, un peu rassurée d’avoir pu dire tout cela. Elle voulait qu’il comprenne…

- Et puis… ça serait bête de pouvoir vivre comme cela… et de rester seul. Je ne peux pas dire… que je ne serai pas triste de vous voir partir, mais ne serait-ce pas pareil si vous étiez toujours vivant, j’aurai peur que vous mourriez… et il faut seulement l’accepter, autant pour moi et pour vous, il faut…

Elle sourit, reprenant les mots qu’il lui avait dit lui-même quelques peut avant :

- …profiter de ce moment? N’est-ce pas…?

Faraëll pleura un peu, des larmes silencieuses, qui coulait s’accordant au rythme un peu plus rapide de la pluie. Et puis sa dernière phrase sur ce sujet, elle espérait qu’il l’accepte :

- … Je ne pourrai jamais vous remerciez assez… de m’avoir trouvée, et… d’être aussi vivant.

Elle le serra encore. Ils restèrent un moment comme ça, tout les deux. Jusqu’à ce que leurs larmes cessent un peu. Faraëll inspira de nouveau. Plusieurs minutes passèrent, et la pluie devint qu’une simple bruine humide. Elle se demandait ce qu’il avait pensé, ne pouvant que se fier aux sentiments qu’ils partageaient toujours grâce à ce lien. Ce moment, était d’un silence paisible tant nécessité par les deux blondinets.

D’un coup, l’aura de Faraëll devint singulièrement sombre, et puis ses yeux s’envoûtèrent d’un violet purement ténébreux. La princesse se sentit quitter Hideki, et dans les derniers moments de sa lucidité elle se dit intérieurement, « non… pas maintenant… ». Un pressentiment, quelqu’un approchait. Ses oreilles furent à l’affût de tout bruit de mouvement, ses sentiments se brouillèrent et devinrent très différents de ceux de Faraëll… Et l’aura… beaucoup plus forte… Elle repoussa vivement l’humain, et puis s’exclama d’une voix qui différait beaucoup de la voix cristalline de la princesse mais qui possédait toujours le même ton :


- Montres-toi… intrus… J’entends tes pas traïr ta présence…


(voilà XDD ça dépasse les 5000 mots XD Bonne lecture les amiiis ~ )
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Drako
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Lun 14 Avr 2008 - 22:20

(J'arrive =D ! On fera à tour de rôle : Hideki/Fara/Drako)

Drako errait à son habitude dans les quatre royaumes de Fabulya, sans savoir ce qu’elle cherchait, sans savoir pourquoi elle était là. Souvent, elle s’arrêtait pour parler à des gens. La fillette espérait que des personnes aient entendu parler d’elle, la petite fille trouvée entre les pattes d’un dragon par une compagnie de magiciens avides de trésors. Certains Fabulois lui avaient répondus qu’ils avaient déjà entendu cette rumeur. Mais personne connaissait ses vrais parents. C’était si désespérant. Mais après, Drako était une gamine libre qui pouvait aller où elle voulait et peu importe ce que diraient les adultes qui l’apercevaient en train de faire quelque d’illégal. Déjà à ses treize ans, elle était une voleuse. Ses mensonges la sauvaient presque tout le temps, sinon, elle était capable de semer les gardes des souverains des quatre royaumes. Drako était discrète et rusée, ça elle le savait. Elle faisait croire aux gens qu’elle n’avait qu’onze ans et encore, certains lui donneraient dix ans ou moins. La fillette en était fière et elle en profitait. D’ailleurs, les gens se demandaient qu’est-ce qu’une petite fille comme elle faisait seule sur Fabulya alors que les sbires d’Amos y rodaient. On la trouvait si étrange, si téméraire pour aller dans les royaumes du Mal. Encore, elle s’entendait bien avec des Omlidois ou des Koorijins (c’est comme ça qu’on les appelle les habitants de Koori ? :S) avec son caractère de gamine arrogante. Et si quelqu’un un jour savait qu’elle mentait ? Elle serrait fichue… Mais ses mensonges étaient si véritables, Drako était une bonne comédienne et tout le monde croyait à ses sottises. Mais la vérité semblait fausse pour certain : dés qu’elle disait qu’on l’avait trouvée près d’un dragon, on ne la croyait même pas. Alors souvent elle disait des mensonges, parfois différents de ce qu’elle venait de raconter à quelqu’un d’autre. Elle faisait attention à ne pas trop en inventer car sinon, elle serait emmêler dans ses histoires. Parfois, ces histoires étaient inimaginables. On ne pensait pas qu’une fillette d’onze ans ferait autant de chose pour risquer sa vie. En fait, Drako avait honte de son passé. Être dans un orphelinat jusqu’à ses six ans et s’enfuir pour ensuite se retrouver affaibli face à une femme qui eut pitié d’elle. Cette femme l’avait adoptée bien après que la fillette lui avait annoncée qu’elle était orpheline. Déjà à ses six ou sept ans, elle rêvait d’une vie libre et sans lois.

Drako était retournée à Volky, là où elle avait été élevée par cette femme prénommée Marianne. Elle détestait cette ville pour l’humiliation qu’elle avait eu envers les enfants. Car quand elle était arrivée à Nelta, elle admirait Marianne et disait que c’était la meilleure mère. Les autres enfants, plus vieux qu’elle, la trouvaient très mielleuse et faible. Drako se laissait faire, mais dés qu’elle eut huit ans, elle avait dit « stop » à tout cela. C’était alors que les mensonges apparaissaient petit à petit pour faire taire les enfants qui étaient principalement des gamins des rues. Elle devenait de plus en plus désagréable au fil du temps et sa mère adoptive lui tapait sur les nerfs. La nuit, elle aimait sortir pour prendre un peu l’air, pour oublier toutes ces disputes entre Marianne et elle. Mais un jour, tout avait basculé quand elle décida de revenir qu’au levé du soleil. À ce moment-là, elle était revenue trop tard en voyant une partie de la ville détruite, les maisons brûlées et le sang ruisselait sur le sol. Sa mère était morte et bizarrement, elle n’avait aucun regret et avait senti un sentiment de grande liberté l’envahir. Elle avait survécu tout en disant à des Démons et à des Anges Déchus qu’elle n’était qu’une simple fillette de Koori qui voulait admirer le massacre. Ce mensonge l’avait sauvée la vie et finalement, elle avait continué à mentir tout en niant son passé. Une gamine en pleine fugue ou qui avait des parents originaires d’Omlid ou de Koori, voilà pour qui souvent elle se prenait.

La gamine reconnut sa maison en ruine. De vagues souvenirs lui vinrent à l’esprit. À ses six ans quand elle aimait acheter de quoi nourrir pour sa mère, à chaque fois qu’elle rentrait chez elle, elle lui sauter dans les bras. Et ses disputes qui trottaient dans sa tête l’énervait. Elle eut un petit rire méprisant tout en pensant à sa mère adoptive. Celle-ci avait été stupide avec la fillette. Drako continua de marcher à l’aveuglette et se dirigea vers un marché. Peut-être son endroit préféré à Volky. D’ailleurs, elle eut l’idée de rabattre le capuchon de sa cape bleue marine sur sa chevelure blanche argentée. Et bientôt, elle sentit quelques gouttes d’eau. Ce n’était qu’un crachin. La fillette commençait à avoir faim mais ignora son appétit. Elle décida alors de jouer la mendiante. Un jeune homme eut alors pitié d’elle. Drako était assez convaincante, avec sa maigreur et sa petite taille. L’inconnu lui donna quelques Fabus d’argent. La fillette fit alors un « merci ! » sur un ton assez malicieux et se mit à courir. Le jeune homme tenta de la rattraper, mais elle était déjà partie. Soudain, en descendant du volcan, elle se prit le pied dans une racine d’arbre et dévala la pente en faisant des roulades. Au pied du volcan, elle se retrouva sur le dos et couverte de bout. La pluie était devenue plus rude et plus drue il y avait quelques minutes. Drako se releva et vacilla, ayant encore la tête qui tourne à cause des nombreuses roulades et de plus, elle avait un peu mal au dos. Elle reprit ses esprits quelques secondes plus tard et ramassa les pièces qu’elle avait fait tombé avant de reprendre sa marche. Elle était dans une forêt. La Forêt de la Licorne ? Peut-être…

- Vous êtes si beau quand vous souriez, fit une voix douce et cristalline.

Drako cessa de marcher et vit alors derrière les buissons, deux personnes. Sûrement un couple. La gamine se cacha derrière un chêne et observa les deux inconnus. L’une était une elfe aux cheveux blonds et très longs, presque transparent et elle était vêtue de vert. Elle avait de magnifiques yeux émeraude. Drako ne croisait pas vraiment d’elfes sur Fabulya, ils étaient assez rares. Donc voir cette femme d’une grande beauté l’avait étonnée et émerveillée. L’autre personne était un humain aux cheveux blonds et assez longs. Ses yeux étaient d’un bleu saphir et son regard était sans expression. La fillette était certaine qu’il était aveugle, mais elle le trouvait si beau. Ils étaient tous les deux pâles et noyés à cause de la pluie agressive. Drako elle-même était mouillée de la tête au pied, de plus, avec de la boue sur sa robe argentée, elle n’était pas très nette. La gamine considéra la scène. Le jeune homme avait fait une révérence. Oui, c’était certainement un couple, Drako en était formelle. De plus, l’humain avait proposé à l’elfe de danser. Celle-ci avait accepté. La petite fille trouvait cela étrange qu’ils dansaient sous la pluie et sans musique. Mais cette valse était si romantique. Le jeune homme avait posé sa tête sur l’épaule de l’elfe et lui chuchotait des mots que Drako n’arrivait pas à entendre à cause de la pluie qui tombait vivement. La jeune femme lui avait répondu. Ils semblaient tous les deux en pleurs. Mais leurs larmes cessèrent peu à peu de couler. De longues minutes passèrent et la fillette n’entendit que la pluie tomber. Ce silence commençait à l’ennuyait et elle décida de s’approcher du couple comme elle les considérait ainsi.

Drako ignorait que l’elfe qu’elle espionnait était la princesse d’Amsya. Elle ignorait encore plus qu’elle connaissait la Déesse Arielle. La fillette avait déjà entendu parler des divinités qui régnaient sur le monde. D’après ce qu’elle avait entendu, Arielle serait la Déesse de l’Amour, mariée au Dieu du Soleil appelé Cirrus. Ils auraient eu aussi plusieurs enfants. Mais Drako ignorait à quoi ces divinités ressemblaient. Elle serait assez étonnée si elle saurait qu’ils étaient des Zafaras comme Niiz, une petite boule de poil qu’elle avait rencontré dans la Forêt de la Licorne. La fillette savait encore moins que les deux inconnus étaient des rebelles et qu’il y avait un passage qui les menait dans leur repaire. Mais la fillette se fichait de la guerre, bien qu’elle était un peu attirée du côté du Mal à cause de son caractère de fourbe. Elle ne se sentait pas concernée. Ce n’était qu’une enfant et elle devait profiter de son enfance.

Drako continuait d’avancer. Les feuilles mortes craquaient sous ses pas, mais elle se fichait car elle pensait que le couple ne pouvait pas l’entendre avec l’averse. Mais l’elfe avait réagit et la fillette s’était brusquement arrêtée lorsqu’elle avait fait craquer une branche. Elle serra les deux et poussa un juron. La jeune femme regardant dans sa direction et s’exclama alors :

- Montres-toi… intrus… J’entends tes pas trahir ta présence…


La fillette eut un sourire malicieux et décida finalement d’obéir à l’inconnue. Sûre d’elle, elle sortit alors de sa cachette et prit son air de gentille petite fille innocente.

- Excusez-moi de vous avoir déranger, je me suis perdue dans cette forêt et… je suis tombée sur vous comme par hasard.

Son allure était peut-être convaincant, mais sa voix ne l’était pas. Elle avait parlé sur un ton qui était un peu sarcastique. Drako s’insulta elle-même dans sa tête. Mais quelle idiote ! Ayant été surprise que l’elfe l’avait découverte, la fillette n’avait pas réagit comme il le fallait. Elle rajouta alors :

- J’ai admiré votre valse, c’était si romantique. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une elfe amoureuse d’un humain !

Elle eut un petit sourire, légèrement moqueur. Comme tous les enfants, Drako était une fille qui taquinait les couples dés qu’elle en voyait.

(j'espère que ça va :S)

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Sam 19 Avr 2008 - 14:46

La pluie tombait sur le visage en larmes du magicien. Il ne comprenait pas exactement ce qu'il aurait du faire, ce qu'il aurait pu faire sinon le lui dire, il n'arrivait pas a lui rester impermeable longtemps, elle lisait sans le vouloir toutes ses pensees et aurait tres bien pu tomber a un moment ou a un autre sur ces images qui lui faisaient si mal, qui le rendaient si triste. Il etait mort. Se le dire, se le repeter etait toujours aussi etrange pour lui. Mort. Et pourtant il bougeait, il respirait, cela ne s'apellait-il pas etre vivant? Mais c'etait fini, sa vie avait eu son terme il y a quelques annees de cela, lorsque, les larmes coulant sur ses joues blemes, il avait demande a Arielle de l'achever, alors qu'elle hesitait une derniere fois a tuer son meilleur ami qui l'avait pourtant trahi. Il avait pris la lame pour la diriger vers son coeur, lui qui eait allonge, soumis a la force de la deesse. Peut-etre etait-ce une betise, mais il pensait que tout etait termine, plus d'espoir, plus rien. La voix s'etait effacee derriere son desespoir, elle qui aurait pu le sauver. Et la lame s'etait enfoncee dans son coeur, il sentait encore cette caresse froide. Le sang. Tandis que ses yeux fixes, ecarquilles, fixaient le plafond, il avait senti le sang couleur. Son coeur cesser de battre. Un instant de conscience, puis le vide, le noir, la mort. Cette mort qui avait guide son ame jusqu'aux enfers, il l'avait bien merite cette punition n'est ce pas? Il y etait reste deux longs mois terrestres, ne oouvant plus compter les jours qui passaient, les demons aimant ses reactions face a leurs provocations, ils lui rapellaient toutes ses erreurs pour les lui faire regretter du plus profond de lui-meme. La voix lui avait tenu compagnie dans ce desert vide. Les yeux sur les rochers nus, il parlait a lui-meme, il tracait sur les murs le nom de celle qu'il avait aime en tant que vivant. Une ame en peine s'enfoncant de plus en plus dans la folie, s'y complaisant presque, les rires nerveux calmant un peu ses remords et ses crises de furie apaisant ses larmes. L'enfer. Il n'avait pas vu d'autres damnes, peut-etre n'etait-ce qu'un amas de petits mondes paralleles qui se completaient et formaient ce que les gens apellaient l'enfer. Ce n'etait qu'une punition. La deesse detestait le crime, normal... Elle lui faisait payer. Horrible souvenir. Des qu'il s'en rapellait, il ne pouvait reprimer un frisson desagreable, comme des fous qui se rememorent les salles isolees ou ils etaient enfermes. Plus jamais cela, se disait-il... Mais il le vivait, si l'on pouvait apeller cela vivre. Un noble de Koori s'etant perverti jusqu'au plus proond de lui, sans meme le savoir, son ame s'envenimant de jour en jour. Il ne s'etait pas arrange, mais lorsque Warui etait arrivee, negociant un marche avec la deesse, il avait eu un sursaut, un elan de bonne volonte. Elle l'avait laisse revenir. Elle lui avait dit qu'il pourrait rester autant qu'il le voudrait, mais que si on le tuait ou si il decidait de revenir, il serait enferme a jamais dans cet enfer. Triste fin... aMais il s'etait resolu a racheter ses peches puis disparaitre d'un endroit ou il n'aurait jamais du revenir. Vivant? Son corps temporaire l'etait. Ces cheveux blonds, ces beaux yeux bleus, meme sa malediction qui les rendait aveugles, tout y etait, il etait le meme. Mais il avait vu son corps, mort, conserve dans une tombe de Nascarian. Il n'etait qu'une copie, et s'etait longtemps demande si son ame aussi n'etait pas une copie... Mais tant pis. Il se sentait lui, il le serait... Et avait relativise, jusqu'a rencontrer d'autres gens... Cizayox, surtout. L'insecte lui avait temoigne une grande affection et lui etait fidele, il avait tout fait pour lui, jusqu'a donner sa vie. Offrir sa vie pour un mort, voila qui etait ironique, mais Cizayox n'avait jamais su la verite. Lethao lui, venait tout juste de l'apprendre et cela ne semblait pas le choquer tant que ca. Faraell.... Il avait craint depuis leur rencontre et la decouverte progressive de leur lien sa reaction face a cette nouvelle... La douce princesse s'attendait certainement a un ami qui pourrait la soutenir, pendant des annees, qui ne faillirait jamais a leur lien.

Un deux trois, durant la fin de leur danse tragique, qui se faisait de plus en plus douloureuse et irreguliere comme une horloge qui avait perdu une piece de son mecanisme et dont le pendule s'arretait progressivement, elle avait paru de plus en plus atterree. Non, non, non. Ces mots rythmaient leurs pas incertains, qui auraient pu s'arreter n'importe quand mais continuaient, un petit elan... Non. Hideki sentait dans le coeur de Faraell que quelque chose se brisait, quelque chose, peut-etre une certitude trahie, des illusions cassees. Des sanglots qui se melaient a la voix melancolique du jeune homme avaient retenti, presque inaudibles. Mais elle avait pleure. Pourquoi? Pour lui, pour elle, parce qu'elle avait peur, parce qu'elle avait mal? Il n'arrivait a sonder le coeur de la princesse, tant leurs ames se melaient, il ne parvenait meme plus a savoir si ses pensees etaient bien les siennes ou celles de la princesse dont les larmes coulaient lentement. Elle aurait voulu le faire taire, lui aussi aurait prefere ne rien dire plutot que ses paroles crues, brutales, qui heurtaient la princesse et semblaient la chambouler. Mais il devait le lui dire ou leur relation n'aurait plus de sens... Un mensonge dans cette comprehension, des non dits, des tabous. Leur lien serait devenu banal.. De simples amis qui se cachaient certaines choses pour ne pas blesser l'autre. Mais si egoiste que cela paraisse, il voulait le lui dire, partager cette peine un peu trop lourde pour lui mais surtout continuer a pouvoir la comprendre, a pouvoir ressentir des sentiments si forts lui qui venait tout juste de recouvrer un peu plus de sa conscience avec le sacrifice de Warui. C'etait egocentrique, tres certainement. Il ne pensait meme pas aux sentiments de Faraell, a la tristesse qui lui devorait le coeur. La cadence de la danse les reunissait, alors que leur valse devenait eternelle, mais devoree par la pluie qui auparavant les rendaient si heureux. La, elle etait agressive, glaciale, elle les giflait plus qu'elle ne les caressait. Un deux trois, oublier tout ca, mais Hideki tandis qu'il parlait ne pouvait s'empecher de fouiller un peu les sentiments de la princesse, histoire d'etre sur... Mais a la fin, ces dernieres paroles consumerent son coeur. Lui qui avait pense longtemps qu'il n'etait plus qu'une poupee sans vie qui ne regouterait plus pleinement a la vie.. Il en ressentait a present toute l'immensite. Peut-etre etait-ce les sentiments de Faraell qui s'infiltraient en lui et lui faisait gouter un peu a la vie, lui qui se sentait si froid... Mais ces emotions qu'il croyait enouies a jamais ressurgissaient et il ne pouvait resister a un tel flot apres des mois de froideur et de stoicisme. Il flanchait, mais pas comme les autres fois. Avant, ce n'etait que quelques larmes rependues, Warui qui les epemchait, lui qui les ravalait non sans peine. A present, il voulait deverser toutes celles qu'il n'avait pas montrees jusqu'a present, se soulager de ce poids, de ces ombres qui pesaient, jusqu'a briser ses resistances. Il se devait d'etre un soldat, non pas d'etre une sorte de poupee maladroite comme il l'etait a present. Quelqu'un sur qui on pouvait compter... Quelqu'un de fort. Mais assez, assez d'etre fort, qu'on le laisse se montrer faible et chancelant, pour qu'il puisse mieux se rattraper a elle... Egoistement. Mais la princesse... peut-etre pourrait-elle le sauver. Peut-etre serait-elle la seule qui apres Warui pourrait le prendre par la main pour le faire avancer, lui petit enfant qui avait peur, tout seul, sur ce grand chemin qu'etait le monde. Mais... Il ne voulait pas non plus la rendre triste et il venait de le faire, peut-etre le detesterait-elle pour cette revelation tardive, etcouperait tout lien. Il ne la connaissait paradoxalement pas assez pour prevoir sa reaction face a cette realite, dure et froide. Il sentit que la tete de la princesse se dirigeait vers le ciel, ces grandes portes ouvertes du reservoir du ciel, qui se deversait sur eux, comme si tout le reste etait epargne.

La valse s'etait arretee, tout avait ete brise. Illusions, reves, faux sourires qu'il portait en masque. Faraell s'etait degagee un peu de son etreinte et le regardait. Le jugeait-elle? Il se sentait mal a l'aise, ses larmes coulant toujours mais ses sanglots s'etant arretes, ces petits sursauts desagreables ne le prenant plus. Un peu courbe, comme un vieillard ou une tortue qui cherche a se replier dans sa carapace, il n'etait pas le fier prince charmant que l'on pouvait attendre. Il attendait mais redoutait un peu ce regard, mais contre toute attente elle ne le jaugea pas plus que cela et approcha ses mains,. Imperceptiblement, il s'etait un peu plus courbe, comme si il craignait un coup, mais elle avait tendrment replie ses mains sur son cou, pour le ramener vers elle dans une etreinte moins formelle que celle de la valse. Qu'attendait-elle de cette etreinte? Voulait-elle le reconforter un peu? Un peu raide, il se detendit instantenement dans les bras de l'elfe, comme si elle avait un pouvoir apaisant, meme si son chagrin n'etait pas tres epanche, comme une enorme flaque d'eau qu'on tentait d''assecher avec une minable eponge. Cela faisait toujours un peu de bien. Faraell etait un peu maternelle, a ce moment, ca le reconforta un peu et ses mains tremblantes s'accrocherent aux bras gracieux de la jeune femme. Elle le fit se redresser un peu, lui offrant une autre etreinte, assez forte, comme un enfant qui ne fait pas attention a sa force, il faillit s'etouffer mais en sourit, la spontaneite de la princesse lui faisant chaud au coeur. Pour la premiere fois Faraell preononca le nom du magicien. Cela l'etonna un petit peu, car l'accent de la princesseetait assez different de celui de Lethao. Plus melodieux, il lui rapellait un petit peu ses montagnes froides. Hideki, c'etait le nom que son maitre lui avait donne, il le considerait comme son veritable pere car les autres n'avaient pas voulu l'assumer et ne lui avait meme pas donne de nom avant de l'abandonner aux geoliers. Sa survie etait un miracle, mais il n'avait pu oublier le moment ou le maitre lui avait donne son vrai nom. Vrai nom que Faraell ignorait. C'etait la regle des magiciens, ne pas reveler le nom qui lui avait ete assigne. Si il etait prononce par un autre que lui, les sorts qu'ils lancaient a ce moment la etaient attenues de beaucoup, et il n'avait revele ce secret qu'a peu de gens. Une partie de son esprit contenant ce genre d'informations etait toujours fermee a toute intrusion, comme un coffre fort que l'on ne pouvait violer. Meme les meilleurs telepathes ne pouvaient forcer cette partie de lui, il s'etait entraine a y resister, et meme le lien avec Faraell ne pouvait la forcer. Il avait envie de le dire a Faraell, pour lui montrer la confiance qu'il avait en elle, cependant il se tut, ne voulant pas que sa voix obstruee de larmes brise le moment d'affection qu'elle lui offrait, elle qui etait si douce... Resserant un peu son etreinte, qui n'etait plus douloureuse, elle parla, sa voix le rassurant, comme une berceuse. Il pouvait sentir son etreinte l'entourer, ses bras freles le serrer contre elle, c'etait vrai, et il pouvait apprecier ce contact. Contact un peu humide, certes, mais agreables. Toutes ces sensations ne s'etaient pas envolees avec sa mort, vu qu'il avait un corps de remplacement. Il existait oui, il se tenait la sous la pluie, Faraell le tenait contre elle, il contemplait ce jour qui n'aurait pas du le voir. Il etait etrange de se dire que son vrai corps reposait, loin d'ici, sans vie. Que ce jour aurait du se lever sans lui et que cette pluie n'aurait jamais du le toucher, couler le long de ses cheveux blonds et que Faraell aurait pu etre seule, tremblante, dans le noir, si il n'avait pas ete la. Au moins un point positif, son existance n'avait pas apporte que du mal... Mais il avait tue, au nom du bien peut-etre mais qu'etait-ce que le bien, etait-ce la bonne cause? Il arait voulu ne pas oer la vie a des gens qui ne le meritait pas... Mais c'etait ainsi.

Alors qu'il ne s'y attendait pas du tout, Faraell prit entre ses mains son visage, levant un peu les bras pour le faire se baisser jusqu'a sa hauteur. Il etait un peu grand pour qu'ils puissent se regarder en face. Il sentait son visage tout pres, et le magicien retenait un peu sa respiration tant que possible, eberlue par les gestes qu'elle faisait sans retenue, cette affection qu'elle montrait aussi spontanement. Elle le fixa, meme si la proximite des yeux aveugles d'Hideki semblait la gener un peu. Elle parvint a le voir, a le regarder. Lui laissait ses yeux fixes, sans avoir ou etait dirige le regard de l'elfe. Cette proximite le fit rougir un peu, lui qui etait si reserve et si distant meme avec ceux qu'il considerait comme ses amis. Faraell n'avait pas cette reserve, elle qui etait si spontanee, un peu trp pour une princesse d'ailleurs qui devrait habituellement etre fiere de son rang et un peu distante egalement. Ce manque de protocole ne le genait pas outre-mesure. Les larmes qui coulaient melees aux gouttes de pluie le genait, il se sentait miserable, faible et honteux devant la princesse qui semblait si forte malgre sa frele constitution, a ce moment la. Un sourire fragile qui ressentit dans les pensees de Faraell, qui semblait un peu genee, ou ne sachant pas exactement coment s'y prendre. Elle continua sur sa lancee, enoncant tout ce qu'il etait capable de faire. Bouger, toucher, ressentir ce monde meme sans la vue qui lui avait ete otee avant sa mort. Danser, le rythme balancant de la valse l'impregnant comme tout a l'heure, lors de ce moment si beau, si agreable ou il avait cru qu'ils etaient immortels, eux si vulnerables pourtant dans cette clairiere a decouvert. La pluie se faisait mons agressive et Hideki eut le sentiment que cette pluei semblait s'accorder a leurs emotions. C'etait au tour de Faraell de craquer. Forte, mais fragile, un rien pouvait l'ebranler, puis doucement elle tombait pour se briser soudainement. Ce fut a lui de l'etreindre, ses bras s'enroulant timidement autour du torse de la princesse, comme si il craignait de la casser. C'etait une crainte presque censee, elle semblait si frele et si pale, lorsqu'il l'avait entrapercue par magie. Comme du cristal, beau mais auquel il fallait faire attention.

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Sam 19 Avr 2008 - 14:47

Elle repeta, un peu plus fort. Il pouvait aimer. Aimer, mot si complexe. Apprecier quelque chose.. C'etait assez egoiste. On aimait souvent quelque chose pour ce qu'elle nous rapporte... Du bonheur, de l'affection, de la chaleur humaine, c'etait ce qu'on recherchait dans toute relation, non? Mais c'etait aussi ce que beaucoup apellaient "le plus beau sentiment au monde". Lui y compris, il n'avait ete aime qu'apres sa mort, par Warui. Sa princesse meme enfant lui etait reste innaccessible et s'etait changee en monstre au visage de poupee. Il sentait aussi l'amour dans le coeur de Faraell, se demandant a qui elle pouvait bien donner ses sentiments, aussi forts... Il l'enviait un peu, nourrir des emotions si violentes, alors que les siennes etaient si estompees. Cela devait etre du au moins en partie a sa nature de fantome. Ce corps etait peut-etre humain, il ressentait les choses differemment que si il etait vivant, un peu comme a travers un voile qui le separait a jamais d'une vie reelle. Il pouvait aimer oui, comme disait Faraell, et pouvait regretter de devoir partir un jour... Mais il avait de la chance n'est ce pas? Pouvoir mourir une deuxieme fois... Beaucoup l'envieraient et pourtant lui aurait prefere, d'une certaine facon, en rester la. Mais puisque cela lui permettrait d'oublier ses peches du moins un peu... Il s'abandonna a la vie que Faraell lui decrivait, la pluie, le contact avec la princesse, le souvenir de Warui...

Les mains de la princesses glisserent doucement sur son visage, pour qu'elle couche sa tete contre son torse, affectueusement. Celui qui etait dans le coeur de la princesse aurait certainement cru qu'elle le trompait, dans cette situation. Quoque, depuis le debut de la danse, ils semblaient etre ensemble. Pourtant, ce n'etait pas vrai, ils etaient juste.. proches, ce n'etait pas de l'amour qu'il nourissait pour elle, plus une affection inquiete... Il passa timidement ses mains autour de la taille de la princesse, toujours craignant de lui faire mal ou de la gener. Faraell concluait ses paroles en lui disant qu'il existait pour elle. C'etait sur, son existence etait bien realite, il etait bien la, se tenant pres d'elle, dans cette foret, pas un simple mirage. Meme si comme un mirage, il disparaitrait bientot... Elle lui dit qu'il la rendait tres heureuse? Heureuse, avec tout ce qu'il lui disait comme atrocites? Il ne meritait pas un tel amour, franc et honnete, presque naif de la jeune elfe. Faraell etait quelqu'un d'admirable, capable d'aimer sans tenir compte du passe, du futur. Elle n'aimait que le moment present et ce que representait cette personne. Et elle appreciait, contre toute attente, le magicien un peu triste qu'elle avait rencontre. Il se surprit a penser qu'il ne voulait pas l'abandonner si tot, elle dont il avait si peu pu aimer la presence... Et si elle l'appreciait aussi, il voulait la rendre heureuse plutot que triste en l'abandonnant. Si il mettait plus de temps a reparer ses fautes il resterait plus de temps.. Mais se ferait souffrir aussi, devenant de plus en plus amer et n'etant plus d'agreable compagnie, deja qu'il doute de son amabilite. Elle etait si douce avec lui, il ne meritait peut-etre pas tant de gentillesse, mais il semblait compter, pour elle. Elle enfonca dans un certain sens le clou, en disant qu'il serait triste qu'il puisse vivre de nouveau et de rester seul, de se mettre lui-meme a l'ecart. Il aurait pu a la limite rester avec Arielle, Warui... Non, il avait rencontre Cizayox, Lethao et a present Faraell. Se forger de nouveau l/ien et etre capable de les entretenir etait peut-etre une preuve de son existence dans le monde des vivants aussi, meme si il s'erigeait une barriere invisible entre lui et le monde. Barriere que Lethao avait entamee, en retirant la voix qui le torturait depuis plusieurs annees, que Warui avait effrite en lui rendant une grande partie de ses sentiments... Et que Faraell brisait a present, partageant ses pensees et ses emotions, comme si ils n'etaient qu'un. Elle etait innocente, et cette phrase englobait ce trait, le rendant plus visible. Personne ne lui aurait dit cela, des personnes normales attachees a quelqu'un auraient tout fait pour le retenir, ou alors se seraient eloignees, craignant d'etre blessees lorsqu'il disparaitrait. Elle dit qu'elle serait triste lorsqu'il partirait, mais que cela serait pareil que si il mourrait... Elle ne faisait donc pas distinction entre la mort et la vie? Il n'etait que de passage, mais elle etait serree a lui, comme si il n'etait qu'un guerrier partant a la guerre et qui pourrait etre tue. Quelle etrange personne qu'elle... Soit elle avait la naivete d'un enfant, soit elle etait profondement gentille, ne voulant pas le blesser. Peut-etre un peu des deux... Timidement, il fondit sa main blanche dans les cheveux blonds de Faraell, comme ne voulant pas que ce soit elle qui parte, mais un peu plus tendrement qu'il l'avait etreinte auparavant. Malgre ses paroles si convaincantes et si fortes,e lle semblait pres de tomber. Il voulait la rattraper, ne pas la faire pleurer plus... Juste qu'elle se calme et qu'elle soit sereine ainsi dans ses bras. N'etait-ce pas les pensees d'un amant? Il rougit en y songeant et voulut se degager un peu de cette treinte, gene, mais finit par s'y abandonner. Ils savaient tous les deux tres bien que leur relation n'etaient pas amoureuses, de toutes manieres.Elle le remercia d'etre aussi vivant. De donner cette impression la, ou simplement d'etre aussi lumineux pour elle? Il ne savait pas exactement et ne savait que penser de ce qu'elle disait, mais depuis quelques minutes, il avait une impression de bien etre qui s'insinuait en lui, le dtendant.. sechant un peu ses larmes. Comme si sa voix s'etait eteinte, il chuchota a la longue oreille de Faraell, rafermissant un peu son etreinte sur l'elfe


"Je ne me suis jamais senti aussi vivant qu'avec vous, dame Faraell..."

Avec Warui, peut-etre... Mais a ce moment il n'avait pas tous ces sentiments, il ne pouvait etre objectif et aimer le moment tel qu'il se presentait, etant froid et amer. Faraell etait venue juste apres sa complete liberation, il n'avait desormais plus rien a craindre. Juste a s'abandonner a ce moment, si doux et si bienheureux... Il ne voudrait pas qu'il se finisse. Ils seraient sans doute un peu malades en revenant, mais heureux, parviendrait-il a dormir, cette nuit, ou serait-il trop submerge par cette emotion particuliere pour pouvoir fermer l'oeil. Le jeune homme sourit, fermant les yeux


"Merci beaucoup... D'accepter."

De l'accepter lui, ce qu'il etait, ce qui lui arriverait bientot... Elle l'acceptait, comme lui avait reussi a accepter le fait que ce soit une princesse en fuite. Deux marginaux, isoles aussi bien physiquement que mentalement du reste du monde. Physiquement? Pas si sur. Il entendit soudainement quelque chose. Et peu apres que son ouie aiguisee aie saisi ce bruit, Faraell le repoussa violemment. Il recula de deux ou trois pas, un peu eberlue. Qu'est ce que cela voulait dire? Il ressentait une aura... de plus en plus malfaisante. Dans le coeur de Faraell, cette ombre ne cessait de grandir, de plus en plus forte.... De plus en plus puissante et mauvaise. Hideki fronca els sourcils, et articula

"Qui.. etes-v..."

Il fut coupe dans sa phrase par l'apparition de la personne ayant fait un bruit. La pluie s'etait faite moins froide et n'etait plus qu'une bruine douce, un peu plus sympathique si on pouvait considerer une pluie sympathique. La personne qui venait de surgir de derriere les fourres, comme prise de surprise par les paroles de Faraell, n'etait qu'une.. gamine. Il ressentait cette petite taille et arrivait plus ou moins a situer l'age des gens dont il sondait l'aura. Il recita presque silencieusement l'incantation pour pouvoir entrevoir la jeune fille. Il put savoir qu'elle avait de jolis cheveux brun clair, et des yeux bleu marine, prfonds. Elle semblait plutot innocente, comme ca, meme si son aura etait.. perturbee. Hideki fronca les sourcils, ses yeux aveugles ne regardant pas l'intruse mais un point bien plus loin, invisible. Elle leur adressa la parole, sa voix d'enfant ressemblant un peu a celle de Faraell.. en moins douce. Faraell qui inquietait beaucoup le magicien... Comment avait-elle change autant... Il essaya de se rapprocher et de prendre sa main, tandis que la fillette parlait. Elle parlait etrangement et disait des excuses peu.. valables. Mais il choisit de ne pas souligner les propos incoherents de la jeune fille en temps de guerre, mais sembla bien serieux. Si la voix etait encore en lui, il aurait sans doute agresse cette fille, verbalement ou en l'attaquant. Mais il n'etait plus dans cet etat et ne savait comment reagir, lui qui se laisser presque aller lors de ces moments... Il ne savait comment reagir. Cependant, il ne put s'empecher de rougir lorsqu'elle lui parla en disant qu'ils etaient romantiques a danser ainsi. Mais... Ils n'etaient pas encouple ?! Hideki tenta de ravaler sa gene, mais il ne put s'empecher de balbutier


"M...mais c'est pas ca... vous vous meprenez..."

Soudain il se reprit. Non, ce n'etait pas le comportement a adopter pour un magicien. Il reprit son serieux, et dit apres s'etre eclarci la voix qui etait voilee par les precedentes pleurs et le froid qui commencait a faire son effet.

"Ne vous meprenez pas nous ne sommes pas amants. Cependant... Puis-je me permettre de vous demander votre identite?"

Un peu... froid, presque agressif. Il s'etonnait de se comporter comme cela, consciemment, et fit une petite reverence pour s'excuser, pincant les levres. Il devait donner bien mauvaise impression, mais il etait decontenance par ce soudain changmeent de la part de Faraell... Qu'etait-il arrive a l'elfe?

[c'est pas de la qualite mais bon é_é]

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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Dim 20 Avr 2008 - 11:05

(oh Eki comme tu es dur sur ton travail =.= je t’ai dis, c’est toujours très bien ce que tu écris !!)

Toute cette aventure semblait d’un surréalisme parfait. Sa rencontre avec le dénommé Hideki, cette proximité irréelle entre eux, cette température anormale, ces paroles dites à l’un et à l’autre, et puis cette valse sous l’averse. Et puis enfin, ces dignes révélations torturantes faite par l’homme au sourire si triste et à l’attitude effacée… Il était difficile de croire en tout cela, se dire que cet évènement arrivait vraiment. L’elfe, dans toute son innocence, avait prit la main de cet homme, sans même se demander quels que soient ses défauts, son passé, son état présent… Elle avait seulement ressentit en lui toute la ressemblance qui les liait, tout l’amour qu’il nécessitait… Et elle ne s’était jamais imaginée que leur ballade, en recherche d’eux-mêmes, égoïstement ils s’étaient tout deux enfuit la curiosité et le besoin d’être accompagné prenant le dessus sur toutes éthiques. Faraëll était une princesse, certes, une princesse bien frivole et immature. Une future souveraine sans morales et sans lois, s’offrant à elle-même la liberté qu’elle n’avait jamais pu avoir. C’était eux, qui maintenant profitaient d’une liberté sans limites, d’une fuite impossible, qui normalement aurait été digne d’un couple de jeunes amoureux, mais qui pour eux n’étaient que réponse à ce désir commun d’être libres et appréciés. D’être compris et oubliés du reste du monde. Sous cette pluie qui torride les avaient engloutis lors de leur course, et puis par la suite avec cette valse l’un près de l’autre, se disant tout deux les biens malheureux rescapés de ce monde. Ils étaient similaires, Faraëll et Hideki. Tout deux muets de leurs réelles émotions, mais qui même sans en dire un mot, ils pouvaient voir à travers l’autre, fondre et mélanger leurs sentiments si semblables. Des réactions particulières, des souvenirs singuliers, des traits de personnalité qui s’accordent…

Et de là leur danse n’avait rien de bien aristocratique. C’était pour s’amuser, pour profiter du moment, lui avait-il dit lorsqu’il lui avait tendit sa main ruisselante d’eau de pluie. Peu importe si l’on se mouille, si l’on se trempe ou se noie dans cette eau du ciel, peu importait si à la fin, ils tomberaient malades. Le moment présent s’était ouvert à eux, comme l’un de ces moments si rares desquels la chance seule nous permet de prendre et d’enfin profiter. Une valse sous la pluie, c’était là toute la beauté de leur acte certes un peu impensé et non réfléchi, toute l’utopie du moment était le reflet d’une beauté incomprise. Et ils en étaient les maîtres, les pions ou même les acteurs, dans cette utopie. La scène était cette forêt, assombrie par la soirée avancée, et surplombée d’une pluie non commune qui lavait quoique ce soit sur son chemin. La musique était le silence de la solitude accompagnée du son de la pluie et des feuilles qui s’ébranlaient sous cette averse incroyable. Et à tout cela on ajoutait une jeune princesse en fuite, aux cheveux longs, aux yeux suppliants et à la peau d’une candeur irréelle qui doucement chuchotait les mots qui pouvaient encourager le mieux possible son partenaire, lui, moyennement grand, aux cheveux blonds translucides comme sa compagne, aux yeux d’un bleu vide et mélancolique, aux sourire capricieux et aux manières réservées. Tout deux avaient fuit, et s’étaient réfugiés à l’abris des arbres, sachant qu’ils étaient dans de beaux draps, incapables de retourner au refuge de si tôt, mais ils avaient gardés cette proximité entre les deux, et puis comme un prince l’homme avait offert aussi simplement que ça puisse être une danse avec la princesse. Elle n’avait montré aucun recul, souriant et désirant cette folie qu’ils se permettaient. Et ils valsèrent, comme s’ils étaient les valeureux personnages d’une œuvre lyrique. Et vinrent les moments plus tristes, ou leur larmes avaient coulé pour tout deux, ne pouvant s’empêcher de souffrir face aux dures réalités de la vie. La beauté utopique de leur moment s’était un peu évanouie dans les larmes et dans les mots « Je suis déjà mort » qu’il avait prononcé dans le dramatisme extrême de la scène.

Faraëll savait pourtant que tout cela semblait trop merveilleux pour que ça soit infaillible. Mais elle y avait pensé, elle avait pensé et repensé… Malgré qu’il lui ait annoncé un peu froidement sa mort, et qu’elle ait vu les images tâchées du propre sang de l’homme qui lui serrait mollement la main, de peur qu’elle s’enfuit, mais sans avoir la force de la retenir, malgré toute cette souffrance qu’elle ressentait elle-même face à ce monde entier… elle savait, et elle avait dit, dans toute sa sincérité, les paroles qui avaient suivies. Il existait. Il existait car il était là devant elle, et de ses mains froides et trempés, il la prenait par la main, et par la taille, pour la mener de ronde en ronde, suivant les caprices du rythme sous la pluie symbolique de leur mélancolie commune. Il existait car il pouvait la rendre heureuse et l’apprécier, il pouvait l’entendre et lui parler. Il arrivait même à pleurer… Elle l’avait gardé dans ses bras, le temps que ça prenait, et elle aussi avait pleuré, se laissant prendre à son tour. Faraëll avait vaguement vu des images représentant les confins d’un endroit des plus horribles, et sombres, mêlé d’insanité et de malice… Hideki avait séjourné en enfer? Avait-il fait autant de choses impardonnables?... Faraëll avait fermé les yeux, et puis dans sa peur et ses larmes mêlées de pluie elle s’était laissée entourer des bras frêles mais réconfortants d’Hideki. Des secondes, qui paraissaient bien plus longues qu’elles ne devaient l’être, s’étaient écoulées avant qu’il ne tente enfin de lui répondre doucement… il avait dans sa voix aussi de la peur et peut-être avait-il l’impression qu’elle n’était pas vraie, qu’elle n’était pas sincère…? Faraëll s’inquiétait de cela, mais ne pouvait pas dire un mot de plus. Elle était, enfermée dans l’émotion qui la consumait, un mélange de tristesse profonde et d’espoir… Il y avait elle et lui, dans une étreinte d’une tristesse démesurée, mais dans l’espérance de revoir un jour autant de lumière et de chaleur qu’il y en avait eut alors qu’ils s’étaient prit la main dans ce recoin d’horreurs humides dans les décombres du refuge. Ce moment simple pourtant avait donné naissance à une rencontre si particulière. Faraëll se reprit un peu, elle cessa de sangloter, mais pleura tout de même, fixant rien de particulier de ses yeux à moitié ouverts. Et Hideki la serra plus fort, approchant son visage mouillé à son oreille, déclanchant chez l’elfe un rougissement de ses joues instantané. Et il parla enfin, rassurant finalement l’elfe qu’elle n’avait pas dit n’importe quoi, et que ses paroles, même si elles avaient été un peu tremblantes et incertaines, avait trouvé place dans le cœur de son interlocuteur… Ses premiers mots furent d’un réconfort sans égal. « Je ne me suis jamais senti aussi vivant qu’avec vous »… L’elfe l’avait entendu, et avait senti chacun des mots, un à un, la réchauffer un peu plus. La pluie aussi semblait moins rude, malgré qu’elle restait d’une froideur plue difficile à supporter alors que le temps avançait… Elle avait sourit, l’air un peu bête comme à son habitude. Un sourire heureux, accompagné de quelques larmes chaudes et salées qu’elle arrivait même à goûter. Elle aurait voulu lui répondre encore, et lui dire qu’elle aussi se sentait vivre à ses côtés, surtout qu’elle avait l’impression d’être si vide depuis le départ de Cloud et les évènements horrifiants à Nascarian… Elle s’était sentie sans but pendant un bon moment, et puis elle arrivait à oublier la souffrance et la solitude en s’accompagnant des enfants Nascariens qui l’avaient acceptés malgré sa nature peu aimée par les Zafaras. Arielle avait un pouvoir fou à convaincre les gens pour qu’ils acceptent la présence d’une princesse irresponsable fuyant son rang et son peuple, et de plus, de la race qui jadis les avait chassé… Elle avait aussi pu convaincre les gens de Nelta, et puis n’avait-elle pas convaincu son peuple de prendre Hideki comme conseiller aussi? Les liens amicaux diversifiés qu’elle se faisait la mettait souvent dans de bien étranges situations, mais elle arrivait toujours à justifier et à convaincre… Arielle avait la stature d’une reine, et Faraëll l’admirait sans limites, sachant d’elle-même qu’elle ne serrait jamais aussi majestueuse que la grande reine Nascarienne. Faraëll aurait bien voulut lui dire à quel point sa simple présence l’emplissait de bonheur et la faisait sentir vivante elle aussi, mais elle s’abstint, se disant qu’elle avait déjà dit l’important, et qu’il comprendrait, avec le lien qui les unissait aussi bien dans la tristesse que le réconfort. Il la remercia, pour l’accepter, pour le comprendre… Elle, le remerciait intérieurement d’être en vie tout simplement. Peu importe la valeur qu’il pouvait donner à son existence, se disant sûrement qu’elle n’était pas valide, médiocre et inutile, pour l’elfe, qu’il existe, qu’elle sache qu’il soit la de présence, et qu’elle puisse se dire qu’elle l’avait rencontré importait vraiment.

Ce bonheur fut éphémère. Alors que la pluie leur semblait soudainement moins violente et blessante, Faraëll sentit quelque chose en elle repérer un mouvement, un pressentiment qu’ils n’étaient pas totalement seuls… Et elle se sentit… disparaître, petit à petit, pas son corps, mais son âme se dissipait comme de la poudre sous l’eau et au dernier moment elle avait fixé Hideki d’un regard effrayée. Elle ne savait pas ce qui lui arrivait réellement, puisqu’elle n’avait jamais eu conscience que cette voix en elle avait autant de pouvoir, et qu’elle pouvait facilement avoir autant d’emprise sur l’elfe. Faraëll sentit en elle ce pouvoir qui prenait le dessus, et elle ne put que se dire intérieurement un « non… pas maintenant » flou, se perdant dans les abîmes de sa pensées. Les dernières larmes qu’elle avait a versé tombèrent, agaçant le nouveau venu. L’inconfort de l’étreinte avec le fameux dénommé Hideki l’avait quelque peu dégoûté, alors sans trop de manière il s’en était défait. Si Faraëll y était bien, ce n’était pas grave, il ferait pour qu’elle s’y retrouve lorsqu’il en aurait finit avec cette mauvaise impression qu’on l’espionnait. Peut-être un peu paranoïaque? Oh, on lui avait souvent dit, mais ne devait-on pas se méfier des autres pour ne pas se faire jouer…

Faraëll s’était éloignée quoiqu’un peu brusquement d’Hideki. Mais l’aura qu’elle dégageait était clairement différente. Son attitude avait changé aussi, et de ses yeux comme embrumés d’un violet plus sombre que le noir, donnait froid dans le dos. L’intrus, se disait-il, n’irait pas bien loin. Et c’était à ce moment qu’il l’avait interpellée, d’une voix qui s’entendait étrange à comparer avec la voix cristalline et douce de l’elfe. Elle restait la même voix, mais déformée par de diverses intentions malsaines… de l’arrogance principalement, en ce moment même. Faraëll avança, à la manière d’un pion manipulé, vers l’intruse, gardant un sourire triomphant et des yeux amusés qui n’allaient pas du tout au visage enfantin et innocent de la princesse. Une jeune fille se fit découvrir, jeune, c’était à dire, elle devait n’avait à peine que 11 ou 12 ans. Jeune, et jolie, mais elle aussi l’averse ne l’avait pas manquée. Ses cheveux argentés lui tombaient devant les yeux, cachant un peu sa malice maladive… Elle approcha prenant un air enfantin digne d’une actrice de théâtre et puis se présenta comme étant seulement perdue dans la forêt, et que par hasard elle avait surpris le couple de blondinets. L’air confiant et fière, il écouta les mensonges trop évidents de l’enfant, souriant de plus belle. Il entendit le magicien tenter de se justifier, confondant ses paroles. Il pensa que cette attitude était bien pitoyable, lui qui pourtant avait été si digne de son nom il n’y avait pas si longtemps… Dommage, on n’avait pas tous la chance de vivre aussi longtemps que lui-même. En partie, il comprenait ce fameux magicien, puisqu’il avait la même notion d’éternité que lui, quoique selon ses révélations à la petite Faraëll, il n’allait pas durer aussi longtemps. Enfin, peu importait, en ce moment même, son envie folle de dire avec ironie à quel point la petite n’était pas crédible le rongeait. Si longtemps qu’il n’avait pas pu prendre possession de ce corps…

Son sourire eut un rictus amusé, le visage de Faraëll s’en voyait tout à fait anormal :


- Oh…. Je vois! Pauvre enfant, se perdre comme ça dans la forêt…


Il sourit, parler était agréable, même si il n’avait pas une voix qui lui permettait de montrer clairement toute son arrogance. À force du temps, il avait facilement oublié la voix qu’il avait initialement, ainsi que bien d’autres détails comme son apparence physique ou même son nom. C’était tout simplement, se disait-il, des données inutiles, puisque ce qu’il avait entre les mains, ce pouvoir, était bien plus précieux que quoi que ce soit qu’il puisse exister. Puis, sans se gêner, il dit, se laissant un peu aller sans la discussion :

- Mais tu sais… tes mensonges sont d’une qualité qui va avec ton sens de l’orientation, soit… quelque peu minables… Peut-être fonctionnent-ils avec des gens…comment dire, bien plus…pathétiques!


Il ricana un peu. Les bras de Faraëll se croisèrent, l’air satisfait. Il continua, jouissant enfin du plaisir de se défouler. Pauvre fillette, elle n’était pas tombée sur la bonne princesse. L’antipathie de cette âme en Faraëll était bien présente. Dresla l’avait confrontée, il y avait longtemps, à Nelta. Depuis, il n’avait pas pu s’exhiber aux autres, bien qu’il en ait mourut d’envie lorsqu’elle avait rencontré ce fameux prince, Cloud. Mais la princesse était tout ce qu’il lui restait de sa bien-aimé… alors il n’avait pas osé lui enlever ce bonheur. Étrangement, il avait toujours renié ces sentiments d’affection, et préférait vivre à son compte, sans rien a donné et rien à redevoir… Mais il y avait maintenant dix-huit ans… « Elle » avait tout changé.

- J’ai su mentir avec une telle splendeur que même la reine des elfes m’a cru! Il t’en reste à apprendre, petite.

Il enroula une mèche des cheveux de Faraëll autour d’un de ses doigts. Il sourit encore. Ce sentiment qu’il vivait, cette liberté était si bonne. Il devait s’être écoulé des mois, peut-être même une année depuis la dernière fois ou il avait vraiment pu s’en servir comme ça. Il était désolé de devoir prendre le corps de sa petite Faraëll pour faire ses sales besognes, mais il ne pouvait faire autrement. Son sort était intact et impeccable, presque personne ne savait comment le délier à un corps lorsqu’il s’y était installé. Le regard sombre sur la petite aux cheveux argentés et à l’air incrédule, il termina, sans trop de politesse :


- Alors, tu te nommes, je suis impatient de savoir!


Lâchant la mèche de cheveux trempés avec la quelle il s’était amusé un bon moment, il garda toujours ce sourire qui n’avait rien du comportement normal de l’innocente et douce Faraëll. Et son aura, s’exposait de plus en plus, oubliant même de la cacher…

(c’est pas beaucoup ^^ relativement à ce qu’on écrit moi et Eki, mais ça va bien comme ça je crois, désolée Eki, je pouvais pas faire plus ^^)

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Drako
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MessageSujet: Re: Perdue... encore!   Dim 20 Avr 2008 - 18:11

La gamine s’était montrée soudainement quand les deux blonds dansaient une valse. Ca, elle comprenait sa réaction. Mais ce qui l’avait un peu offensée, c’était le fait que les deux inconnus étaient surpris de voir une enfant à cette heure dans une forêt alors qu’il pleuvait à sceau. Drako ne savait pas vraiment quelle heure il était, mais il devait bien être assez tard. La fillette restait immobile devant les deux inconnus, calme mais légèrement moqueuse à la fois. L’humain venait de rougir quand la fillette parlait de cette danse romantique sous le pluie. On n’aurait pas imaginé mieux. Mais peut-être que la valse aurait dû se passer dans une forêt enchantée ? Oui, cela aurait été merveilleux.

- M... mais c'est pas ça... vous vous méprenez...

La fille arqua les sourcils et écarquilla les yeux sous la surprise. Comment pouvait-on lui parler comme cela ? En plus il le vouvoyait ! C’était la première fois quand la traitait de la sorte. Il semblait vraiment gêné sur le fait que Drako avait dit qu’ils étaient un couple. Non, mais c’était vrai, ils étaient parfaits ensemble. Elle eut un sourire malicieux et eut envie de rire quand elle vit l’embarras de l’humain. Elle remarqua que l’elfe n’était plus du tout comme elle l’avait vue il y avait quelques minutes. Au début, elle semblait douce, mais là, elle était froide et sarcastique. Drako eut à son tour un sourire embarrassé quand l’elfe répliqua :

- Oh…. Je vois ! Pauvre enfant, se perdre comme ça dans la forêt…

Drako fronça les sourcils. Oui, elle pouvait admettre que la jeune femme avait raison. Il n’y avait de toute façon pas d’autres moyens. La gamine n’allait quand même pas leur dire qu’elle les espionnait. La fillette soupira, se sentait vaincu. Elle aimait mentir sur elle-même depuis qu‘elle avait vu la vraie personnalité de sa mère. Mentir pour cacher un passé dont elle en avait très honte. Un passé où elle avait été humiliée. On la voyait comme une gamine pourrie gâtée, mielleuse et faible. Parfois même elle était dans la dépression à cause des reproches que lui avait fait les enfants des rues ou encore des femmes de l’âge de sa mère adoptive. Elles méprisaient Marianne qui était trop gentille à leur goût. Drako aussi l’avait trouvée indulgente, cette mère qui pardonnait trop facile les erreurs de sa fille adoptive, qui faisait confiance en n’importe qui. Drako ne pouvait tolérer ce comportement. Elle était folle de rage quand elle avait vu sa mère avec un autre homme. Non, elle ne voulait pas de père ! Marianne lui donnait trop d’ordres à son goût. Mais sa mère n’avait jamais su que sa fille adoptive la manipulait pour qu’elle ait tout ce qu’elle voulait. Marianne était très naïve, ce qui avait permis à Drako de mentir autant qu’elle le voulait. D’ailleurs, rares étaient les personnes qui savaient si elle racontait des histoires. On se demandait même si elle était atteinte d’une mythomanie. Dans ces cas, cela la rendait folle de rage. L’elfe continua de la provoquer, alors que l’humain voulait répondre qu’elle avait tort de les prendre pour un couple.

- Mais tu sais… tes mensonges sont d’une qualité qui va avec ton sens de l’orientation, soit… quelque peu minables… Peut-être fonctionnent-ils avec des gens… comment dire, bien plus… pathétiques !

Drako fronça les sourcils et serra les poings. Quelqu’un avait découvert son mensonge et cela la rendait folle de rage. Elle inspira bien profondément pour se calmer. Elle ne devait pas se laisser emporter aussi facilement. Elle devait faire bonne impression, voilà tout ! Elle ne répondit rien. L’elfe ricana et croisa les bras, fière d’elle. Drako finalement perdit son calme. Elle détestait voir cette jeune femme faire la maligne avec elle. Elle voulait jouer à cela ? Très bien, c’était tout ce qu’elle allait mériter !

- J’ai su mentir avec une telle splendeur que même la reine des elfes m’a cru! Il t’en reste à apprendre, petite.

Alors là, elle avait dépasser les bornes ! Comme si elle, elle pouvait mentir à la reine des elfes… Drako ignorait que cette femme était la princesse d’Amsya, de toute façon, si elle le savait, elle agirait de la même façon que l’elfe venait d’agir. La gamine eut un sourire ironique à ses paroles. L’humain semblait toujours aussi gêné. Il dit alors :

- Ne vous méprenez pas nous ne sommes pas amants. Cependant... Puis-je me permettre de vous demander votre identité ?

Drako fut très étonnée quand elle vit le magicien lui faire une révérence, comme si elle était une princesse. Mais il lui demandait son identité. La fillette soupira. Même si elle aimait les présentations, elle avait peur que l’elfe sache qui elle était réellement. Mais Drako essaya de prendre confiance en elle. Elle mit ses mains dans les poches avec un air las. Elle avait froid à cause de cette pluie qui tombait sans cesse et avec tant de violence. Mais de toute façon, elle en avait connu pire comme averse !

- Alors, tu te nommes, je suis impatient de savoir ! insista l’elfe.

Cela ne lui allait pas du tout. Tant de méchanceté dans le regard d’une très belle femme… Drako roula des yeux et répondit après avoir soupiré :

- Je m’appelle Drako, je suis orpheline et originaire de Nelta. Je ne suis qu’une simple enfant errante.

Il y avait le mensonge et la vérité mélangés dans ses paroles. De toute façon, l’elfe n’avait rien à dire, elle ne la connaissait même pas ! La fillette espérait que les deux inconnus eurent pitié d’elle quand elle avait dit qu’elle était orpheline. Drako avait toujours voulu savoir qui étaient ses véritables parents. Quand elle était toute petite, elle se comparait à des gens. Et puis, un jour, elle voulut savoir qui était la dragonne qui l’avait élevée alors qu’elle n’était seulement âgée de quelques mois. Elle était partie avec son amie ce jour-là. Elle savait bien que les dragons d’Omlid pouvaient parler, alors elle s’était persuadée que la dragonne avait déjà vu ses parents. Mais quelque chose la tracasser parfois : Avait-elle été enlevée ou abandonnée ? Elle était sûre et certaine qu’elle n’était pas une enfant désirée, un enfant née à la suite d’un viol ou d’un adultère. Elle voulait savoir qui elle était, mais elle ne voulait pas avoir de parents. Une autre question trottait dans sa tête depuis un moment : Et si elle avait une sœur, un frère, un cousin ou une cousine ? Mais cela, elle s’en fichait. Drako avait reculé lentement, prête à partir.

- Vous n’allez quand même pas vous attaquez à une enfant, tout de même !

Ca serait vraiment lâche, pensa-t-elle. Mais de toute façon, elle avait l’habitude d’être maltraitée par des adultes. Tout cela parce qu’elle n’était qu’une enfant. Elle avait l’impression que seuls les animaux la traitaient différemment. Niiz, la petite Zafara l’aimait beaucoup, Drako en était persuadée. Enfin, elle ne reprochait pas le magicien, mais plutôt l’elfe. D’ailleurs, elle ignorait qu’ils étaient tous les deux des sorciers. Surtout le jeune homme qu’elle prenait pour un simple aveugle. Drako continuait de reculer, les mains derrière le dos. Elle se retourna précipitamment et se prit une racine dans les pieds. Elle tomba à terre en se cognant contre le tronc d’un arbre. La fillette se mit à quatre patte et se frotte la tête. L’argent venait de tomber et Drako resta immobile, les yeux écarquillés. Elle regarda les deux inconnus, sans tourner la tête. Ils allaient peut-être se douter de quelque chose. Elle posa son regard sur les pièces qui étaient étalées sur le sol mousseux. La fillette déglutit et eut un sourire gêné. Elle semblait moins maligne, maintenant…

(Pardon, c'est pas terrible :S)

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Perdue... encore!
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